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Logistique inversée : retours vers le futur

31.08.2017 • 09h15
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par Matthew PERGET
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FM Logistic
Considérée le plus souvent comme un mal nécessaire par les chargeurs, la gestion des retours est synonyme de perte sèche de chiffre d’affaires. Pour les e-commerçants en revanche, elle fait partie intégrante de la croissance d’activité. Qu’ils soient pure players, distributeurs physiques ou multicanaux, les vendeurs ont tout intérêt à investir dans leur logistique inversée pour en faire un gage de qualité de service et une opportunité commerciale.

1. FM Logistic aide Lidl dans son succès français

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Depuis septembre 2015, FM Logistic gère les flux de retours de 740 magasins Lidl du Nord de la France sur sa plateforme de Marolles-sur-Seine, en Seine-et-Marne (77). L’entreprise familiale française souhaite renforcer son savoir-faire dans la logistique inversée et en faire un nouvel atout commercial.

Lidl des jeunes, comme des plus vieux. En quelques années, l’enseigne de distribution allemande a su se métamorphoser, laissant tomber son image de hard-discounter qui lui faisait financièrement défaut pour monter en gamme et élargir sa clientèle. Elle se place depuis plusieurs années en tête de plusieurs sondages d’opinion, décrochant ainsi des titres élogieux comme « enseigne préférée des Français » et « meilleure chaîne de magasins ». Ce succès a eu pour conséquence d’augmenter ses volumes de commandes, mais pas son nombre de retours, comme en témoigne Bernard Wehbe, directeur des opérations de FM Logistic France : « L’activité reverse croît de façon générale en distribution, pour la simple raison qu’il existe de plus en plus de flux e-commerce. La reverse magasin en revanche n’augmente pas forcément. Dans notre cas, avec Lidl, elle est plutôt en baisse actuellement. Ils sont victimes de leur succès ; c’est une enseigne qui se porte bien et les ventes magasin aussi. »

 

Partenaire de Lidl depuis 2013 pour des prestations de stockage de palettes en débord, FM Logistic a remporté un appel d’offres visant à assurer la logistique des flux de retours non alimentaires de ses magasins situés dans le Nord de la France. Le logisticien centralise la réception des articles au sein de sa plateforme de Marolles-sur-Seine, en service depuis septembre 2015 et officiellement inaugurée en octobre 2016. « Nous récupérons les marchandises qui n’ont pas été vendues en magasin auprès des directions régionales », explique Bernard Wehbe. Étendue sur 24 000 m2 avec 30 quais de livraison, la plateforme logistique peut accueillir 30 000 palettes. « Elle compte quatre cellules : trois dédiées au stockage et une dans laquelle nous avons mis un trieur mécanisé pour réaliser la préparation inversée et les tris, précise le responsable de FM Logistic. Lorsque nous recevons un camion d’une direction régionale, nous déchargeons la marchandise et traitons les produits en fonction de leur état, car certains sont cassés et ne peuvent pas être remis à la vente. Nous avons une première phase de réception-tri-stockage et une deuxième phase de préparation de commandes, soit homogène ou hétérogène. 90 % des produits sont remis en palettes homogènes, mais dans certains cas nous pouvons composer des assortiments avec les mêmes articles de différents coloris. Nous réalisons également des opérations de stockage professionnel sur certains produits. Nous faisons à la fois de la préparation à l’unité et des box promotionnels. » Deux à trois personnes de Lidl sont constamment présentes sur le site de FM Logistic pour reporter auprès de leur direction marketing. Car c’est cette dernière qui donne les ordres au logisticien et régit son activité. Elle détermine, en fonction des résultats enregistrés dans les magasins et des différentes campagnes promotionnelles, le type de conditionnement que son prestataire devra réaliser selon les produits.

 

Une externalisation fructueuse

FM Logistic a la capacité de traiter des produits dits « hors normes », qui ne peuvent passer sur le circuit automatisé. Il a en outre investi avec Lidl dans la reconstitution d’articles et la filière du recyclage, via des ateliers de réparations et des bennes spécifiques, avec pour volonté commune la réduction au maximum du volume de déchets. L’enseigne de grande distribution, qui traitait auparavant ses retours manuellement et en interne, a considérablement amélioré la rentabilité de sa logistique inversée depuis qu’elle a fait appel à un prestataire spécialisé. « Le fait de mettre en place une logistique performante comme celle de Marolles-sur-Seine évite clairement des pertes importantes de vente, indique Bernard Wehbe. Nous sommes capables de gérer 500 000 UVCs par semaine, et nous sommes à 50 % - 60 % de nos capacités en ce moment, du fait du succès commercial de Lidl qui a très peu de retours en magasin. » De très bons scores pour le distributeur, qui jouit aussi de l’efficacité de son partenaire. Plus ce dernier opérera efficacement sa logistique inversée, moins les magasins auront de chance de retourner une seconde fois les produits car ils auront été bien reconditionnés, emballés et étiquetés.

 

Un cercle vertueux qui, bien qu’il entraîne une diminution de l’activité de la plateforme de Marolles-sur-Seine, a aussi pour conséquence d’intéresser d’autres acteurs, attirés par cette illustration de l’intérêt économique à déléguer et centraliser la gestion des retours. « Nous avons investi plus de trois millions d’euros sur une chaîne mécanisée avec un système d’information fiable, qui nous donne la photographie du stock presque en temps réel, se réjouit Bernard Wehbe. Des sites comme Marolles il n’y en a pas beaucoup. FM Logistic est ainsi interrogé par d’autres distributeurs en qualité de prestataire maîtrisant l’activité reverse. » Le directeur des opérations ne cite pas de nom pour des raisons stratégiques et de confidentialité mais affirme que les demandes sur ce sujet sont de plus en plus nombreuses.

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