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EXPERTISES

La fin de la toute-puissance des chaines d’approvisionnement mondiales

07.07.2022 • 09h13
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Manhattan Associates

Une tribune signée par Sébastien Lefebure, directeur général Europe du Sud de Manhattan Associates.

Flexibilité accrue, accès à une main-d'œuvre plus importante et réduction des dépenses opérationnelles. Ce sont les raisons les plus couramment citées par les dizaines de milliers d'entreprises européennes ayant choisi de délocaliser une grande partie de leurs opérations à l'étranger au cours des quatre dernières décennies. Si ce processus de délocalisation a connu un immense essor dans les années 1990, il est resté une pratique courante et s'est même accéléré au cours de la dernière décennie, le coût restant l’un des facteurs de différenciation les plus efficaces pour de nombreuses marques.

 

Néanmoins, les défis soulevés par la pandémie mondiale ces deux dernières années ont mis en lumière certaines conséquences beaucoup moins positives liées à la délocalisation. À tel point que de nombreuses entreprises réfléchissent fortement à rapprocher leurs fonctions de fabrication et de supply chain au plus près des consommateurs, afin de se prémunir contre l'inévitable volatilité future des marchés.

 

Les approvisionnements mondiaux fragilisés

Les supply chains mondiales expansives qui ont pris de l'importance depuis le début du millénaire ont, sans aucun doute, permis de réaliser des économies. Mais elles ont également introduit un niveau de fragilité qui, jusqu'aux événements de ces deux dernières années, n'était pas entièrement tangible.

 

La pandémie mondiale a mis ces réseaux tentaculaires sous pression, et des failles dans les processus et les stratégies sous-jacentes sont devenues apparentes. La prise de conscience a fait place à l'idée que l'ère de la délocalisation touchait peut-être à sa fin, remplacée par une nouvelle approche idéologique et pratique selon laquelle les réseaux, les processus et, in fine, les biens, devraient être situés plus près de l'utilisateur final.

 

Résilience, fiabilité et agilité

Alors que le prix était autrefois le facteur déterminant pour les marques, les bouleversements des 24 derniers mois ont mis l'accent sur la résilience, la fiabilité et l'agilité, sans parler d'autres impératifs moins stricts comme la durabilité.

 

Après tout, peu importe le coût de production d'un produit s'il ne peut atteindre le marché ou le client visé de manière rentable et durable. En rapprochant les supply chains des consommateurs, les marques peuvent atteindre ces nouveaux objectifs.

 

Vers des supply chains plus vertes

Prenons l'exemple des stocks et de la distribution : l'utilisation des magasins comme mini-centres de traitement des commandes, le déploiement de dark stores et la création de centres de micro-fulfillment hyperlocaux sont autant d'approches permettant de résoudre les failles inhérentes aux supply chains tentaculaires. En rapprochant la livraison des produits (ainsi que les éventuels retours) du consommateur, on favorise non seulement une meilleure gestion des stocks et un meilleur service, mais on obtient également un avantage très significatif en termes d'impact environnemental.

 

Une gestion intelligente du transport s’appuyant sur des centres de distribution plus locaux permet de planifier des itinéraires de livraison plus courts et plus durables. Avec le boom du e-commerce et le nombre croissant de retours, les avantages de ce rapprochement produit-consommateur en termes de coûts et d'environnement sont encore plus évidents, à condition de disposer de la technologie nécessaire pour y parvenir efficacement. Délocaliser la fabrication et rapprocher les processus supply chain des consommateurs est toutefois plus simple à théoriser qu’à mettre en pratique. Unifier technologiquement l’ensemble des processus et opérations est indispensable et représente un chantier de grande ampleur pour les marques et distributeurs.

 

Une innovation constante

La pandémie et ses conséquences ont changé la façon dont nous concevons aujourd'hui les chaînes d'approvisionnement mondiales. Dans une volonté de se prémunir contre le « prochain » événement de crise mondial, l'idée de rapprocher les processus de fabrication, les biens et les réseaux de distribution des foyers/consommateurs gagne du terrain.

 

Mais rien ne se fera sans la capacité des marques à continuer d'innover et à proposer des types de réseaux et d'offres de distribution qui soient non seulement résilients et fiables, mais aussi suffisamment agiles et réactifs pour répondre aux évolutions futures – qu’il s’agisse des attentes changeantes des consommateurs ou des évènements de toutes natures qui pourraient, à nouveau, bouleverser en profondeur les schémas en place.



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