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Ayant refusé une offre d’achat de Prologis, Segro renforce ses positions au Royaume-Uni

Segro confirme avoir conclu un accord de principe pour la création d'une nouvelle coentreprise au Royaume-Uni, « avec un important investisseur institutionnel international », d’une valeur brute d’actifs d'environ 3 milliards de livres sterling. Cette annonce intervient peu après le refus d’une offre d’achat de Prologis pour 12,6 milliards de livres (environ 14,77 milliards d’euros).

Publié le 7 juillet 2026 - 15h27
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 SEGRO plc. | Vue en images de synthèse du parc de Segro à Northampton, dans les Midlands de l’Est. 

Ayant « pris acte des récentes spéculations médiatiques », Segro confirme avoir conclu un accord de principe pour la création d'une nouvelle coentreprise d’immobilier logistique au Royaume-Uni, « avec un important investisseur institutionnel international ». D’une valeur brute estimée à quelque 3 milliards de livres sterling (environ 3,5 milliards d’euros), cette joint-venture, en maturation depuis le second semestre 2025, se concentrera sur le Royaume-Uni.

 

925 000 m² de potentiel 

Détenue à parts égales par la foncière britannique et son partenaire (non nommé), la coentreprise visera à développer et exploiter trois grands parcs logistiques outre-Manche, qui, une fois entièrement aménagés, devraient offrir un total d'environ 925 000 m² d'espace. Situés à Radlett (Hertfordshire), Coventry (Midlands de l’Ouest) et Northampton (Midlands de l’Est), ils comprennent actuellement 225 000 m² d'entrepôts loués et disposent de 380 acres de terrains constructibles, soit 154 hectares. Sur le long terme, la finalisation de leur développement permettrait à Segro de considérablement augmenter ses revenus locatifs récurrents. Tous stratégiquement reliés à Londres par l’autoroute M1, les parcs seront vendus à la joint-venture à un prix convenu d'environ 1 milliard de livres sterling (1,17 milliard d’euros).

 

Des livraisons échelonnées jusqu'en 2030

Les dépenses d'investissement futures nécessaires à l'achèvement des trois parcs devraient s'élever à environ 820 millions de livres sterling (961 millions d’euros), les livraisons étant échelonnées jusqu'en 2030. « Le financement devrait provenir d'une combinaison de fonds propres des partenaires et de dettes sans recours auprès de tiers au niveau de la coentreprise », spécifie Segro dans un communiqué. Le propriétaire, gestionnaire et promoteur d'entrepôts et de centres de données précise également que « rien ne permet de garantir qu'une transaction sera finalement conclue », les parties ayant donné leur accord de principe, soumis pour l’heure à vérifications préalables avant les approbations finales.

 

« Ce nouveau partenariat stratégique nous permet de réunir certains des parcs logistiques les plus attractifs du Royaume-Uni au sein d'une structure à faible coût, renforçant ainsi notre capacité d'investissement et démontrant la solidité de notre plateforme de gestion d'actifs », déclare de son côté, sans conditionnel, David Sleath, le directeur général de Segro Plc.

 

Segro refuse une offre de rachat de Prologis

À noter que cette importante annonce survient peu après le refus par Segro d’une offre d’achat de la part de Prologis, adressée le 16 juin dernier à son conseil d’administration. S’étant vu éconduit, après un refus « unanime et sans équivoque » selon les termes de Segro, le géant américain de l’immobilier logistique a alors rendu publique son offre le 24 juin. Une initiative assez rare, d'autant plus compte tenu des montants exposés : la proposition de Prologis valorisait Segro à 12,6 milliards de livres sterling, soit 14,75 milliards d’euros.

 

Une tentative jugée « opportuniste »

Commentant en réaction, Segro a jugé la tentative de son homologue outre-Atlantique « opportuniste », du fait notamment d’une sous-valorisation de son action liée au conflit au Moyen-Orient, ne prenant pas en compte l’attractivité de ses activités ainsi que « ses solides perspectives d’avenir ». « Ce phénomène a été accentué par d’importants enjeux géopolitiques qui ont eu un impact négatif sur les valorisations boursières des secteurs immobiliers britannique et européen par rapport au secteur américain des REIT [sociétés d'investissement immobilier cotées, ndlr] », souligne Segro.


Peu après, le 30 juin, Prologis a publié une présentation aux investisseurs pour justifier la fusion proposée et détailler la valeur qu’elle pourrait créer pour les actionnaires. Il y rappelle notamment sa présence de longue date au Royaume-Uni et en Europe, ses importantes capacités d’investissement et ses « performances exceptionnelles ». « Au cours des cinq dernières années, le rendement total pour les actionnaires de Prologis s'est élevé à 38,6 %, contre une baisse de 20,1 % pour Segro », tacle le groupe de San Francisco.

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