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Industrie et logistique : le tandem gagnant

17.08.2020 • 09h30
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Voxlog

Une tribune signée par Claude Samson, président d'Afilog.

En 2015, Afilog publiait son ouvrage La logistique, nouvelle industrie, montrant comment notre activité intégrait des process et savoir-faire industriels et comment elle venait se substituer, sur certains bassins d’emplois, à d’anciennes activités productives. Les ressemblances entre industrie et logistique sont si nombreuses que l’administration fiscale a pu, opportunisme aidant, requalifier en locaux industriels certains entrepôts. Au-delà de l’air de famille qui rapproche les deux activités, une différence majeure subsiste, celle des marges, bien plus modestes pour la logistique. Il faut éviter une comparaison qui ne peut être qu’artificielle à certains égards, entre industrie et logistique. Leur rapprochement est avant tout fonctionnel, l’une étant la fonction support indispensable de l’autre.

 

Une industrie renouvelée ne pourra se faire sans une logistique performante

Dans les moments que nous traversons, nous devons garder à l’esprit la symbiose dont ces activités doivent faire preuve pour permettre à l’économie de redémarrer, puis pour accompagner une relocalisation, que nous sommes nombreux à appeler de nos voeux, des sites de production. Une industrie française et européenne renouvelée, forte, ne pourra se faire sans une logistique performante, a fortiori dans la compétition européenne, qui pourrait tout naturellement s’accentuer sur fond de crise économique, sans que cela ne soit contradictoire avec des mesures coordonnées de relance. Afilog oeuvre déjà auprès des acteurs publics qui esquissent en ce moment même la relance post crise, afin de leur faire passer ce message du tandem gagnant industrie et logistique et faire en sorte qu’elles soient appréhendées conjointement dans toute réflexion et décision.

 

Ce tandem est une affaire européenne ! Vis-à-vis de la Chine qui a repris dès le 15 mars 2020 son activité et des États-Unis où elle s’est peu arrêtée, services mis à part (restauration, hôtellerie…), ce n’est qu’en peloton serré que l’Europe industrielle et logistique peut franchir avec succès la ligne de sortie de crise. Dans un premier temps, les différents États ont répondu à la crise en ordre dispersé et cherché des réponses immédiates à une urgence sanitaire et sociale, ce qui est entièrement légitime. Des écarts de compétitivité ont pu se créer ou se creuser pendant ce temps : entre, par exemple, une France dont les activités productives ont été arrêtées pendant plusieurs semaines, ce qui rend le redémarrage difficile, sur fond de chômage partiel généreux et une Allemagne où l’arrêt des activités a été moins long et moins généralisé. L’industrie française a de nombreux atouts à faire valoir dans le jeu européen. Dans son Baromètre de l’activité Industrielle, de juin 2018, le cabinet d’audit EY en identifie quatre principaux : nombre de projets portés par des investisseurs étrangers, les centres de recherche, le nombre de sièges sociaux en augmentation et, sans surprise… la logistique. Espérons que cet atout sera mis à profit pour la nouvelle page de l’industrie française et européenne qui s’écrit en ce moment.

BUZZ LOG
“Les constats qui ont été faits sur la nécessité de redynamiser à moyen terme l’industrie en France ne seront rendus possibles que si l’on a fixé le maillon transport et logistique comme un partenaire stratégique”
— Alexis Degouy, délégué général d’Union TLF
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