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INTERVIEW

Relais Colis racheté par Walden : « Cette acquisition est un projet de croissance »

06.09.2022 • 09h00
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par Emilien VILLEROY
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Walden

Nous mettons la rigueur et l’exigence du BtoB au service du BtoC.
Le 23 février 2022, le groupe Walden finalisait l’acquisition de Relais Colis. Une manière d’étendre sa gamme de prestations supply chain en répondant aux besoins du e-commerce et du BtoC. Christophe Cornilleau, PDG de Walden Express International, Ciblex et Relais Colis, revient sur ce rachat et l’intégration du réseau de distribution.

Pour quelles raisons avez-vous fait l’acquisition de Relais Colis ?
Walden Group s’appuie sur deux grands pôles d’activités : le premier, historique, est consacré à la santé, avec des prestations de logistique et de distribution pour l’industrie pharmaceutique dans 16 pays en Europe (vers les pharmacies, les cliniques ou les hôpitaux). Le second est un pôle transport, nommé Walden Express International, qui était principalement composé de la société française Ciblex. Peu connue du grand public, cette dernière se spécialise dans la livraison BtoB, en France, en Belgique et aux Pays-Bas. Le rachat de Relais Colis rentre dans notre stratégie de développement de ce pôle transport. En effet, nous avons observé depuis plusieurs années une perméabilité entre le BtoB et le BtoC, et certains des clients de Ciblex nous demandaient de mettre en place des solutions pour le BtoC. Le fait de s’ouvrir sur ce segment permet donc de répondre à cet enjeu commercial, dans un contexte d’essor du e-commerce, tout en gardant notre focus sur la livraison express premium, qui est au cœur de la stratégie de Ciblex. L’autre enjeu était de répondre à nos besoins capacitaires : en 2021, Walden Express a affiché une augmentation de 18 % de son chiffre d’affaires, avec des besoins matériels et humains. Le rachat d’une entreprise comme Relais Colis nous permet ainsi d’accroître nos capacités. Enfin, il y a un enjeu de durabilité, car la livraison mutualisée et de proximité de Relais Colis nous convenait, d’un point de vue économique et environnemental : moins de carburant, moins d’émissions, à l’inverse de la livraison individuelle à domicile.

 

Comment s’est déroulé ce rapprochement depuis le 23 février ?
Dès le début, nous avons pris la décision de ne pas fusionner les entreprises. L’idée pour nous est d'offrir une solution complète, tout en maintenant des standards de haute qualité et l'expertise de chacune de nos sociétés. En d’autres termes, nous mettons la rigueur et l’exigence du BtoB au service du BtoC, mais sans que le BtoC affecte les flux de notre activité BtoB. Pour autant, il s'agit évidemment de créer des synergies opérationnelles au niveau de nos structures. Ciblex livre 300 000 colis par jour, sur 60 000 points, tandis que Relais Colis gère 150 000 colis par jour sur 6 000 points. Il y a un intérêt à ce que nous mutualisions nos capacités sur le dernier kilomètre pour mettre l’un au service de l’autre, et c’est ce sur quoi nous travaillons depuis février.

 

Comment se déploiera cette complémentarité ?
Nous allons principalement nous axer sur le dernier kilomètre. Aujourd’hui, l’ensemble de ce pôle s’appuie sur 150 sites en France, avec des implantations parfois différentes selon les régions : à Nice par exemple, Ciblex dispose d’une agence, mais pas Relais Colis, tandis qu’à Caen, c’est l’inverse. Des agences se mutualiseront donc, en s’appuyant sur leurs métiers assez complémentaires. Il pourrait aussi y avoir la possibilité de regrouper des agences, mais nous verrons cela progressivement, dans un second temps. Cette acquisition est un projet de croissance : il ne s’agit pas de racheter un concurrent, mais d’élargir nos activités et d’ajouter des compétences, tout en améliorant notre maillage du dernier kilomètre sur le territoire. Du côté de Walden Express, nous ne sommes d’ailleurs pas fermés à l’idée de faire d’autres acquisitions pour des activités premium.

 

Quelles évolutions sont justement à prévoir côté réseau et services ?
Pour Relais Colis, nous voulons étendre le parc de points de proximités. Nous sommes actuellement le troisième plus grand réseau de France, et notre objectif est de croître, en développant également les consignes. Nous allons aussi miser sur de nouveaux services pour s’adresser à un plus grand spectre de clients – plus particulièrement les entités de petite taille. Pour la livraison à domicile des produits encombrants de Relais Colis par exemple, si nous proposons déjà des prestations à valeur ajoutée (livraison du produit dans la pièce, montage, etc), nous souhaitons en développer d’autres prochainement. Aujourd’hui, nous n’en sommes qu’au tout début de notre histoire commune, mais les premières synergies ont été mises en place dès cet été. Grâce à l’apport de Ciblex, Relais Colis a étendu sa capacité de livraison express J+1 à tout le territoire par exemple. Et à l’avenir, nous voulons que certaines agences puissent traiter tout type de colis sur le dernier kilomètre, BtoB comme BtoC, notamment dans le but de gagner en flexibilité et qualité de service. Niveau informatique, nous avons procédé à des modifications pour que chacun puisse avoir une vision sur les colis des autres, mais nous voulons aller plus loin dans cette intégration, par exemple en ayant, à terme, des étiquettes communes. Enfin, sur l’aspect environnemental, nous investissons fortement sur des moyens de livraison éco-responsables. D’ici fin 2023, nous pourrons livrer 16 grandes agglomérations dans l’Hexagone (dont l’Île-de-France) avec des véhicules propres (gaz, électriques). Ce sont des investissements importants, mais il faut impérativement se donner la capacité d’aller vers des activités plus vertueuses.

 

Avec l’inflation et le recul des ventes e-commerce, quel regard posez-vous sur l’année 2022 jusqu’ici ?
Effectivement, les chiffres de la Fevad indiquent une chute du panier moyen e-commerce depuis le début de l’année, avec une baisse jusqu’à -30 % au mois de juin par rapport à 2021. Il faut relativiser, car la crise sanitaire a boosté pendant un temps les activités e-commerce et nous restons, sur le premier semestre 2022, en croissance par rapport à la même période en 2019. Mais il est clair qu’il y a un recul de la consommation, dû à l’inflation, à la fin de la bulle Covid, et aux crises mondiales. Chez Relais Colis et Walden Express, nous restons sereins, car nos chutes de volumes ne sont que de l’ordre de -15 % pour l’instant par rapport à l’année dernière, là encore en croissance par rapport à 2019. De plus, le BtoB se porte toujours aussi bien : en 2021, nous avons fait +18 % de chiffre d’affaires sur ce segment, avec une tendance à +15 % pour 2022, ce qui compense largement le petit recul sur le marché du BtoC. Ensuite, il faut rester vigilant : nous allons analyser les volumes de la rentrée avec intérêt, notamment avec le Black Friday...

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