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EXPERTISES

Résultats du 10e Baromètre CPV-Déméter 2018

05.06.2018 • 11h15
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par Laurène MATZEU DE VIALAR
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Chaque année, CPV Associés et le Club Déméter réalisent une enquête auprès des entreprises et des acteurs publics membres de l’association. Elle permet de faire un état de l’art sur les pratiques d’entrepreneurs militants et engagés dans une démarche de progrès, et dont la vision ouvre sur de nouvelles perspectives en matière de logistique responsable. Pour cette dixième édition, le choix a été de prendre des sujets forts en lien avec les attentes des consommateurs pour lesquels la logistique responsable peut apporter des solutions intéressantes.

Dans le contexte du « plan climat » déployé pour accélérer la mise en oeuvre de l’accord de Paris (COP21) la neutralité carbone devient un objectif à atteindre en 2050. Comment ? prioritairement, en réduisant les émissions de GES et en compensant les émissions restantes. Un principe qui s'inscrit dans le cadre du marché des crédits carbone. Le Club Déméter a ainsi souhaité questionner ses membres sur la faisabilité, ou non, de cette neutralité carbone, mais à échéance 2030. Pour rappel, le gouvernement avait fixé moins de 40 % d’émission de GES pour cette même échéance. 31 % des membres pensent que cet objectif est envisageable alors qu’ils sont 28 % à admettre qu’il sera compliqué d’y parvenir, même si 64 % des entreprises membres interrogées se disent proactives en la matière. Etre proactif en matière de neutralité carbone en 2018, c’est avant tout engager des projets de réduction pour contenir les émissions. Certains membres sont toutefois très engagés et ont d’ores et déjà des objectifs de neutralité carbone sur leur chaîne d’approvisionnement.

On constate à travers ces chiffres que cette neutralité reste un sujet complexe pour les entreprises membres, notamment dans son application opérationnelle pour la supply chain. En effet, 48 % des interviewés admettent qu’il y a des pistes technologiques frémissantes. Toutefois, et c’est un signal intéressant, 20 % sont convaincus que ces avancées sont prometteuses.

La difficulté de percevoir aujourd’hui l’atteinte de ces objectifs est principalement due aux solutions technologiques actuellement disponibles, à l’engagement des pouvoirs publics et enfin à la maturité des acteurs. Sur les aspects financiers, 57 % des interviewés estiment qu’une chaîne logistique neutre en carbone affecterait les coûts d’acheminement des marchandises contre 26 % qui sont surs que cela pourrait être l’opportunité de faire des économies sur la chaîne globale. « La neutralité carbone serait une source d’efficacité économique ? c’est encourageant, mais pour 2030 il semble difficile de tenir de tels objectifs. Par contre, les signaux faibles de cette enquête démontrent qu’à horizon 2050, cette perspective est réalisable si elle s’appuie sur deux leviers : l’essor technologique pour les moyens logistiques et l’économie collaborative pour l’organisation logistique » souligne Julien Darthout, directeur général de CPV Associés.

 

Blockchain et sécurité alimentaire, quel rôle pour la supply chain ?

Les français portent une attention de plus en plus grande à la qualité de ce qu'ils consomment. Dans ce contexte, le principe de blockchain émerge comme une réponse aux attentes des consommateurs. Cela consiste à partager des blocs de données sécurisées tout au long de la chaîne logistique, de la fabrication d’un produit alimentaire, jusqu’au lieu de vente, voire de consommation. Devenant ainsi un registre transparent et inviolable d’informations, la blockchain doit aider à renforcer la traçabilité des supply chain afin de dresser des diagnostics plus rapides lors de contaminations alimentaires, par exemple. 29 % des membres ont déjà adopté ces solutions blockchain pour la traçabilité de leurs produits et de leurs moyens de livraison, dans la gestion des actifs ou encore dans le cadre de la formation. 42 % des membres estiment que d’ici 3 ans les applications opérationnelles blockchain adaptées à la sécurité alimentaire seront disponibles. C’est donc bel et bien une priorité à court terme pour les supply chain responsables.

 

Commerce digital et exigence client, est-ce bien responsable ?

Le commerce digital et l'émergence des nouveaux entrants ont reconfiguré la place de la logistique dans l'offre proposée par ces derniers. Les attentes de la supply chain seront-elles renforcées ? Les enjeux de la logistique du e-commerce sont de natures différentes, bien plus en lien avec le développement et le modèle commercial la firme ; cela aura-t-il une incidence sur les supply chain plus traditionnelles ? Sans nul doute, le commerce digital a élevé le niveau d’exigence des clients. Pour 67 % des distributeurs et 50 % des industriels interrogés, une importante mutation est en cours sur l’ensemble de leurs activités. Côté prestataires, 53 % reconnaissent également cette mutation mais seulement sur une partie de leurs activités.

Les nouveaux acteurs fixent à l’ensemble du secteur des standards de qualité et d’innovation très élevés qui évoluent aussi rapidement que la demande des consommateurs. Ils positionnent ainsi ces pratiques logistiques au coeur des stratégies de fidélisation et de captation de parts de marché. Dernier kilomètre, maîtrise des délais, taux de service, place de la supply chain dans la stratégie de l’organisation et la maîtrise des coûts constituent les plus forts enjeux de différenciation des leaders du e-commerce par rapport à des organisations traditionnelles. Le dernier kilomètre est un enjeu majeur du e-commerce.

L’organisation la plus appropriée de ce maillon transport demain sera celle issue des métiers d’expertises spécifiques en cours de développement pour 34 % des interrogés. 27 % pensent qu’elle sera le fruit d’une implication transport plus forte de la part des consommateurs. Ils sont 77 % à être convaincus que les objectifs stratégiques d’une logistique efficiente se fondent sur des organisations omnicanales afin de tirer les bénéfices de l’ensemble des univers commerciaux. Enfin, 80 % anticipent le développement d’une politique de sous-traitance de la part des leaders du e-commerce.

Méthodologie du sondage

Ce sondage a été réalisé en avril 2018 auprès de 60 personnes issues de 29 entreprises membres du Club Déméter, dont 30 % de distributeurs – 32 % d’industriels – 32 % de prestataires – 6 % d’institutionnels.

BUZZ LOG
“Les distributeurs ont pris conscience de l’ubiquité du consommateur. Néanmoins, les outils dont ils disposent ne sont pas toujours suffisamment aboutis pour servir la transparence des stocks répondant à la disponibilité d’un produit et à son allocation.”
— François Mondou, directeur général de SDZ ProcessRéa
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