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« Amazon veut casser les relations entre clients et fournisseurs »

28.03.2018 • 09h45
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Amazon

Le 27 mars 2018, Monoprix (groupe Casino) et Amazon annonçaient une collaboration inédite dans le domaine de la livraison e-commerce alimentaire : la mise à disposition aux clients du service Amazon Prime Now d’un large catalogue de produits de la gamme Monoprix pour de la livraison urbaine express. Quels sont les enjeux de ce rapprochement ? Nous avons posé la question à Julien Dutreuil, directeur associé du cabinet de conseil Bartle et ancien de chez Amazon.

Ce rapprochement entre Monoprix et Amazon est-il une surprise pour vous ?

Oui et non. En effet, il y a une volonté de la part de Monoprix de se remettre à niveau et de ne pas se laisser distancer sur la partie e-commerce et omnicanal, en rattrapant en quelque sorte son retard par rapport à d’autres acteurs de la grande distribution tels que E. Leclerc. En cela, cette association est assez logique. De plus, pour Amazon, Monoprix est le partenaire idéal parmi les acteurs de la grande distribution, avec une implantation qui coïncide avec ses propres bassins de clientèle, à savoir les zones urbaines. Cependant, en craquant pour Amazon, Monoprix fait entrer le géant américain dans le secteur de la grande distribution en France. De plus, si Monoprix va augmenter la notoriété de ses produits et ses volumes de ventes, l’enseigne risque aussi de devenir dépendante de son prestataire sur le long terme. Le pari peut donc être dangereux.

 

Quels sont les intérêts pour les deux entreprises ?

L’intérêt pour Monoprix est très simple : il s’agit de profiter d’une plus large distribution de ses produits, se remettre à niveau côté omnicanalité et concurrencer les drives et les autres enseignes sur la livraison à domicile, en particulier vers son cœur de cible marketing : les clients CSP+, principalement basés en région parisienne. Il y a donc un intérêt à court et moyen termes. Du côté d’Amazon, les ambitions sont également très claires : l’entreprise américaine veut s’installer et devenir un opérateur logistique majeur pour le dernier kilomètre, un véritable prestataire. Et comme la relation avec Monoprix sera celle d’une place de marché standard (Monoprix fixera ses tarifs, etc.), c’est Amazon qui gardera donc le contact avec le client final. C’est une spécialité de l'e-commerçant : casser les relations entre clients et fournisseurs. Le tout en rattrapant leur retard sur la livraison en alimentaire et en produits frais, où leurs parts de marché sont encore très éloignées de celles qu’ils ont réussi à acquérir sur d’autres segments – livres, high-tech, etc.

 

Est-ce qu’à la manière du rachat de Whole Foods aux États-Unis, Monoprix pourrait être une porte d’entrée pour Amazon vers les magasins physiques ?

Tout à fait. En rachetant Whole Foods, Amazon a dévoilé ses intentions. Aujourd’hui, l’entreprise a donc les moyens et la volonté d’acquérir des réseaux de magasin. Son objectif, ce sont des intégrations massives et un omnicanal disruptif et généralisé, où les magasins servent autant de vitrines que de stocks urbains pour de la livraison express. Il faut maintenant que les autres enseignes du secteur se préparent à cette mutation du magasin, qui a déjà touché les GSS mais arrive dans l'alimentaire avec un temps de retard.

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— Cécile Parent, membre actif du Lab RSE de l'Aslog.
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