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INTERVIEW

Jean-David Attal : « La supply chain recherche ce que la technologie va pouvoir lui permettre de faire d’ici cinq ou dix ans »

15.12.2016 • 10h40
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par Laurène MATZEU DE VIALAR
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Notre rôle est de parvenir à mettre en avant la réalité digitale de la supply chain et de concrétiser ses avantages aux yeux de nos clients.
Le spécialiste de l’intralogistique, viastore, poursuit son développement et dévoile de nouvelles solutions pour accompagner ses clients vers une transformation digitale efficiente et maîtrisée. Rencontre avec son directeur général, Jean-David Attal.

Pouvez-vous dresser un rapide portrait de votre entreprise et de ses derniers résultats ?

viastore est une entreprise familiale et indépendante, spécialisée dans l’intralogistique. Depuis 125 ans, nous avons successivement été producteurs de mécanique, de systèmes électrifiés, puis automatisés jusqu’à devenir aujourd’hui acteur de la transformation digitale pour la supply chain, par le biais d’outils tels que le big data et les objets connectés. Grâce à cette évolution continue, viastore enregistre une progression constante : nous avons doublé notre taille en cinq ans et jouissons d’une présence mondiale, notamment en Europe, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud et en Asie. En France, nous avons quasiment doublé notre chiffre d’affaires (9 M€) cette année, et avons notamment automatisé la nouvelle usine du groupe Cofel à Criquebeuf-sur-Seine (27). 

 

Vous avez évoqué votre expertise en matière de transformation digitale. A quel moment, dans votre stratégie, est intervenue cette notion ?

Lorsque notre CEO Philipp Hahn-Woernle est arrivé à la tête de l’entreprise en 2013, il a donné un cap, une stratégie à 10 ans, afin de poursuivre notre développement à travers trois piliers : les systèmes via la connaissance et l’expertise dans quelques domaines clés ; le soft avec le développement de viadat, notre WMS et la création de viastore software en 2015 et enfin, les services qui se distinguent par un positionnement sur le big data. Sur ce dernier point, notre volonté est d’apporter à nos clients une meilleure compréhension de leurs process à travers l’analyse de toutes les données émises par leurs différents systèmes. Nous leur permettons ainsi, à la fois d’obtenir une vision agrégée de leur entrepôt : disponibilité, consommation énergétique, mode de pilotage, mais également un meilleur service. Chez viastore, nous sommes capables d’aller chercher chaque donnée instantanée, quel que soit le système et d’en ressortir des indicateurs agrégés. Une stratégie qui permet à la fois d’améliorer les services, le WMS et le pilotage des entrepôts.

 

Concrètement, comment avez-vous mis en place cette stratégie dite « digitale » ?

A partir de notre cap stratégique, chaque entité du groupe a mis en place des plans d’action, coordonnés sur 10 ans. Exemple ? Notre service informatique/pilotage/automatisme a créé un émulateur permettant de tester de façon virtuelle le fonctionnement des centres logistiques automatisés complexes. A chaque fois qu’un centre logistique ou une usine s’équipe d’un système, nous effectuons la validation de son ensemble avant qu’il ne soit construit. L’émulateur effectue ainsi des tests sur les entrées en stock, la préparation d’une commande, … afin de réduire les risques ainsi que le temps de mise en route. Parallèlement, nous travaillons également sur un plan à trois ans pour notre WMS viadat. Dans sa nouvelle version, ce dernier inclut désormais la remontée des indicateurs de performance ainsi que la création d’un cockpit permettant d’optimiser le pilotage de l’entrepôt grâce à des données sur la consommation de l’énergie, le remplissage d’un stock, le temps de préparation de commandes, de disponibilité des systèmes ou bien encore de leur productivité. Enfin, nous proposons également une offre qui combine stockage automatisé, préparation de commandes, convoyeurs, shuttles (colis et palettes) et dans laquelle, nous nous intéressons à un besoin émergent chez nos clients : atteindre, en dehors de la logistique, une meilleure automatisation des flux industriels.

 

De quelle façon vos clients et prospects perçoivent-ils ces nouveaux outils ?

Nous adressons des besoins qui ne sont pas encore totalement exprimés. Tout le monde a entendu parler de la transformation digitale mais elle est encore parfois imaginée de façon fantaisiste, incluant des robots chassant les opérateurs des entrepôts ou bien encore des millions de drones planant au-dessus de nos têtes. Notre rôle est de parvenir à mettre en avant la réalité digitale de la supply chain et de concrétiser ses avantages aux yeux de nos clients. Nombre d’entre eux nous contactent avec une volonté d’amélioration mais ne savent pas toujours comment y parvenir. Néanmoins, ils souhaitent construire l’avenir, comprendre ce qu’il est possible de faire, se le réapproprier pour le reformuler à partir de leur propre entreprise. viastore fait partie de ceux qui sont en mesure de leurs répondre en leur montrant ce qu’il sera possible de réaliser dans un futur proche.

 

Justement, comment envisagez-vous l’avenir de l’entreprise ?

Nous vivons des périodes durant lesquelles il se met en place des standards, comme à l’arrivée des magasins automatisés ou des systèmes de préparation à gares et shuttle. Puis, nous arrivons ensuite à des moments où le marché est en recherche des nouveaux standards à venir. Je pense que nous sommes dans l’une de ces phases. Actuellement, la supply chain recherche ce que la technologie va pouvoir lui permettre de faire d’ici cinq ou dix ans. Notre stratégie est donc de se spécialiser dans un certain nombre de branches industrielles grâce à un savoir-faire de pointe sur quelques métiers. Sur ces derniers, nous avons vocation à être reconnu pour notre vision prospective et opérationnelle.

BUZZ LOG
“Nombre d’études mettent en avant le fait que parmi les enfants qui naissent à l’heure actuelle, 75 % d’entre eux feront un métier qui n’existe pas aujourd’hui. Il y a donc un champ à inventer en supply chain.”
— Stéphanie Nadjarian, Senior Partner du cabinet de conseil Kea & Partners
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