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PORTRAIT

Laurence Papeil, directrice supply chain de Raja France : jeu, set et supply chain

19.05.2022 • 09h00
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par Laurène MATZEU DE VIALAR
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Se dépasser, se challenger et nourrir une curiosité insatiable. Voilà ce qui anime Laurence Papeil chaque jour en tant que directrice supply chain France de Raja et comme femme, dans le sport ou ailleurs. Retour sur le parcours d’une directrice supply chain déterminée.

Passer son permis moto à 50 ans, partir vivre dans le Missouri ou bien encore remporter des championnats départementaux de tennis… Laurence Papeil est une « battante ». Des dires de son conjoint, Jean-Gabriel : « Elle se met une pression très haute, mais elle se dépasse quoiqu’il arrive. Par exemple, elle craint l’eau mais est capable de sauter de plusieurs mètres de haut dans la mer. Elle ne lâche rien ». Cette normande d’origine embrasse très tôt une carrière dans la supply chain à la suite de l’obtention de son BTS à Rouen. Un choix qu’elle considère comme « naturel et intuitif » et qui lui permet d’entrer dans le monde du travail rapidement, plus précisément dans l’industrie chimique pour y découvrir la fonction logistique : « Conduite de projet, mise en place d’ERP, gestion des opérations… J’ai abordé des sujets qui m’ont plu dès le départ. Seulement, au bout d’une décennie, j’ai eu envie de passer un cap dans ma carrière. À la recherche d’un nouvel emploi, je suis entrée en contact avec des cabinets qui ont souligné l’intérêt de mon profil, mais aussi l’absence de master dans mes diplômes. J’ai eu envie de me challenger, de réapprendre. Je suis donc repartie préparer un master 2 à l’EM Normandie en logistique et transport international », introduit-elle.

1996 à 2002 : Naissance de ses trois enfants
Juillet 2004 : Obtention de son master 2
Janvier 2016 : Départ aux USA
Décembre 2017 : Retour en France
Septembre 2021 : Nommée désignée directrice supply chain de Raja France

 

L’aventure américaine

Nous sommes en 2003, Laurence Papeil est mariée, elle a 33 ans et trois enfants dont une petite fille de quelques mois seulement. Mais peu importe, elle gère les priorités, s’organise avec une condition sine qua non : que son choix soit « complètement neutre » pour sa famille à qui elle dédie ses week-ends, consacrant ses soirées pour étudier, soutenue par son mari. Et c’est en préparant sa thèse, un an plus tard, que Laurence Papeil entre en contact avec l’entreprise américaine Energizer pour une mission qui pourrait par la suite déboucher sur un poste. La supply chain de la société est alors en train de se créer, après une acquisition. « J’entre chez Energizer dans le cadre d’une mission d’audit de trois mois sur leur distribution européenne. L’expérience s’est conclue par un poste au sein de leur supply chain », explique-t-elle. Sur plus de 12 ans au sein de l’entreprise américaine, elle contribue, entre autres, à quatre intégrations d’acquisitions et multiplie les rôles dans le transport, les douanes, la supply chain, passant finalement responsable d’entrepôts de distribution sur la zone EMEA. « Chez Energizer, Laurence était un des piliers de l’équipe. Elle a pris des responsabilités croissantes au fur et à mesure du développement de l’entreprise et de l’élargissement de ses champs d’action. C’est une personne très engagée et qui donne un sens à ses actions. Une fois convaincue, elle va au bout de son projet, quels que soient les obstacles ou les résistances », soutient un de ses anciens patrons, Dominique Schermesser.

 

Et lorsqu’en 2016 le groupe propose à Laurence Papeil de prendre une fonction globale aux États-Unis, dans l’état du Missouri, elle fonce, avec l’appui de son mari, amoureux du continent américain : « Mon mari m’a toujours beaucoup soutenue et encouragée, il a mis sa carrière de côté et a véritablement été un support incroyable. Et finalement, cette expérience outre-Atlantique a été assez exceptionnelle, multiculturelle, avec un fort esprit collectif malgré la réputation d’individualisme des Américains », souligne-t-elle. Seulement, parmi ses trois enfants, les deux ainés font le choix de rester en France pour poursuivre leurs études. Au bout d’un an, le manque est trop fort, de part et d’autre. Le mari de Laurence rentre, suivi un peu plus tard par la directrice supply chain : « Je crois que nous n’avions pas bien mesuré l’esprit de famille fort que nous avions créé et le besoin que nous avions d’être ensemble. La distance, le décalage horaire… C’était trop. Nous avons fait le choix de nous retrouver pour partager de vrais moments en famille », analyse-t-elle.

 

Tête de série

Laurence Papeil ne parvient pas à trouver un accord avec son entreprise pour retrouver un poste en France. Elle s’oriente alors vers le secteur du e-commerce et saisit l’opportunité d’un poste de directrice transport au sein de l’entreprise Veepee. Elle y reste trois ans pour ensuite rejoindre le groupe Raja en mai 2021 en tant que directrice supply chain pour la France. Sur ce nouveau poste, elle a la tâche, entre autres, de piloter la logistique des trois centres de distribution de la filiale française : « Je rentre au cœur des opérations avec une équipe de près de 300 personnes et donc de forts enjeux humains. Raja est une entreprise qui souhaite développer sa stratégie écoresponsable et se centre véritablement sur la satisfaction client. Cela m’anime énormément », affirme-t-elle. Cette dimension managériale, ce sens de la stratégie, cette détermination, Laurence Papeil les retrouve également dans une passion qui la suit depuis l’âge de 12 ans, le tennis : « Je suis une ex-capitaine d’équipe. C’est un sport très complet qui nécessite stratégie, tactique, technique, physique, mental… Et si c’est à la base une discipline très individuelle, le fait d’être en équipe apporte un aspect plus convivial. Aujourd’hui, je continue à jouer avec mon mari qui est mon partenaire depuis toujours. Ce sont des moments choisis et non subis contrairement aux championnats », confie-t-elle. Et c’est aussi avec son conjoint, pilote accompli, que Laurence s’adonne depuis deux ans à sa nouvelle passion, la moto, avec le plaisir « de ne plus être la passagère, mais au guidon », se dépassant encore un peu plus, jusqu’au prochain challenge.

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