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Gestion du transport : les TMS prennent de la vitesse

01.12.2016 • 09h30
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par Matthew PERGET
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© sittinan / Fotolia
AU SOMMAIRE
1
Un marché en plein développement
2
De nombreux freins à l'équipement
3
Le vaste chantier de la digitalisation
4
Shippeo aide Henkel à mieux échanger avec ses partenaires
5
facteur de démocratisation des TMS ?
6
Vers une intégration des TMS au sein de solutions logicielles unifiées ?
7
un critère de second plan dans le choix d'une solution
8
Une demande en TMS de nouveau poussée par la loi ?
Les TMS pour Transport management systems, sont des logiciels de gestion du transport aux fonctionnalités étendues. Ils peuvent couvrir, en fonction des segments de marché auxquels ils s’adressent, des dimensions aussi bien exécutives, opérationnelles que stratégiques. Conçus initialement pour permettre aux transporteurs et aux prestataires logistiques de maîtriser leurs flux physiques et informatifs, les TMS intéressent depuis quelques années les chargeurs. Le besoin accru en échange de données, la collaboration entre acteurs, le développement du mode SaaS ainsi que l’évolution réglementaire en matière de protection de l’environnement pourraient favoriser le taux d’équipement en TMS des acteurs de la logistique et du transport.

1. TMS chargeurs : Un marché en plein développement

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Si le marché des transporteurs français est historiquement bien équipé en TMS, avec des solutions relativement bien définies et rôdées, celui des TMS orientés chargeurs est, pour sa part, en phase d’expansion.

Note

* Les chiffres sur le taux d’équipement en TMS des chargeurs en France et aux États-Unis sont issus de The Transportation Management Benchmark Report, étude publiée en 2006 par la société américaine Aberdeen Group, Inc. Les pourcentages, bien que cités de nouveau en 2011 et 2012 par Aberdeen, ont vraisemblablement évolué depuis.

Sous l’appellation Transport management systems peuvent se retrouver pléthore de fonctionnalités différentes, allant de l’optimisation des tournées de livraison à l’édition d’étiquettes en passant par le sourcing logistique. Bien qu’elles soient singulières, deux marchés distincts se détachent pour ce type de solutions : les prestataires d’un côté, qu’ils soient transporteurs ou transitaires, et les chargeurs, propriétaires des marchandises. « Du côté des prestataires, c’est un marché de renouvellement qui existe déjà depuis de nombreuses années, expose Jérôme Bour, Pdg de l’éditeur de TMS DDS Logistics. Nous sommes sur des offres mûres avec un marché ayant un taux d’équipement très élevé. À l’inverse dans le monde des chargeurs, cela reste un mouvement récent. Il demeure encore peu de domaine applicatif où le taux d’équipement est aussi faible. » 

 

Selon le Livre blanc : Transportation Management System publié en mars 2016 par Acteos, éditeur et intégrateur de logiciels supply chain, moins d’un chargeur sur dix serait équipé d’un TMS en France. Ils seraient 39 % à l’être aux États-Unis *. Comment expliquer un tel écart ? « Cela est premièrement lié à une méconnaissance des systèmes, répond Fabien Petitjean, chef de produit sur la gamme transport chez Acteos et auteur du livre blanc. D’autre part il y a aussi le fait que le transport n’était pas forcément, jusqu’il y a quelques années, le principal poste de coût sur la supply chain. Les prix de transport ont augmenté et représentent désormais à peu près la moitié des coûts logistiques d’une entreprise du secteur. C’est une des raisons qui fait que les chargeurs français commencent à s’intéresser au TMS. » Ayant tendance à pousser leurs négociations tarifaires avec les transporteurs vers le bas, les industriels et distributeurs doivent trouver d’autres moyens pour réduire leur budget transport.

 

En outre, l’exigence accrue des intermédiaires et des clients finaux en matière de traçabilité des commandes et de respect des délais de livraison pousse les chargeurs à s’équiper de solutions leur permettant d’améliorer leur qualité de service. « Le transport était auparavant un parent pauvre, considéré comme un mal nécessaire, se souvient Michel Waterschoot, directeur commercial de l’éditeur Descartes pour la France, l’Europe du Sud et le Moyen-Orient. Il y a eu une prise de conscience de ces coûts avec la crise pétrolière. Plus récemment, nos clients chargeurs ou 3 ou 4PL, dont le transport n’est pour la plupart pas l’activité principale, ont compris que ce pôle pouvait être un levier à valoriser et devenir un facteur de différenciation. Cela induit le choix de solutions de gestion efficaces. Nous avons constaté une évolution de la demande du marché, avec une tendance à combiner deux technologies qui étaient auparavant cloisonnées : celles liées à l’organisation du transport et celles dédiées à l’optimisation des tournées. » Bien qu’ils soient intimement liés, ces deux éléments font appel à des fonctionnalités propres. Pour gagner en efficacité dans son organisation transport, une entreprise fera appel à des systèmes informatisés comprenant la gestion des ordres de transport, le suivi des budgets, la préfacturation… Une solution d’optimisation des tournées se concentrera quant à elle plus sur des aspects de planification de l’attribution des ressources, de calcul des itinéraires de livraison ou encore de gestion des prises de rendez-vous.

 

Des besoins en optimisation du transport

Longtemps laissées de côté par les chargeurs, ces fonctionnalités d’optimisation des tournées et/ou des itinéraires gagnent en intérêt comme a pu le constater Morgan Brouard, responsable de l’activité logistique de Kratzer Automation, éditeur de la suite progicielle cadis : « Il y a deux ans et demi, nous avons intégré dans notre TMS la partie optimisation des tournées de manière globale, après avoir eu de nombreuses discussions avec nos clients nous confirmant qu’ils étaient psychologiquement prêts à modifier leur organisation dans les entrepôts. Les demandes sont très fortes en ce moment sur la partie optimisation de tournées et itinéraires. » Cette accélération de la demande en optimisation du transport chez les chargeurs favorise la multiplication des solutions et nourrit un marché de l’édition logicielle logistique demandeur de nouvelles applications.

 

Car les chargeurs ont pour la plupart depuis longtemps automatisé leurs processus de préparation de commandes, de production, de gestion d’entrepôt. « Le WMS est un marché qui arrive à maturité, témoigne Grégoire Garcia, responsable du développement international de KLS Logistic, éditeur de WMS et distributeur exclusif pour la France, depuis début 2016, du TMS Routyn développé par Wide Scope. Le TMS en revanche est en train de monter, avec un fort potentiel de croissance. Nous avons surtout pu constater cette augmentation de la demande sur les salons. Le simple fait d’avoir apposé les lettres TMS en vue, sans avoir particulièrement communiqué sur notre nouvelle solution, a attiré beaucoup de prospects et de clients qui ont déjà leurs propres flottes, ont optimisé leur entrepôt et souhaitent améliorer la partie transport. »

 

Selon une étude publiée en octobre 2016 par l'éditeur d'applications collaboratives Generix Group et l'éditeur de solutions de ciblage pour les campagnes marketing Sparklane, 36 % des entreprises françaises utilisent le même WMS depuis plus d’une décennie. Seules 13 % des entreprises interrogées (102 entreprises françaises d’une taille minimum de 150 salariés avec un chiffre d’affaires d’au moins 20 millions d’euros) avaient un WMS âgé de moins d’un an. Le TMS s’affirme ainsi, chez les éditeurs de WMS, comme un moyen d’attirer de nouveaux clients, via des partenariats ou en développant son logiciel en interne.

BUZZ LOG
“Donner au client un traitement de l’information qui va lui permettre de prendre de bonnes décisions pour sa supply chain sera demain notre métier de logisticien 4.0”
— Bruno Hug de Larauze, Pdg d’Idea
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