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EXPERTISES

La supply chain face au défi de l’immédiateté

14.05.2021 • 09h00
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Une tribune signée par Rupert Schiessl, CEO de Verteego

Nous en sommes tous témoins : la crise sanitaire profite à l’e-commerce, qui a connu une hausse globale de 8,5% en 2020, largement tiré par la vente de biens à défaut des services (-10%). Cependant, ce « boom » des volumes de vente s’accompagne aussi de changements profonds dans les habitudes de consommation : click & collect et livraison à domicile notamment. À ces mutations accélérées sous l’effet de la crise s’ajoutent des tendances sociétales plus profondes qui agissent depuis plusieurs années. Cette combinaison fait apparaître de nouveaux défis logistiques auxquels il faut répondre de plus en plus vite sous peine de perdre rapidement en compétitivité.

 

Les tendances sous-jacentes du retail dessinent le futur de la supply chain

Ces tendances sont variées et touchent d’abord aux profils des consommateurs qui évoluent : le vieillissement de la population, les aspirations portées par les nouvelles générations, les préoccupations environnementales liées au changement climatique, le renouveau du local, des circuits courts et le besoin d’instantanéité définissent de nouveaux marqueurs. En parallèle, le monde du travail se transforme lui aussi, avec de nouvelles contraintes réglementaires et de nouveaux critères de qualité de vie pour les collaborateurs. Sans compter les évolutions technologiques (mobile, expériences immersives, IOT, omnicanal) qui bousculent le retail.

 

Dans ce contexte, la supply chain fait face à de nouveaux challenges. Elle doit proposer des produits qui répondent aux besoins du consommateur, tout en ayant un impact positif sur la société et l'environnement. Elle doit aussi donner du sens au travail des employés, viser plus de diversité, d’équité et d’inclusion, pour maximiser leur engagement et remplir sa mission sociale. Elle établit des partenariats avec l'ensemble de l'écosystème des fournisseurs pour partager et favoriser un objectif commun et collabore avec les acteurs locaux pour minimiser les impacts négatifs. Enfin, elle doit générer des revenus financiers à hauteur des attentes des investisseurs.

 

L’e-commerce accélère le phénomène

La conséquence opérationnelle la plus évidente liée au boom de l’e-commerce réside dans la nécessité de traiter encore plus de commandes, pour les livrer toujours plus rapidement. Franprix promet de livrer en 40 minutes, Frichti en 15… En fonction du mode de préparation des commandes (entrepôt, « picking », ou « dark stores ») les limites apparaissent rapidement si l’automatisation est inexistante. Des équipes dédiées doivent être planifiées des semaines à l’avance conformément aux délais de prévenance légaux relatifs à la répartition des horaires de travail. Dans le cas du « picking », en plus d’avoir des équipes perturbées par les consommateurs présents dans le magasin - ce qui impacte à niveau égal l’expérience client -, un certain nombre de commandes ne peut être dépassé pour des raisons de stock.

 

Prenons un autre exemple avec Walmart qui fait désormais parvenir à ses fournisseurs une nouvelle directive : avoir 98% du temps des livraisons on-time and in-full (OTIF), sous peine de pénalités. L’objectif de l’enseigne est d’améliorer la disponibilité des produits afin de s’assurer que le client peut acheter ce qu’il veut, quand il veut, en magasin ou en ligne. Et ainsi livrer les articles le plus vite possible.

 

Autre exemple avec l’enseigne Target dont les commandes appelées « same-day services », autrement dit commandé et livré le même jour, ont augmentées de 212% en 2020. Pour y parvenir, Target privilégie désormais le fulfillment depuis les magasins. Ces derniers se concentrent sur l’exécution des commandes qui sont ensuite transportées par Target au centre de tri (sortation center). Puis les commandes sont divisées en différents itinéraires de livraison par les transporteurs partenaires qui effectuent le dernier kilomètre de livraison. Ce système réduit les coûts par commande, et améliore le délai de livraison, la productivité et le contrôle des stocks.


L’IA comme outil de maîtrise

Pour que ces dispositifs logistiques libèrent tout leur potentiel, opérationnel et financier, ils doivent être pilotés avec une grande précision, et suffisamment souples pour s’adapter aux fluctuations de la demande sur les différents canaux. Dans ce cas précis, l’intelligence artificielle est capable de prédire sur le court terme. Elle pondère avec plus de justesse les évolutions brutales de la demande.

Pour obtenir autant de précision, chaque prédiction s’appuie sur 5 paramètres temporels : la date de génération de la prévision, le délai en amont de la prévision, la période prévue, le découpage de la période et la récurrence de la prévision. Et, en intégrant l’ensemble des canaux (online/offline, mode de pick-up en ligne, mode de livraison), elle permet d’optimiser in fine le planning des équipes de préparation de commandes… et donc aux retailers d’être plus organisés, efficaces et de ne pas se retrouver en situation de rupture de stock.

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