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EXPERTISES

Demain, l’opérateur logistique en entrepôt sera bionique

27.05.2019 • 09h00
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par Emilien VILLEROY
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Ivanti/Studio Rico

Une tribune signée par Thibaut David, territory manager France chez Ivanti Supply Chain

Depuis des années, l’automatisation joue un rôle essentiel dans le bon fonctionnement des entrepôts et de la chaîne logistique. Parce que le e-commerce ne cesse de se développer et que les entrepôts connaissent de fortes pressions pour honorer dans des délais toujours plus courts les commandes passées en ligne, elle est aujourd’hui d’autant plus nécessaire car elle apporte à l’entreprise efficacité, vitesse et réduction des temps d’arrêt. Il n’est donc pas surprenant d’apprendre que les tests d’automatisation robotique en entrepôt vont augmenter de 18 % en 2019 par rapport à l’année dernière. Cependant, avec également des technologies telles que les drones et les robots collaboratifs (ou cobots) de plus en plus présentes dans les entrepôts, de nombreux salariés pensent qu’ils vont perdre leur travail au profit des machines. La peur alimente et amplifie cette appréhension, mais la réalité est différente. Le besoin d’automatisation et la nécessité de la créativité humaine vont converger et donner naissance à une nouvelle génération de collaborateurs dans la chaîne logistique : le "travailleur bionique".

Pour répondre aux exigences du secteur, les entreprises vont se tourner vers des technologies portables et mobiles, qui aideront leurs salariés à être plus efficaces et productifs. Ces appareils ont évolué avec la chaîne logistique : autrefois imposants, ils ressemblent aujourd’hui à des smartphones légers et dotés d’écrans entièrement tactiles. A l’avenir, le travailleur bionique utilisera des technologies portables comme des casques à commande vocale, ou des dispositifs intelligents comme des montres et des lunettes, pour intégrer plus facilement des solutions technologiques innovantes dans ses tâches quotidiennes.


Renforcer la précision

Les solutions de préparation de commande intégrant des technologies vocales et visuelles présentent de nombreux avantages, tant pour le salarié que pour l’efficacité globale de l’entreprise. Elles sont une avancée énorme par rapport aux systèmes de préparation de commande sur papier que de nombreuses petites entreprises utilisent encore. En plus d’être beaucoup plus respectueuse de l’environnement, cette technologie garantit une réduction des erreurs, telles que des articles mal placés ou mal prélevés, dans les opérations de la chaîne logistique. Chaque erreur a un coût, en temps et en argent, que l’entreprise ne peut pas se permettre. A cela vient s’ajouter l’atteinte à la réputation de la marque, ou la perte du client et donc de ses achats futurs.


Prévenir les erreurs

Ces technologies permettent d’alerter les préparateurs de commande dès qu'une erreur se produit, et d’atténuer les conséquences de commandes perdues ou oubliées grâce à la conservation des informations dans une base de données plutôt que sur des feuilles de papier qui peuvent facilement être égarées. De plus, parce qu’ils perdent moins de temps à constamment vérifier les données sur un bout de papier, les salariés qui utilisent ces dispositifs sont en mesure de préparer plus de commandes en un temps donné. Les gains de productivité qui en résultent sont particulièrement opportuns dans un environnement d'entrepôt en constante et rapide évolution, mis à rude épreuve par la popularité croissante du commerce électronique.


Diminuer les risques d’accidents

Le travailleur bionique a même évolué jusqu’à avoir les yeux et les mains libres lorsqu'il se déplace dans l'entrepôt. Au rendez-vous : plus de sécurité et plus de performance. Les technologies portables permettent en effet aux salariés d'être plus conscients de leur environnement et donc moins susceptibles d'être victime d’un accident. C’est d'autant plus important que les machines autonomes, telles que les drones et les robots, et sous réserves de quelques évolutions juridiques en France, seront de plus en plus présentes dans l'entrepôt. Les travailleurs devront rester vigilants lorsqu'ils opèreront à proximité de ces appareils.


Préserver la santé des opérateurs

L'automatisation bionique peut également aider à réduire les risques de troubles musculo‑squelettiques, en automatisant certains processus du prélèvement comme attraper des produits ou saisir des données sur un dispositif portable. Les robots collaboratifs, ou cobots, peuvent ainsi, sans relâche et en collaboration avec le salarié de l’entrepôt, atteindre et saisir des produits. D’autres dispositifs bioniques peuvent également améliorer l'expérience des travailleurs. Les exosquelettes, par exemple, enveloppent le corps des salariés et leur fournissent une structure de soutien physique pour plus facilement atteindre ou soulever des charges au-dessus de leur tête.


L’avenir des salariés des entrepôts et de la chaîne logistique repose sans aucun doute sur les technologies bioniques. Combinées à la créativité et à l’expérience humaine, elles permettront de faire face à la montée en puissance des commandes en ligne et à la pénurie de main d’œuvre que connaît le secteur. Ce n’est pas tout, l’entrepôt ne pourra pas s’appuyer exclusivement sur l’automatisation robotique et évincer les salariés. Mais c’est la fusion des deux qui apportera de nouveaux niveaux de sécurité et d’efficacité.

BUZZ LOG
“La cybersécurité est aussi une question d'organisation en entreprise et de communication. Avant de parler de solutions techniques, il faut sensibiliser les équipes.”
— Brice Gilbert, ingénieur confiance numérique pour l'Afnor
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