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EXPERTISES

Le GNV pour alimenter les chariots élévateurs frontaux : une vraie alternative ?

05.01.2017 • 10h45
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Tribune réalisée par Anthony Vernizeau, chef de produits chariots frontaux & tracteurs de Fenwick-Linde.

Thermique Diesel/GPL/GNV ou électrique, l’énergie représente un critère important dans le choix d’un chariot de manutention et le sera de plus en plus dans le cadre des obligations liées à la transition énergétique. Mais par méconnaissance des spécificités de chacun des carburants éligibles, le choix se fait trop souvent par défaut !

Le GNV (Gaz Naturel pour Véhicules) est un gaz naturel utilisé sous forme comprimée. Il est éminemment moins polluant que les carburants pétroliers. Il permet de réduire significativement les émissions de particules et d’oxydes d’azote. Le GNV connait une croissance mondiale de près de 20 % par an. Selon l’Union Internationale du Gaz, il représentera près de 10 % du marché mondial des véhicules terrestres en 2020.

 

Répondre aux exigences environnementales

L’énergie devient un point fondamental dans la sélection de la marque et du type de chariot de manutention. Il ne faut cependant pas occulter les évolutions technologiques de certains constructeurs qui privilégient ainsi un meilleur rendement associé à une consommation moindre.

Le GNV apporte aujourd’hui une réponse aux initiatives locales en lien avec la transition énergétique (TEPCV, villes respirables à 5 ans, Plans de Protection de l’Atmosphère…). Plusieurs territoires se sont déjà engagés dans des actions concrètes portant le GNV comme l’une des solutions aux enjeux de mobilité propre. On devrait compter 250 stations publiques GNV à fin 2020. Le carburant représente 30 % de la facture énergétique nationale, l’optimisation du mix énergétique est donc un facteur d’ajustement économique. Les constructeurs sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à proposer des véhicules roulant au GNV. Les acheteurs publics vont devoir respecter la directive 2009/33/ qui leur impose d’investir dans des véhicules propres.

 

Le GNV idéal en zones mixtes

La principale problématique pour les gestionnaires de flotte est d’optimiser la disponibilité et la productivité des chariots pour un coût maîtrisé (entretien, maintenance, réparations, coût initial, coût énergie…). Pour cela, ils doivent prendre en considération plusieurs éléments : la performance des chariots (taux d’émission, volume sonore, capacité…) en fonction de leurs contraintes (applications, types de charge, temps d’engagement, formation des opérateurs…) et leur environnement (intérieur ou extérieur, taille du site avec présence d’installations type salle de charge ou station GNV …). Ils doivent également assurer un maximum de satisfaction pour les opérateurs (confort, sécurité, habitudes d’utilisation, facilité d’alimentation en énergie…).

Le choix de l’énergie du chariot est donc un élément important car il influence directement sur la disponibilité de celui-ci (temps de remplissage carburant ou changement / rechargement de batteries, risques liés à la manipulation des batteries plomb…).

Aujourd’hui les constructeurs de véhicules sont de plus en plus nombreux à proposer des matériels roulant au GNV. Les moteurs ne sont pas uniquement industriels, puisque nombre d’entre eux sont issus du monde automobile et du poids lourd. Nous profitons de cette évolution technologique sur nos chariots élévateurs et proposons 11 modèles au GNV allant du 1,6 à 5 tonnes. Pour notre entreprise, ces chariots roulant au GNV représentent une alternative crédible et disponible au Diesel. Les opérateurs interviennent très souvent en environnement clos (entrepôts), il est donc important de ne pas les exposer à des émanations polluantes. Nos clients n’ont cependant pas toujours la possibilité de passer à des engins électriques du fait des temps de recharge et donc de la disponibilité du matériel. 

Le GNV est alors intéressant pour des manutentionnaires intervenant sur des zones mixtes intérieures/extérieures ou sur des applications de type chargement/déchargement. En France, nous sommes les seuls à commercialiser, distribuer et entretenir des chariots au GNV.

 

Les italiens et espagnols en avance sur la France

Qu’ils soient dans les secteurs de la boisson, de l’alimentation ou de la construction de matériaux, nos collègues italiens et espagnols ont bien compris l’intérêt du GNV. Ils sont très férus de ces chariots roulant au GNV qu’ils considèrent, à juste titre, être la réponse à la rareté et au coût des autres énergies. En fait, l’Italie a mis en place une stratégie qui lui a donné son indépendance face aux aléas du marché pétrolier. Qui plus est, l’Europe est très bien approvisionnée en gaz naturel et aucune taxe TICPE n’est exigée ce qui n’est pas le cas pour le pétrole. Les raisons pour que l’énergie GNV soit une option à prendre en considération sont donc évidentes : les chariots Diesel sont de plus en plus contraignants (filtres à particules, AdBlue…), le coût du Diesel et du GPL ne cessera d’augmenter dans les années à venir et leur caractère polluant n’est plus à démontrer.

 

Penser stratégie et ROI

Conscients que le gaz naturel est méconnu en France, notamment dans le secteur de la manutention, nous apportons avis et conseils sur les projets de flotte de nos clients. Nous étudions et calculons un retour sur investissement (ROI) à partir des éléments fournis par l’entreprise ce qui nous permet d’élaborer une stratégie à court et long termes qui soit rentable économiquement et qui apporte également satisfaction à l’opérateur, utilisateur final. Nous sommes conscients que la démarche environnementale est en lien avec la conjoncture économique de l’entreprise, il faut donc trouver des solutions économiques et écologiques adaptées à ses besoins. Force est de constater que le gaz naturel est une solution en matière de rentabilité, d’écologie et de confort de travail pour l’utilisation des chariots frontaux dans un milieu industriel. A l’international, les entreprises qui nous font confiance et fonctionnent au GNV, l’ont bien compris. En France, nous sommes convaincus que le GNV participe à une manutention plus propre, notre devoir en tant qu’expert de ce secteur étant de promouvoir cette énergie et sa facilité de mise en œuvre.

 

 

Comprendre les différences entre chariot thermique et électrique

On doit en 1er lieu différencier le chariot frontal thermique (au diesel, GPL ou GNV) du chariot frontal électrique. Le premier est constitué d’un moteur thermique qui entraine une pompe hydraulique pour faire avancer/reculer le chariot. Selon le moteur, celui-ci est alimenté avec un carburant diesel, GPL ou GNV.

 

Diesel : moteur traditionnel qui a fait ses preuves. Utilisé par la majorité des clients car ce carburant est connu de tous et il est facile d’en stocker sur un site d’exploitation. Stockage : cuve de diesel. Il émet des émissions nocives pour les opérateurs : monoxyde de carbone ou particules fines.

  

GPL : moteur traditionnel, préparé pour recevoir une alimentation en GPL (propane). Le stockage se fait par un réservoir ou par des bouteilles en version liquéfiée. A l’inverse du Diesel, le GPL requiert un stockage via une station dédiée ou un stockage en bouteilles. Il n’émet plus de particules fines mais toujours du monoxyde de carbone.

 

GNV : moteur de base GPL avec une modification du haut moteur (segmentation, culasses, pistons), qui se traduit par un mélange « air-essence » différent dans la chambre de combustion. Il requiert également un stockage de gaz naturel sous forme de gaz compressé dans le chariot et un remplissage via une station GNV adaptée. Le GNV ne dispense aucune particule fine et à l’inverse du GPL émet 95 % de moins de monoxyde de carbone.

 

Le chariot frontal électrique est constitué d’une batterie (acide, dite « plomb ouvert », gel sans entretien ou lithium ION*) qui entraine le moteur asynchrone (courant alternatif) sur l’essieu-avant faisant ainsi rouler en avant/en arrière le chariot. Il existe différents composants pour constituer une batterie. Selon la taille du chargeur et son calibrage, la batterie est rechargée +ou- lentement pour éviter de détruire les éléments de la batterie. Durée de la recharge : entre 7 et 10 heures. Durée de vie : entre 4 et 5 ans.

 

* La batterie Lithium ION, récemment introduite dans le secteur de la manutention, se compose de plusieurs cellules ION connectées en série et en parallèle en fonction de la tension. Cette matière permet de réaliser des recharges rapides et partielles sans entretien. Durée de la recharge : 1h30 maximum. Durée de vie : 10 ans. Coût : 3 à 5 fois plus cher qu’une batterie plomb selon le modèle de chariots.

BUZZ LOG
“Les solutions assurance sont très matures dès lors que l’on se place au centre de la supply chain. En revanche, lorsque l’on s’en éloigne et que l’on s’intéresse aux fournisseurs situés juste derrière, nous rentrons dans l’inconnu.”
— Nicolas Rivière, directeur des études chez Siaci Saint Honoré
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