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INTERVIEW

Vincent Secher, ‎directeur commercial chez Objenious by Bouygues Telecom

18.05.2017 • 09h15
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par Matthew PERGET
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© Hervé Hauboldt
Carrefour avait besoin d’une technologie peu énergivore, avec des objets qui puissent être électriquement indépendants pendant au moins six ans.
Objenious, filiale de Bouygues Telecom spécialisée dans l’internet des objets et plus grand opérateur d’un réseau LoRa en France, a été sélectionnée par Carrefour Supply chain France pour installer des capteurs sur ses rolls (conteneurs métalliques à roulettes standardisés). Vincent Secher, ‎directeur commercial d’Objenious by Bouygues Telecom, revient sur leur partenariat et détaille l’avancée du projet.

Pourquoi Carrefour Supply chain France a-t-il fait appel à vos services ?

Carrefour Supply chain France a lancé un programme d’innovation digitale autour de ses métiers. Dans le cadre de ce programme, ils ont élu neuf use cases, dont le nôtre, qui s’inséraient dans des éléments de progrès à mettre en œuvre. Avec Carrefour, nous nous sommes dits qu’il serait pertinent de tester notre technologie sur la gestion des assets. Tous les acteurs n’ont en effet pas de solutions souples, adaptées et économiquement intéressantes pour pouvoir tracer l’ensemble de leurs actifs. Nous avons donc décidé d’isoler un type de support, le roll, et de voir comment nous pouvions bâtir ensemble une solution. Le premier volet de cette solution a consisté à trouver le bon capteur qui pourrait s’intégrer facilement dans un roll, et qui remonterait les données métiers importantes : le géopositionnement du roll, sa température et l’accéléromètre. Nous avons testé trois capteurs différents, avec des installations de trois fois cents capteurs. Nous sommes en train aujourd’hui d’en déployer 10 000.


Quelles étaient les contraintes et les volontés de Carrefour par rapport à la technologie à utiliser ?

Carrefour avait besoin d’une technologie peu énergivore, avec des objets qui puissent être électriquement indépendants pendant au moins six ans. Nous devions également avoir un objet capable de pouvoir transmettre des informations dans des conditions particulières : avec des rolls dans le magasin, à l’extérieur, empilés les uns sur les autres… Il fallait une capacité de joignabilité forte et enfin que le coût soit le plus ajusté possible, puisque l’on parle à termes de quelques centaines de milliers de rolls à équiper. Carrefour avait fait des tests avec d’autres technologies type RFID. Le tag RFID ne coûte pas cher mais cela nécessitait beaucoup d’infrastructures dans les entrepôts et les magasins, ce qui fait que le retour sur investissement n’était pas forcément au rendez-vous. L’avantage avec nos technologies est qu’il y a uniquement besoin de mettre un objet au niveau du roll. Nous nous appuyons sur un réseau d’antennes installées sur l’ensemble de nos points hauts ; il n’y a pas d’infrastructure dédiée chez le client. Objenious a déployé à date 4 300 gateways (antennes) en France, ce qui représente une couverture d’à peu près 93 % de la population et surtout de 88 % du territoire.

 

Où en êtes-vous actuellement dans le projet et avez-vous défini une date de lancement ?

Nous avons trois phases dans le projet. La première, terminée, a consisté à définir l’ensemble du cahier des charges technique nécessaire à mettre en œuvre le capteur, ainsi que la plateforme, développée par Objenious, qui héberge les données pour Carrefour. Cette phase a été concluante et nous rentrons maintenant dans la deuxième phase avec le déploiement de 10 000 capteurs. Cette étape permet à Carrefour de valider l’ensemble de son business model et d’assurer sa capacité à déployer ce type de capteur sur d’autres équipements. La troisième phase prévoit un déploiement de masse avec quelques centaines de milliers d’objets. Nous nous sommes fixés pour objectif "d'appuyer sur le bouton" dès fin mars 2018.

BUZZ LOG
“Les solutions informatisées sont sécurisées, standardisées, sous protocole et donc pas totalement dans l’esprit des solutions digitales.”
— Philippe-Pierre Dornier, président de Datapp
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