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Peak Season en France : 5 réflexes que les retailers devraient mettre en place dès maintenant

Une tribune signée par Chirstophe Mathevet, directeur des ventes France d'Infios, acteur mondial de l'exécution intelligente de la supply chain.

Publié le 21 septembre 2026 - 17h12
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 Maryna - stock.adobe.com

Pour les consommateurs, Noël est encore loin. Pour les supply chains, la Peak Season a déjà commencé. Les retailers avancent leurs achats et font entrer plus tôt les produits saisonniers dans leurs réseaux. L’objectif est clair : sécuriser les stocks, limiter l’exposition aux perturbations et éviter les ruptures lorsque la demande s’accélérera. Mais cette stratégie a une contrepartie. Anticiper ne supprime pas l’incertitude : cela déplace simplement le risque.

 

L’incertitude est d’ailleurs déjà perceptible dans l’industrie française. En avril 2026, 18 % des entreprises manufacturières déclaraient rencontrer des difficultés d’approvisionnement, contre 11 % en moyenne sur longue période, selon l’Insee. En juillet, cette proportion atteignait 22 %.

 

Dans ce contexte, le véritable enjeu de la Peak Season n’est plus de prédire parfaitement la demande. C’est de construire une supply chain capable de réagir lorsque les prévisions se trompent. Car faire arriver les marchandises plus tôt signifie aussi immobiliser du stock plus longtemps, mobiliser davantage de capacité d’entreposage et décider de leur localisation avant même de savoir précisément où et quand les consommateurs achèteront.

 

Les retailers doivent donc changer de réflexe : plutôt que de chercher à éliminer l’incertitude, ils doivent apprendre à la gérer. Cinq priorités deviennent alors essentielles.

 

 

1. Ne plus regarder uniquement le prix

Le prix d’achat ou le tarif de transport ne racontent qu’une partie de l’histoire. Droits de douane, fret, stockage, manutention, conformité et coût potentiel des retards doivent entrer dans l’équation. Le transport le moins cher peut ainsi devenir le plus coûteux s’il augmente le risque de perturbation. La fiabilité et la résilience ont désormais un prix et parfois, elles valent davantage que quelques économies immédiates.

 

 

2. Avoir du stock ne suffit plus

Arriver tôt est une chose. Être au bon endroit au bon moment en est une autre. Accumuler des stocks peut sécuriser l’approvisionnement, mais aussi immobiliser du capital et créer de nouveaux déséquilibres. La priorité doit donc être la capacité à réallouer rapidement les stocks entre entrepôts, magasins et canaux de vente lorsque la demande évolue.

 

 

3. Ne pas dépendre d’un seul scénario de transport

Une supply chain résiliente ne repose pas sur un unique transporteur, itinéraire ou mode de transport. Selon l’urgence et la valeur des produits, les retailers doivent pouvoir combiner routier, ferroviaire, intermodal ou aérien. L’enjeu n’est pas de choisir aujourd’hui le meilleur scénario, mais de disposer de plusieurs options lorsque les conditions changent.

 

 

4. Accepter que les prévisions se tromperont

Même les modèles les plus performants ne peuvent anticiper chaque tendance, promotion ou changement soudain du comportement des consommateurs.
La différence se fera donc moins sur la précision initiale des prévisions que sur la vitesse de réaction. Qui peut détecter un écart, déplacer ses stocks, modifier ses priorités ou accélérer un réapprovisionnement avant que le problème ne devienne critique ? C’est cette capacité d’exécution qui devient un véritable avantage concurrentiel.

 

 

5. Faire tomber les silos

Stocks, commandes, entrepôts et transport restent encore trop souvent pilotés séparément. Or, une décision optimale dans un maillon peut dégrader la performance de l’ensemble. La priorité est désormais de connecter ces décisions pour arbitrer simultanément disponibilité, capacité, coûts, délais et rentabilité. C’est également là que l’IA peut changer la donne. En analysant les données opérationnelles en temps réel, elle peut identifier les risques émergents, comparer différents scénarios, recommander des mouvements de stocks ou des choix de transport et automatiser certaines tâches de conformité.


L’objectif n’est pas de remplacer les équipes supply chain. Il est de leur donner les moyens de voir plus tôt, décider plus vite et agir avec davantage de confiance. La Peak Season ne se gagnera donc pas simplement avec davantage de stocks ou des prévisions toujours plus sophistiquées. Elle se gagnera avec une supply chain capable de s’adapter en continu. Car dans un environnement où les coûts, les capacités de transport et la demande peuvent changer en quelques jours, la résilience ne consiste plus à prévoir tous les scénarios. Elle consiste à être prêt à changer de scénario.

 

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