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Transversal

Formations : des besoins en compétences plus larges dans un environnement en mouvement

27.07.2016 • 09h45
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par Matthew PERGET
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AU SOMMAIRE
1
Des environnements attrayants
2
Des perspectives d'emplois positives
3
4
Tariel Chamerois, DB Schenker
5
Des outils de valorisation
6
Des sujets au cœur des programmes
Portées par la poussée continue de l’activité e-commerce, de l’innovation technologique et par d’intenses échanges commerciaux internationaux, les chaînes d’approvisionnement s’insèrent au sein d’une supply chain élargie, globale, aux pôles multiples. Pour piloter les nombreux maillons qui la compose, elle attire des personnalités tout aussi plurielles, qui travaillent à développer des compétences transversales pour assurer une agilité propre à un environnement aux contours sans cesse redéfinis.

1. Supply chain globale : Des environnements attrayants

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Parallèlement à la disparition progressive, au coeur des stratégies d’entreprise, des visions dites « en silos », les formations des nombreux secteurs couverts par la supply chain tendent à élargir leurs enseignements. Loin d’amoindrir les aspects techniques et l’expertise métiers de leurs modules, elles intègrent désormais un spectre plus large de connaissances. 

(1) Tower control

Le terme « Tower control », emprunté au secteur aéroportuaire, désigne pour le supply chain management un organe de supervision chargé de contrôler l’ensemble des flux de production et de distribution, d’assurer le respect des délais de livraison, de faire la passerelle entre son entreprise et ses clients et de remonter les alertes auprès des deux parties.

Les métiers dérivés du secteur logistique, du transport et de la supply chain au sens large ont toujours connu des évolutions inhérentes à celles des outils et des systèmes qui les supportent. Avec le développement de la mécanisation et de l’automatisation, de l’informatique puis du numérique, de nouveaux besoins de contrôle et d’interopérabilité des systèmes, ainsi que d’expertises techniques, sont apparus. Les postes ont évolué pour s’adapter à des exigences de qualité de supervision et d’exécution supérieures, dans un contexte de multiplication des flux physiques et immatériels. La gestion d’ensemble de ces éléments interconnectés est alors devenue primordiale. « Les nouvelles technologies sont arrivées et ont modifié de manière importante les métiers ; elles ont créé des nouveaux métiers de support de gestion de flux, en particulier de flux d’informations, explique Pierre de Surône, directeur du développement, de la communication et des écoles au sein d’Aftral, pôle de formations supérieures en transport et logistique. Les possibilités d’évolution dans la fonction supply chain sont nombreuses et variées. Elles peuvent être liées à des besoins de gestion de sites opérationnels, de gestion de flux, de gestion commerciale, de la Tower control (1), etc. Il y a de nombreux métiers très différents qui correspondent aux envies et personnalités de chacun. » La diversité d’horizons d’une filière d’activité constitue un facteur essentiel de motivation pour y rentrer.

 

Si la logistique a longtemps pu faire fuir les candidats par sa rigidité, sa technicité et la dureté physique de certains de ses métiers de préparation, elle parvient aujourd’hui à fédérer des profils variés. La réalité d’un entrepôt rempli de chariots élévateurs, de structures en acier et de personnes courant après des commandes ne s’efface pas pour autant. Cependant, l’amélioration des conditions de travail et l’augmentation des besoins en métiers de supervision et de management ont favorisé le recrutement d’une nouvelle génération de logisticiens. « Pendant très longtemps, les gens craignaient que la fonction supply chain soit un métier d’expert, indique Philippe-Pierre Dornier, professeur et responsable du département Management des opérations de l’Essec, grande école de commerce à implantation internationale, spécialisée dans les sciences économiques. Ils hésitaient un peu à y entrer car derrière ce terme se dessinaient essentiellement les métiers que j’appelle “hard”, que sont les métiers logistiques, c’est-à-dire l’entrepôt, le transport. Ils pouvaient se dire que ça allait être compliqué de faire autre chose après. Alors qu’aujourd’hui, les fonctions supply chain ayant pris de la maturité, il y a tellement de diversité dans les métiers auxquels renvoient la fonction supply chain qu’elle n’est plus nécessairement directement associée aux fonctions lourdes. » Ce qui a pu être un frein il y a vingt ans ne l’est plus : les vastes possibilités d’évolutions dans les secteurs de la logistique et du transport facilitent la venue de nouveaux candidats moins frileux à l’idée de piloter des flux. 

 

Un facteur d’ascension sociale, de l’opérateur au manager

Pour supporter cette transformation des métiers du secteur, les formations en logistique, transport et management de la supply chain intègrent des modules de développement de compétences élargis, plus transversaux. Ils permettent, dans leur pluralité, de suivre la montée générale en compétences des personnels opérationnels ou de direction. Ils contribuent en outre à accélérer l’ascension sociale, et ce peu importe le niveau d’études, comme en témoigne Gérard Delchini, adjoint à la direction de la pédagogie, de l'expertise et de l'innovation du Groupe Promotrans, réseau de centres de formations professionnelles pour la logistique, la supply chain et les transports : « Le domaine de la supply chain ou des transports sont des secteurs d’activités qui permettent une promotion sociale. Vous pouvez avoir des jeunes qui démarrent avec un bac pro et qui peuvent arriver à des postes de directeurs de plateformes où ils vont manager 80 à 120 personnes. Ce sont des secteurs d’activités que l’on peut qualifier d’ouverts en termes de promotion sociale. Ils sont également extrêmement riches et denses, avec la possibilité de changer facilement de fonction, d’activités, voire de secteur géographique. »

 

Afin d’être au plus proche de l’actualité de l’entrepôt tout en apportant un bagage technique indispensable, le groupe Promotrans a conçu des référentiels de formation à partir de modèles d’acquisitions de compétences ciblés, mis à jour chaque année en fonction des innovations technologiques et des exigences des entreprises. Les différents centres du groupe utilisent par exemple des outils pédagogiques tels que des progiciels didactiques pour mettre les apprenants en situation de travail tout en leur apportant les clés de fonctionnement des logiciels de gestion d’entrepôt (WMS), des logiciels de gestion de transport (TMS) et des progiciels de gestion intégrés (PGI/ERP). Ils sont ainsi capables de s’adapter aux versions anciennes ou récentes des outils, de par leurs structures et leurs fonctions communes ou transposables, et peuvent rapidement s’approprier les outils sélectionnés par leur entreprise.

BUZZ LOG
“L’internet physique appliqué à la logistique passe notamment par une digitalisation des process et des interfaces numériques homogènes.”
— Stephane Cren, responsable innovation chez GS1 France
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