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Agriconomie : la marketplace qui renouvelle l’approvisionnement agricole

27.09.2017 • 20h47
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Agriconomie | l'ensemble de l'équipe du site e-commerce

Surnommée l’Amazon de l’agriculture, Agriconomie s’illustre comme un site e-commerce et une marketplace inédite dédiée aux approvisionnements agricoles. Etienne Buisson, son directeur logistique, nous explique comment, en trois ans et demi de travail, l’entreprise est parvenue à digitaliser les process amont de ses clients.

Le site a fait du bruit, beaucoup de bruit. Et pour cause, une marketplace dédiée à l’agriculture, voilà une idée originale qui a su susciter la curiosité de tous, au-delà de son secteur de prédilection. Fondé en 2014 par trois jeunes entrepreneurs issus du secteur agricole, Agriconomie est donc le premier site e-commerce français spécialisé dans les approvisionnements agricoles (semences, pièces, équipements, engrais…). Et autant dire, qu’en trois et demi, l’entreprise a fait du chemin. Plus de 250 000 références, 18 millions d’euros de volume d’affaires entre juillet 2016 et juin 2017, 50 collaborateurs et plus de 12 000 clients, elle se targue en plus d’avoir été élue meilleur site e-commerce dans la catégorie Espoir par la Fevad.

 

L’algorithme qui facilite la vie des agriculteurs

L’une des raisons évidentes du succès d’Agriconomie est d’avoir su associer agriculture et digital, le tout sur fond de stratégie logistique bien rôdée. « Les premières box internet ont été installées chez les agriculteurs. 83% d’entre eux utilisent Internet, ne serait-ce que pour suivre les cours du blé, lire de l’information technique ou bien regarder la météo. Ils sont pour la plupart connectés en permanence, d’où la nécessité de leur fournir une plateforme d’approvisionnement digitale, disponible à tout moment du jour et de la nuit », explique Etienne Buisson, directeur logistique d’Agriconomie. A la fois retail et market place, Agriconomie doit donc sa force à son modèle innovant pour le secteur mais pas seulement. Tout comme son imposant grand frère Amazon, la start-up a vite compris la valeur de la logistique et pris un soin tout particulier à la construire. Pour approvisionner ses futurs clients en engrais, elle développé un algorithme, aujourd’hui l’un des plus gros assets du site. « Plusieurs bases de données se regroupent, une première concernant les prix d’engrais au départ de différents ports (France, Espagne, Belgique, Hollande) ; une seconde avec le prix du transport... Elles sont ainsi toutes corrélées les unes aux autres afin de pouvoir calculer le coût du transport du fournisseur à notre client, incluant notre marge », détaille Etienne Buisson. « Auparavant, l’agriculteur appelait son fournisseur et réservait un camion d’engrais parfois sans même connaître le prix d’achat de celui-ci. Aujourd’hui, nous lui permettons d’acheter en toute transparence avec un prix rendu dans son exploitation et de manière instantanée. Il sait directement combien lui coute l’engrais livré chez lui, à tout moment de la journée », poursuit-il.

 

Livrer partout et au bon moment

Mais la recherche de datas pour alimenter l’algorithme développé par l’équipe logistique du site n’a pas été une mince affaire. Si Agriconomie a démarré petit, en essayant de vendre sa solution azotée (engrais) dans deux départements, la Marne et l’Aube (« durant les quatre premiers mois, nous nous sommes entièrement consacrés à la prospection transporteur, à leur expliquer que nous montions une plateforme pour livrer des engrais chez les agriculteurs », détaille Etienne Buisson), aujourd’hui elle couvre toute la France et la Belgique. Le tout avec une cinquantaine de produits et donc plusieurs milliards de possibilités qui tournent dans l’algorithme à chaque fois qu’un agriculteur rentre son code postal dans le moteur de recherche du site. Car si la mécanique qui se cache derrière le site d’approvisionnement est complexe, pour son utilisateur, elle apparaît simple. L’agriculteur entre son code postal sur le site et il sait instantanément combien lui coutera l’engrais livré chez lui. Il choisit donc le moment idéal pour acheter, et obtient ainsi transparence et visibilité sur ses approvisionnements. Parallèlement, le site a également mis en place un système de prise de rendez-vous et de demande de transport automatique. Lorsqu’un agriculteur commande son engrais, il est directement renseigné sur la mise à disposition du produit par le fournisseur. Lorsque le produit est disponible, le système envoie automatiquement un e-mail au transporteur, au fournisseur et enfin au client que l’on informe sur le transporteur. Une fois le transport effectué, le transporteur renseigne le tonnage livré, ce qui permet de prélever le client. « Au final, tout le monde gagne donc du temps : le transporteur, le fournisseur et le client », note Etienne Buisson.

 

Une logistique plus digitale que physique

Actuellement, 75% des activités retail proviennent de la vente d’engrais. Les pièces elles sont vendues à 50/50 sur la marketplace et le retail. Ainsi, sur le plan physique, pour les semences, Agriconomie s’appuie sur une plateforme de cross-dock située dans le Nord où sont préparées les commandes au fil de l’eau en fonction d’un flux EDI envoyé chaque jour à minuit à son prestataire logistique. Pour les pièces détachées, l’entreprise envisage des évolutions afin de répondre aux besoins de ses clients de livraison rapide. « Certains fournisseurs présents sur notre marketplace acceptent de livrer directement nos clients en 24 h. Cependant lorsque nous avons besoin de faire un cross-dock chez un prestataire logistique la durée peut passer de 24 h à 72 h. Nous allons intensifier nos flux logistiques pour proposer prochainement une livraison 24 h même en crossdock. »

 

De nouveaux développements

En plus de ces évolutions logistiques nécessaires à son développement sans précédent, Agriconomie entend également se développer à l’international sur 2017 et 2018. Ayant su s’attaquer à l’un des derniers secteurs d’activités sur lequel le géant Amazon ne s’est pas aventuré, l'entreprise semble confiante pour l’avenir, en témoigne la conclusion de son directeur logistique, Etienne Buisson : « Notre secteur est tellement spécifique qu’il très difficile d’y entrer. Des concurrents sont arrivés ces deux dernières années mais nous voyons cela comme un bon signe. S’il y a de la concurrence, c'est qu’il y a du business. » Dernière preuve du développement croissant d’Agriconomie, l’entreprise cherche à recruter 15 nouveaux collaborateurs pour perfectionner ses services sur la plateforme et solidifier son équipe face à la montée en charge de son activité.

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“Il ne faut pas avoir peur d'être disruptif”
— Bruno Hug de Larauze, Pdg d'Idea
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