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Primo externalisation : comment transformer une logistique sensible sans interrompre les opérations ?

À Toulouse, la Direction de la technique et de l’innovation de la DGAC confie pour la première fois la gestion de ses flux et de ses stocks à un prestataire. GT Logistics détaille les conditions nécessaires pour réussir la transformation d’une activité dont dépend le maintien en condition opérationnelle des systèmes de navigation aérienne.

Publié le 25 septembre 2026 - 15h45 • contenu sponsorisé
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Francois Blazquez

Externaliser une activité logistique déjà structurée constitue toujours une transformation importante. Lorsqu’il s’agit d’une première externalisation, le défi change d’échelle : le prestataire ne reprend pas seulement des opérations, il doit comprendre une organisation construite au fil des années, préserver des savoir-faire et sécuriser la continuité de service avant d’introduire ses propres méthodes.


Le contrat entre la Direction de la technique et de l’innovation (DTI) de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et GT Logistics en offre une illustration. Sur son site toulousain, la DTI gère près de 160 000 pièces correspondant à environ 7 700 références. Ces équipements et pièces de rechange sont destinés au maintien en condition opérationnelle des installations de navigation aérienne et des infrastructures techniques des aéroports, en France métropolitaine comme dans les territoires ultramarins.


Dans ce contexte, la logistique ne se limite pas à réceptionner, stocker et expédier. Sa véritable finalité est de rendre disponible, au bon moment et au bon endroit, une pièce parfaitement identifiée et conforme afin que les équipes techniques puissent intervenir sans délai. Comment reprendre puis transformer une activité aussi sensible sans fragiliser l’existant ? Le projet mené par GT Logistics fait apparaître cinq conditions de réussite.


1. Comprendre la finalité avant de redessiner les flux

La première étape consiste à dépasser la seule description des tâches. Derrière chaque opération logistique se trouve un besoin opérationnel précis. Le contrôle qualité et l’enregistrement informatique sécurisent l’entrée d’une pièce dans le système. La fiabilité du stockage garantit qu’elle pourra être retrouvée immédiatement. La préparation, le conditionnement et l’emballage permettent de la protéger et de l’acheminer vers le site qui en a besoin. Le traitement des matériels obsolètes, leur démantèlement et la récupération de composants réemployables contribuent enfin à une meilleure maîtrise du cycle de vie des équipements.


Cette lecture par la finalité change la manière de concevoir la prestation. Les indicateurs de stock ou les délais de préparation restent indispensables, mais ils doivent être reliés à un objectif plus large : éviter qu’une indisponibilité logistique ne retarde une intervention technique. Le prestataire devient ainsi un maillon de la continuité opérationnelle du client.


2. Transmettre avant de transformer

Dans une primo-externalisation, le risque est de vouloir appliquer trop vite un modèle standard. L’organisation existante repose pourtant sur l’expérience d’agents qui connaissent les références, les usages, les urgences et les particularités des différents sites. Leur savoir constitue une ressource aussi importante que les données contenues dans les outils de gestion.


La phase de transition a associé étroitement les équipes de la DTI. GT Logistics s’appuie sur les processus et les connaissances accumulés pour sécuriser la reprise, avant de faire évoluer progressivement l’organisation. Cette continuité est d’autant plus importante que l’activité ne peut jamais être mise entre parenthèses : les sites opérationnels doivent continuer à recevoir les pièces nécessaires pendant toute la période de bascule.


3. Fiabiliser les données tout en maintenant le service

Avant le démarrage officiel, un inventaire complet du magasin est organisé. Plus de 7 700 références doivent être vérifiées et près de 160 000 pièces comptées, sans interrompre le traitement des demandes. L’objectif ne se limite pas à rapprocher un stock physique d’un stock informatique. Il s’agit de constituer une base fiable à partir de laquelle seront ensuite pilotées la disponibilité des pièces, la traçabilité et la performance du dispositif.


Pour relever ce défi, onze équipiers du groupe d’intervention GT sont mobilisés. Ils viennent de trois sites opérant dans l’agroalimentaire, l’aéronautique militaire et la pétrochimie. Cette organisation permet d’apporter rapidement des compétences de terrain tout en maintenant le niveau de service sur les sites d’origine.


« Pendant que nous comptons, contrôlons et corrigeons les stocks, les sites opérationnels continuent à avoir besoin de pièces. Notre responsabilité est de fiabiliser l’existant tout en garantissant la continuité des opérations », explique Jessica Loisel, Manager de site chez GT Logistics pour la DGAC.


4. Donner au manager les moyens de décider au plus près du terrain

La contrainte de calendrier ajoute une difficulté supplémentaire. En moins de deux mois et pendant la période estivale, il faut recruter une équipe, acheter les équipements, préparer les outils informatiques, définir les processus, organiser le bâtiment et sécuriser le démarrage.


GT Logistics s’appuie pour cela sur un principe d’organisation : le manager du site pilote le projet et prend les décisions opérationnelles au plus près du terrain. Cette autonomie ne signifie pas qu’il agit seul. Ressources humaines, achats, finance, méthodes, sécurité, QHSE et informatique interviennent au fil du projet pour apporter leur expertise. Le manager conserve la responsabilité des choix et du rythme de déploiement, tout en bénéficiant de la force d’un collectif.


Une équipe dédiée d’une petite dizaine de collaborateurs prend ainsi les commandes du site sous la responsabilité de Jessica Loisel. Pour la manager, cette mission fait écho à une première expérience de primo-externalisation menée quelques années plus tôt par GT Logistics pour Biscuit International à Montauban.


5. Faire de la reprise le point de départ de la transformation

La stabilisation de l’activité ne constitue qu’une première étape. GT Logistics accompagne ensuite la DTI dans la réorganisation du bâtiment de stockage, l’optimisation des flux et l’introduction progressive de nouveaux outils digitaux et de technologies de traçabilité. L’objectif est d’obtenir une vision plus précise et plus immédiate des stocks, de réduire le risque d’indisponibilité, de raccourcir les délais de préparation et d’améliorer les conditions de travail.


À partir de septembre 2027, le périmètre confié à GT Logistics doit également s’étendre au transport et aux expéditions, notamment vers les territoires ultramarins.


Une externalisation réussie se mesure à la continuité obtenue

Dans une logistique critique, la réussite ne se mesure donc pas uniquement au nombre de références gérées ou aux gains de productivité. Elle tient à la capacité de garantir que chaque pièce utile soit identifiée, disponible, préparée et acheminée lorsque les équipes opérationnelles en ont besoin.

 

« Notre rôle va bien au-delà de la gestion d’un magasin. En fiabilisant les stocks et en sécurisant chaque étape du flux, notre expertise logistique contribue concrètement à la continuité et à la sécurité de la navigation aérienne française », souligne Philippe Tellier, directeur général de GT Logistics.


La primo-externalisation engagée par la DGAC illustre ainsi une évolution plus large de la logistique industrielle : lorsqu’elle soutient une activité essentielle, la performance d’un magasin devient une composante directe de la résilience des opérations.

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