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Transport de colis : 12 leviers pour alléger la facture sans abîmer l’expérience client

Surcharges, poids volumétrique, bascule colis / palette, offre de livraison… Lors de sa masterclass à Retail Leaders, Matthieu Erly a passé en revue ce que les expéditeurs peuvent actionner dès maintenant pour aborder 2027 en position de force. Une tribune signée du directeur du cabinet ColisConsult, spécialisé en appels d'offres transport colis et palettes, BtoB et BtoC.

Publié le 2 novembre 2026 - 13h29
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 ColisConsult | Matthieu Erly, directeur du cabinet ColisConsult. 

Le transport est encore trop souvent vu comme une ligne de coûts sur laquelle on n’a pas de prise. C’est faux. Une bonne partie des économies se joue avant même de s’asseoir à la table de négociation.

 

Les fondamentaux : reprendre la main sur sa facture

1. Suivre et négocier la surcharge carburant

Indexée sur le prix du gazole, elle s’applique en pourcentage sur le prix du transport, mois après mois. Beaucoup la considèrent comme intouchable. Elle ne l’est pas. Le barème se discute, encore faut-il le suivre de près et savoir comparer celui de chaque transporteur.


2. Détecter les anomalies de facturation
Une facture transporteur, ce sont des milliers de lignes. Poids recalculés, doublons, suppléments injustifiés passent encore trop souvent au travers. Un tableau de bord Power BI, ou aujourd’hui l’IA, permet de les faire remonter en quelques minutes. C’est là que se cachent les premières économies.


3. Traquer les suppléments
Zone éloignée, colis hors normes, livraison à domicile, haute saison… Comparer deux transporteurs sur le seul tarif de base n’a aucun sens. Le prix réel, c’est le tarif plus les suppléments. Ils doivent entrer dans toutes vos comparaisons et dans toutes vos décisions.


4. Maîtriser le poids volumétrique
Sur les huit principaux transporteurs du marché, sept facturent au poids volumétrique. La formule la plus répandue : longueur × largeur × hauteur (en cm) / 5 000. Le poids est ensuite arrondi à la tranche supérieure, par tranche de 500 g ou 1 kg selon les services. Un carton de 40 × 30 × 20 cm est facturé 5 kg. Ajoutez un centimètre sur chaque côté : vous payez 6 kg. L’emballage est une décision transport, pas seulement une décision logistique. Seule exception notable : Colissimo, qui applique une pénalité de « seulement » 0,20 € lorsque le poids volumétrique dépasse de plus de 7 kg le poids réel.


5. Aligner les équipes et massifier les achats
Achats, supply chain, e-commerce, réseau de magasins : chacun négocie dans son coin, parfois avec le même transporteur. Des volumes éclatés, c’est un pouvoir de négociation éclaté. Regroupez-les.


6. Ne pas laisser l’IT décider à votre place
« Impossible de changer de transporteur, l’intégration prendrait six mois. » Je l’entends très souvent. L’informatique doit servir la décision transport, pas la dicter. Une contrainte technique se traite. Un contrat trop cher, lui, se paie tous les mois.


Livraison en magasin : repenser le réassort

7. Revoir fréquence, horaires de livraison et vitesse des retours
Livrer chaque magasin tous les jours, avant 9 heures, a un coût. Les rendez-vous et créneaux horaires sont facturés en supplément. Est-ce vraiment nécessaire partout ? Même logique pour les retours vers l’entrepôt : ils n’ont presque jamais besoin d’aller vite. Ils ont besoin de coûter peu.


8. Privilégier les offres multi-colis

Prenons le cas réel d’un client récent : sept colis de 10 kg au départ d’une plateforme en Seine-et-Marne. Expédiés séparément, ils coûtent 67 €. Regroupés en un seul envoi multi-colis de 70 kg : 46 €. Même marchandise, même destination, près d’un tiers d’écart.


9. Piloter le point de bascule colis / palette, zone par zone
Reprenons nos sept colis. Livrés dans le 77, à 20 km, ils reviennent à 37 € en messagerie palette : c’est l’option la moins chère. Livrés à Nice, à 950 km, la même palette coûte 95 €, quand le multi-colis reste à 46 €.


Il n’y a donc pas de règle universelle. Le bon mode dépend du volume et de la destination. Ce seuil de bascule doit être piloté de façon dynamique, zone géographique par zone géographique.


E-commerce : construire une offre de livraison qui vend

10. Offrir le point relais avant le domicile, intégrer de la dégressivité, ne jamais offrir l’express
Ma recommandation : déclenchez la livraison gratuite en point relais à un seuil plus bas que celle à domicile (39 ou 49 € par exemple), prévoyez des paliers dégressifs selon le montant du panier (la livraison domicile et même express deviennent moins chères quand le relais est offert), et enfin faites toujours payer l’express. Le client vraiment pressé acceptera de payer. Ce n’est pas parce qu’Amazon lui offre la rapidité que vous devez la lui offrir. Ce qu’il veut, c’est une promesse de livraison tenue, et des nouvelles tout au long du trajet. Le « need for speed » est survendu !


11. Afficher clairement les options de livraison à chaque étape
Imaginez un restaurant qui n’affiche pas son menu à l’entrée. Il va perdre des clients. Trop de sites font pareil en cachant les modalités de livraison. La livraison reste la première cause d’abandon de panier. Délais, prix, modes disponibles : tout doit être visible sur la page d’accueil, mais aussi sur les fiches produit, puis dans le panier et jusqu’au paiement. Une mauvaise surprise au moment de payer, et la vente est perdue. Et pour 2027 : remettre ses contrats en jeu.

 

12. Renégocier tarifs et suppléments par des appels d’offres réguliers
Trop d’entreprises se contentent de négociations de gré à gré avec leurs transporteurs existants. Et elles se bornent à négocier à la baisse les hausses ou les nouveaux suppléments. Très souvent, le transporteur parie sur le fait que le client ne bougera pas.


Un appel d’offres bien structuré, avec des données de facturation propres et des volumes consolidés, change le rapport de force. C’est souvent le levier qui produit les gains les plus visibles.


Un mot de transparence, pour finir. Tous les appels d’offres ne valent pas la peine d’être lancés. Quand le gain potentiel n’est pas là, il faut le dire. Nous le disons.

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