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Monier, une supply chain en mue digitale

18.01.2017 • 23h00
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par Laurène MATZEU DE VIALAR
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Filiale du groupe Braas Monier et spécialiste mondial des solutions de toiture, Monier fabrique des systèmes complets - tuiles, composants de toitures, isolants thermiques par l'extérieur - qui lui ont permis de réaliser cette année un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros. Une croissance qui repose en partie sur la digitalisation de sa supply chain, mise en œuvre depuis quelques années déjà. 

Le principe de base du fabricant de solutions de toiture est simple : offrir tous les matériaux nécessaires à un couvreur pour réaliser une toiture et lui apporter ainsi toutes les solutions nécessaires à ces problématiques de matériaux. Pour ce faire, Monier s’appuie sur une supply chain fonctionnant à ce jour en flux poussé par des prévisions envoyées à son réseau de distribution. « Nous gérons à peu près 12 000 références au quotidien. Notre business model est basé sur du make-to-stock, c’est-à-dire qu’il faut tout avoir sur étagère. Dans la société, le principe a souvent été de dire que pour améliorer le taux de service, il faut augmenter le niveau de stock. Mais nous travaillons aujourd’hui sur des principes diamétralement opposés à cela puisque nous avons démarré un basculement vers une logique « pull », qui nous permet de nous affranchir au quotidien du besoin en prévision. Cela nous emmène vers le Graal de toute supply chain, à savoir réduire le niveau de stock tout en améliorant la disponibilité de nos produits. Pour atteindre cette performance, nous nous sommes tournés vers la digitalisation de nos process », démarre Bertrand Duparc Ponsin, directeur achats et supply chain chez Monier.

 

La data : point clé de la digitalisation des process logistiques

« Notre première mission a été de récupérer des informations ou de les créer quand elles n’existaient pas. Nous avons donc dématérialisé toutes les données qui pouvaient l’être, les avons rendues numériques, traçables et visibles. Puis, nous avons travaillé sur l’interconnexion des systèmes, en passant davantage sur des solutions en mode cloud ou SaaS. Une fois que nous sommes parvenus à créer notre propre « Big Data », nous nous sommes entourés de collaborateurs capables d’analyser et de robotiser les informations reçues », résume Bertrand Duparc Ponsin. Planification, prévision, gestion des stocks, Monier a ainsi mis en place un certain nombre d’outils permettant à l’entreprise de mieux comprendre la qualité de ses stocks, pour ensuite mieux les réduire. L’enjeu ? Une baisse de stock de 30 % et une amélioration de la qualité de service.

 

En France, Monier dispose de sept usines et quatre dépôts. Sur ces onze points de vente, le spécialiste des solutions de toiture se doit d’avoir tout son catalogue disponible du jour au lendemain. Un enjeu de taille auquel il a fallu associer ses partenaires industriels et responsables des ventes : « En termes de gestion des stocks, la logistique est confrontée à une pression de la part des industriels et des ventes. Il a donc fallu leur faire comprendre que limiter les stocks améliore la réactivité et l’agilité de la supply chain. Ce travail de conviction ne peut se faire que par l’utilisation d’indicateurs rendus possibles par la digitalisation de nos process et de nos outils. Je dis souvent que ce qui ne se mesure pas n’existe pas. Nous avons par exemple mis en place en plus d’un outil S&OP, des indicateurs permettant de mesurer l’output des usines. Nous nous sommes rendus compte que ces dernières avaient un fort potentiel d’amélioration sur la fiabilité de leur adhérence au planning. Le fait d’avoir mis en place ces indicateurs, d’alimenter notre big data et d’analyser ses données derrière, nous a permis d’améliorer fortement nos résultats », démontre le directeur achats et supply chain.

 

Digitaliser la partie transport

Second volet de la digitalisation logistique de l’entreprise, le plan transport. Monier a ainsi décidé de robotiser la partie inter-usine en développant un outil TMS. L’idée ? Faire en sorte que le système soit autonome pour effectuer ses ordres de réapprovisionnement entre sites. « Nous avons défini des règles pour que la prise de décision pour compléter les stocks, la création des camions et la validation des ordres de transport soient faites de façon automatique. Nous sommes passés d’une production de flux à une gestion des exceptions. Cela nous permet de dégager du temps dans la partie analytique et prise de décisions », décrit Bertrand Duparc Ponsin.

 

Une amélioration continue pour une transformation digitale au long cours

En termes de digitalisation, Monier a ainsi opté, à la façon d’un incubateur interne, pour le lancement de plusieurs petits projets permettant d’accroître sereinement ses performances logistiques : les inter-usines, la prise de rendez-vous transport et d’ici un an ou deux, le track and trace afin de développer la livraison directe sur chantier. « Nous travaillons également sur un projet de palettes recyclées, avec gestion en mode SaaS avec nos clients et nos prestataires. Via une plateforme web, le client pourra déclarer le nombre et le style de palettes qu’il a chez lui. Cette information sera ensuite envoyée chez nous afin de créer des avoirs, mais également chez notre prestataire pour créer des ordres de collecte. Nous pourrons ensuite tracer tous les flux jusqu’à ce que les palettes reviennent chez nous », dévoile Bertrand Duparc Ponsin. Monier entend ainsi opérer un changement de logique et associer digitalisation et économie circulaire, toujours dans une logique d’amélioration de sa qualité de service.

Chiffres clés :

■ 1,2 milliard de chiffre d’affaires mondial ;

 

■ Une centaine d’usines à l’international ;

 

■ Une quarantaine de pays couverts ;

 

■ 7 usines et 4 dépôts en France ;

 

■ 12 000 références traitées quotidiennement.

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“L’impression 3D amorce une nouvelle révolution industrielle qui impacte directement les process, la supply chain et les mentalités.”
— Vincent Rey, consultant chef de projet impression 3D chez Scalian
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