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INTERVIEW

Rencontre avec Mercedes Ortiz Garcia, directrice business developpement de Rhenus Logistics France

08.04.2022 • 13h04
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par Charlotte COUSIN
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Rhenus

Nous avons mis en place un outil, Cozero, pour mesurer au niveau mondial l’impact CO2 de la vie de l’entreprise.
Mercedes Ortiz Garcia, la directrice business développement de Rhenus Logistics France évoque les innovations et les nouveaux développements mis en place par l'entreprise en 2021, soulignant ses engagements en matière de RSE et ses pistes de réflexion dans le domaine du foncier.

Quel bilan faites-vous de l’année 2021 pour Rhenus Logistics France ?
Arrivée en septembre 2020 chez Rhenus France, mon premier rôle a été de clarifier notre stratégie de développement de façon à nous donner tous les moyens de coller à nos ambitions à horizon 2025. Nous avons l’objectif de doubler notre chiffre d’affaires en cinq ans avec une croissance annuelle qui avoisine +10 %. Nous sommes pour cela focalisés sur plusieurs secteurs principaux : il s’agit des biens d’équipement industriels, la pharma et le retail spécialisé et des niches comme la chimie et l’alimentaire sec. Il était important de recadrer ces secteurs pour cibler plus étroitement nos actions. Nous avons également repensé la stratégie géographique : nous avons historiquement une présence assez importante dans les clusters alsacien et lyonnais et une présence en région parisienne que nous souhaitons clairement étoffer et consolider. Dans ce sens-là, l’année 2021 a été très positive puisque nous avons réussi à ouvrir trois nouveaux sites, un en région parisienne et deux en région lyonnaise dans le secteur des biens d’équipement industriel. Nous avons par ailleurs lancé les travaux début 2022 d’un nouvel entrepôt pharma de 8 500 m² en température dirigée à Strasbourg, qui va venir compléter une plateforme logistique de 12 500 m² qui était déjà sortie de terre en 2020.


Éprouvez-vous des difficultés de recrutement ?
Il existe en effet une vraie problématique au niveau des bassins d’emploi sur les zones saturées, mais nous avons une très bonne relation avec les centres d’intérim et nous sommes bien implantés sur les territoires, ce qui nous aide. Nous avons par ailleurs mis en place dans notre formation un accompagnement virtuel qui a aidé à l’intégration des nouveaux arrivants. Nous avons également accéléré l’investissement sur certaines solutions technologiques pour la préparation de commandes à travers notamment des manutentions autonomes. Nous sommes ainsi sur une logique de préparation de commandes avec des chariots « Follow Me », c’est-à-dire que le chariot va suivre le préparateur qui va rester sur une zone très restreinte de préparation. De plus, pour éviter des grands déplacements dans l’entrepôt, le chariot va aller vers la zone de filmage à la fin de la préparation, où nous avons mis une housseuse automatique. Cette technologie nous permet de répondre aux pics d’activité, de réduire les besoins en recrutement et surtout de diminuer la pénibilité. Ces engins autonomes ne nécessitant pas de conducteurs, ce qui simplifie les processus de recrutement en termes de qualifications.


Quels sont vos principaux axes de développement en R&D ?
Nous sommes dans une démarche de recherche continue d'innovatioons à travers notre cellule d’innovation centralisée en Allemagne qui aide à coordonner les initiatives réalisées dans les différents pays. Nous avons une plateforme digitale partagée qui est animé avec des retours d’expérience des sites dans lesquels les technologies sont implantées. Nous avons ainsi mis en place des chariots autonomes collaboratifs à Saint-Quentin-Fallavier sur le site de Bjorg, où nous avons travaillé avec Effidence sur la partie robotique. Il s’agit d’un prototype qui n’existe pas sur le marché et qui a pris en compte les spécificités du client. Des chariots élévateurs autonomes ont également été déployé sur un site Seveso pour un client dans la chimie, Arlanxeo.


On a beaucoup parlé de nécessité de résilience après la crise sanitaire, est-ce une notion qui vous parle ?
En effet, nous commençons à réfléchir à notre schéma directeur et à d’autres alternatives en investissant dans la création d’outils logistiques. Nous nous rendons compte que la meilleure façon d’accompagner nos clients dans l’évolution de leur schéma directeur et leur stratégie est de pouvoir leur apporter de la capacité. Et avec cette pénurie importante de foncier et la saturation de certains clusters, nous sommes est en train de nous positionner pour investir sur de nouveaux projets immobiliers. Des « campus », dans le sens où nous ne souhaitons pas l’ouverture de sites de taille moyenne à 18 000  à 20 000 m², mais plutôt se positionner sur des surfaces de 60 000 à 80 000 m² avec plusieurs clients sur un même site. À Lyon, nous sommes déjà en réflexion sur un projet, avec cette volonté d’investir et d’anticiper sur le fait qu’il y aura très peu de mètres carrés dans les mois de venir. Nous pourrons également mener une réflexion sur le déplacement foncier vers d’autres zones : des acteurs industriels, rapatriant des stocks et de la production en Europe, amènent certains barycentres à se déplacer vers le nord de la France ou le centre de l’Europe, à proximité des ports. Des pôles où il peut être intéressant d’investir, du moment qu’ils sont bien connectés au réseau routier et multimodal.


Quels sont les grands engagements de Rhenus en matière de RSE ?
Un des points clés concerne la protection de l’environnement. Nous avons démarré par la mise en place d’un outil, Cozero, pour mesurer au niveau mondial l’impact CO2 sur 12 modules de la vie de l’entreprise : voyages d’affaires, trajets domicile-travail, consommation de fuel, déchets, consommation d’électricité, matériaux de production, rejets dans l’atmosphère, services logistiques, flotte de véhicules, achats de matériels de bureau, eaux usées, achats de services externes. Cela nous a permis de recenser l’ensemble de nos émissions en 2021 et il sera actualisé tous les ans. Nous nous sommes donné comme ambition la neutralité carbone en 2045, 5 ans avant la réglementation européenne, avec évidemment des étapes intermédiaires en 2025 et 2030 avec des réductions progressives. Les axes principaux concernent l’amélioration des véhicules, la typologie d’énergie consommée par les véhicules, l’éco-conduite. Nous intégrons également l’achat responsable pour la consommation des matières premières, avec un accompagnement de nos clients dans l’optimisation de l’utilisation de l’emballage en remplissant mieux les colis. 70 % de nos entrepôts sont d’autre part dotés de Led et nous devrions atteindre 100 % d’ici début 2023.

 

 

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