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L'entrepôt, ce bâtiment qui compte double

19.08.2022 • 09h00
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Une tribune signée par Claude Samson, président d'Afilog, association qui réunit les professionnels de l'immobilier logistique et les acteurs de la supply chain.

Le principe de la Zéro Artificialisation Nette (ZAN) nous amène plus que jamais à optimiser l’utilisation des sols. L’optimisation étant instinctive pour tout professionnel de la logistique, les résultats ne sont pas étonnants, mais ils méritent d’être mis en lumière. Ces dernières années, on parle beaucoup (et on commence à faire un peu) des bâtiments multi-étages. Avec la réhabilitation des friches, c’est l’une des pistes les plus opérationnelles vers la densification et donc l’utilisation optimale du foncier. Mais à y regarder de plus près, tous les bâtiments logistiques récents (et plus encore ceux des signataires de la charte Afilog) ont au moins deux niveaux : un premier niveau de logistique et un second de production d’énergie. Les lois Énergie & Climat, puis Climat & Résilience ont imposé 30 % de photovoltaïque sur les toitures et les ombrières.

 

Solarisation des toitures et des ombrières des actifs logistiques

Les constructions, toutes classes d’actifs confondues, ne sont désormais autorisées « que si elles intègrent soit un procédé de production d’énergies renouvelables, soit un système de végétalisation basé sur un mode cultural garantissant un haut degré d’efficacité thermique et d’isolation et favorisant la préservation et la reconquête de la biodiversité, soit tout autre dispositif aboutissant au même résultat ». En attendant que les coûts et la règlementation évoluent pour que les entrepôts puissent végétaliser leurs toitures, en attendant aussi que les autres « dispositifs aboutissant au même résultat » soient matures et homologués, la première solution qui s’offre à la logistique est la solarisation des toitures et ombrières.

 

La notion de cinquième façade est un classique du vocabulaire architectural, en logistique elle prend encore plus de sens : l’entrepôt est par essence ce « bâtiment compte double » qui utilise le foncier au moins deux fois – une fois pour la logistique et une fois pour éclairer et chauffer nos concitoyens. À l’heure où les centres commerciaux sont frappés d’un moratoire sur la construction, où les autres types d’actifs ont des dimensions moins propices à l’installation de centrales photovoltaïques, l’entrepôt marque des points.

 

Si les 20 millions de mètres carrés de logistique, dont la France a besoin pour accompagner la réindustrialisation et les besoins de chaque territoire, peuvent être développés, c’est l’équivalent d’une métropole comme Marseille qui pourra être entièrement alimentée par l’énergie produite. À ce titre, et sans que cela nous empêche d’avancer sur les friches et sur la verticalisation des bâtiments, il nous semblerait cohérent que le bâtiment logistique soit exclu du périmètre d’application du ZAN. L’objectif intermédiaire de réduction de moitié du rythme de consommation d’espaces d’ici à 2031 est déjà atteint avec l’utilisation de la toiture. En chemin vers la neutralité carbone, respectueux de la biodiversité, attentif aux conditions de travail, vecteur de frugalité foncière, l’entrepôt a plus d’une corde à son arc. Quel autre actif dit mieux ?

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