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Mobilités

Le transport peut être un élément concurrentiel et différenciant

02.11.2015 • 18h30
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par Pierre Maxime BRANCHE
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2. Trois pistes de progrès... Pour un transport compétitif

Après avois mis en contexte l'activité du transport de marchandises au sein de la supply chain, Alain Borri propose différents axes de réflexion pour faciliter et améliorer son intégration.

Les pistes TMS et mutualisation

 

Les entreprises cherchent à prendre en main le pilotage de leurs flux de transport grâce aux outils ERP, aux pilotages des stocks. Elles s’équipent d’outils destinés à les aider à trouver le bon plan de transport et les bons partenaires. « On sent que cela va être l’émergence des TMS », témoigne Alain Borri. Toujours pour gagner en productivité, les industriels pourraient se laisser tenter par la mutualisation. « Les distributeurs la voit comme un moyen de parvenir à réduire leurs stocks, à livrer plus rapidement et plus souvent, avec des camions complets et donc de réduire leurs kilomètres à vide et leur empreinte carbone. Le but étant d’offrir un meilleur service sans faire exploser leur budget transport. »

 

Se mettre ensemble pour y parvenir est une piste que de plus en plus d’entreprises envisagent. « C’est le plus fort levier possible dans la supply chain. Il n’y a pas d’équivalent. La mutualisation permet un gain de 20 à 30 % des coûts de transport », assure le consultant. Mais cela nécessite des concessions de la part des entreprises faisant ce choix. C’est pourquoi le directeur de Bp2R leur conseille de faire appel à un consultant ou à un spécialiste de 3PL qui jouera le rôle de facilitateur, d’arbitre et garantira la confidentialité de certaines données.

 

Big data et Open data

Autre piste de progrès : travailler sur un transport plus intelligent. « J’entends souvent des transporteurs dire que leur métier n’a pas d’avenir. Je ne partage pas ce point de vue. Au contraire, le transport en a beaucoup mais il devra s’adapter et utiliser les nouvelles technologies, notamment pour optimiser les chargements. On sait que les véhicules circulant sur les routes ne sont chargés qu’à moitié. La marge de progression est conséquente. Il y a 50 % à gagner ». Mais cela nécessitera une évolution, voire une révolution. Pour le consultant, le transport est sans doute le secteur qui a le plus à gagner de l’étude des données, (trafic, congestion du fret…) dans le but d’optimiser ses performances. « S’il y a un métier qui rime bien avec big data et open data, c’est le transport ». Cela nécessitera une mutation technologique mais aussi humaine. « Il n’y a pas assez d’ingénieurs ou de personnes super diplômées chez les transporteurs français. Quand on regarde le profil des salariés des transporteurs allemands ou néerlandais, on constate qu’ils sont davantage diplômés, y compris dans les petites structures. Les Français ne sont pas en avance. Même en Espagne on voit plus de technologie de traçabilité, de pilotage, de suivi des véhicules pour gagner en productivité », constate Alain Borri.

 

Upgrader le transport, une nécessité

« En France le transport est peu enseigné dans les grandes écoles, et guère davantage dans les formations bac +5 en supply chain où sur les 700 heures dispensées par an, une trentaine seulement sont consacrées aux transports, tous modes confondus… À l’Essec on n’évoque que superficiellement le sujet du transport, alors que sans lui rien ne se fait. Aussi, quand les personnes formées dans ces écoles sont en poste, elles n’ont pas les compétences nécessaires. » Ce qui n’est pas sans conséquence. Le consultant a pu constater que parfois cela les amenait à choisir des prestataires transport qui ne leur convenait absolument pas. Or, une bonne adéquation entre besoins de transport et compétences de son prestataire est pourtant une piste de gain de productivité.

 

Il reste du chemin à parcourir pour redonner au transport la place qu’il mérite au sein de la supply chain, mais les choses bougent. « On a déjà progressé. On en est à une prise de conscience de la part des dirigeants de l’importance du transport dans la chaîne logistique. Reste à trouver les solutions pour l’optimiser. » Pour cela il faudra attirer des talents, les former, investir dans la technologie. L’enjeu est important. « Faire de l’ingénierie de flux avec modélisation, création de plateforme cross-dock avec consolidation et déconsolidation permet un gain de 5 %, sans toucher au prix du transport. »

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