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Innovation

Planification & prévisions : la supply chain voit toujours plus loin

05.10.2017 • 11h11
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par Matthew PERGET
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Ils voient mieux et président mieux, mais ils n’ont pas trouvé de boule magique infaillible. Les acteurs de la supply chain devront encore attendre avant de pouvoir être sûrs de leurs prévisions à court, moyen et surtout long terme. Si les éditeurs de logiciels de planification de la supply chain, de prévisions des ventes et de la demande, n’ont pas trouvé ou développé d’outils miracles, ils proposent en revanche des solutions de plus en plus puissantes et autonomes, faciles à paramétrer et à maîtriser, accompagnées de méthodologies plus adaptées à des contraintes données. La diversité de l’offre logicielle n’a jamais été aussi grande. Reste à s’y retrouver dans ce marché en pleine refonte, porté aussi bien par la dématérialisation, la centralisation et la spécialisation des applications.

1. Des solutions d’ensemble & sectorielles

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Le marché de l’édition de logiciels de planification et de prévision appliqués à la supply chain fourmille d’outils aux couvertures et fonctionnalités différentes. Deux types de solutions se distinguent : celles couvrant un large périmètre d’applications et de secteurs et celles très spécialisées, orientées métiers.

Dans le vaste monde des solutions d’optimisation de la planification de la production et d’amélioration des prévisions des ventes et de la demande, il peut être facile de se perdre tant les terminologies sont nombreuses et se rapportent à des éléments variés. Les systèmes de planification avancée – APS (Advanced planning system) – ou encore les logiciels d’aide à la mise en place d’un processus S&OP (Sales and operations planning) englobent une telle quantité de fonctionnalités qu’il est impossible de deviner leur couverture sans en connaître le détail. Ils peuvent qui plus est faire partie de produits encore plus larges visant à piloter la supply chain de bout en bout (solutions dites « end-to-end ») en s’interfaçant par exemple à des ERP, des WMS ou encore des TMS.

 

Pour se démarquer dans cette foultitude d’applications et d’appellations parfois confuses, les éditeurs jouent la carte de la modularité et/ou de la spécialisation. Quand certains proposent de couvrir le plus de fonctions possibles en sélectionnant des briques parmi un catalogue applicatif, d’autres préfèrent ne développer que des logiciels adaptés à un secteur précis sur lequel ils sont ou tendent à devenir des sociétés référentes. Il n’y a cependant pas forcément de dichotomie entre un éditeur spécialisé dans un domaine particulier et un autre ayant opté pour une approche dite « tout intégré ». Un éditeur généraliste peut très bien proposer des applications métiers pertinentes, de même qu’un autre plus spécialisé peut sortir des sentiers battus et attaquer d’autres secteurs avec succès. Rien n’empêche également un client d’activer un premier module dans un logiciel de type APS et d’effectuer des tests, puis d’en choisir d’autres s’ils s’avèrent concluants. Cette démarche progressive est d’autant plus intéressante pour les sociétés se tournant vers leur première solution de planification et de prévision et qui ne maîtrisent pas bien ces sujets.  

 

Adaptation à la maturité supply chain d’une entreprise

Pour Pascal Garsmeur, chef de produits chez DynaSys, éditeur de solutions de demand & supply chain planning (DSCP), il est en effet plus prudent de procéder par étape : « Les entreprises sont dans un mouvement de maturité par rapport à leurs processus supply chain, introduit-il. Mieux vaut gravir les échelons pas à pas que de vouloir en faire trop d'un seul coup jusqu'à l'échec. C’est pour cela que DynaSys, de par son approche fondée sur l’activation de processus sur une plateforme complète avec la possibilité de faire des choses simples ou complexes, permet de s’adapter au niveau de maturité de l’entreprise et de lui faire gravir à chaque fois la bonne marche. » Parmi les demandes les plus récurrentes chez DynaSys et sa solution cloud DCSP, Pascal Garsmeur évoque l’importance du module de demand planning (qualifié comme une « solution de prévision des ventes collaborative ») : « Il reste encore énormément de choses à faire dans ce domaine où les entreprises ne sont pas toujours très performantes. La problématique touchant à l'amélioration de la prévision des ventes et notamment au meilleur dimensionnement des stocks de sécurité demeure un sujet majeur. Chez d’autres clients, cela peut concerner la partie production planning ou procurement planning. »

 

L’éditeur, division du groupe américain QAD, a déjà eu à activer pour certains de ses clients importants l’ensemble des fonctionnalités couvertes par DSCP. Il précise cependant que ce type de demande n’est pas monnaie courante et que la plupart de ses appels d’offres concerne un ou deux de ses quatre modules centraux (procurement planning, production planning, distribution planning et demand planning), avec dans certains cas un volet stratégique supplémentaire comme le S&OP et l’optimireprésation des réseaux logistiques (module network and inventory optimization). L’ensemble de ces fonctionnalités, incorporées au sein d’une solution APS comme celle de DynaSys, ont toutes un point commun : elles se fondent sur des simulations, des prévisions, des estimations. Elles permettent, en fonction du domaine auquel elles se rattachent (production, distribution, approvisionnement…) d’améliorer l’organisation des usines, des entrepôts logistiques, des transporteurs et des magasins sur des échelles de temps allant de l’instant T à plusieurs semaines, mois voire années pour les estimations tendancielles ou conjoncturelles les plus vagues.  

 

L’importance des prévisions

Des éditeurs comme Acteos et sa solution SCM 4.0 prônent eux aussi la transversalité applicative, avec pour leur part la possibilité de connecter leur moteur de prévision « supply chain natif » aux différentes briques métiers FPS (forecasting & procurement system, qu’Acteos décrit comme « un logiciel logistique de prévision de la demande et de gestion des approvisionnements multiniveaux »), WMS et TMS. La complémentarité des trois solutions, qui peuvent cependant être activées indépendamment, offre une gestion élargie et affinée des activités supply chain tant la gestion de l’approvisionnement, de l’entrepôt et du transport entretiennent des liens étroits et ont besoin de prévisions pour mieux fonctionner. « Sans la prévision, nous nous retrouverions au niveau exécution avec une visibilité sur les flux sortants limitée quasiment à la journée, explique Giovanni Guzzardi, consultant SCM et chef de produit WMS d’Acteos. Sur les flux entrants nous aurions une visibilité un peu plus large mais cela resterait très restrictif. Le fait d’introduire de la prévision va permettre de récupérer une visibilité sur le futur, sur les volumes à traiter. À l’aide d’un TMS, nous allons également pouvoir disposer des dates de préparation obligatoires pour des départs entrepôt, ce qui va permettre de réorganiser dans le futur la planification des différentes charges ».

 

Fabien Petitjean, chef de produit TMS d’Acteos, détaille quant à lui l’apport des prévisions sur l’optimisation de la partie transport : « L’objectif est d’être capable d’anticiper la planification sans avoir forcément reçu les demandes de transport de la part des clients, des fournisseurs chez lesquels nous devons faire de l’enlèvement ou de la distribution. Nous nous appuyons pour cela sur notre moteur de prévisions qui va générer des sortes de commandes fictives, représation sentatives des flux que nous observons habituellement sur un périmètre donné, en fonction des points d’origine, des points de destination, des volumétries, des typologies de produits… Nous allons mettre à jour ces informations au moment où les véritables commandes tomberont, ou lors d’une heure de fin de prise de commandes. Sur cette tranche horaire, nous allons considérer que toutes les commandes réelles sont vraiment tombées et allons confronter les données avec celles du moteur de prévisions. À partir du moment où nous pouvons planifier le transport sur la base de données prévisionnelles, nous allons être capables d’identifier le nombre de véhicules qui seront nécessaires pour une journée et pourrons éventuellement déterminer s’il y a besoin de faire appels à des sous-traitants, à de l’affrètement, etc. » Complètes, les solutions comme celles d’Acteos peuvent intéresser des industriels, chargeurs et transporteurs de différents secteurs d’activités. Elles n’occultent cependant pas celles d’éditeurs plus spécialisés, qui ont tous leur place de par la grande technicité, complexité et pluralité des projets d’amélioration de la planification et des prévisions.

BUZZ LOG
“Tirer parti des standards GS1 doit rendre plus interopérables les applications blockchain dans la supply chain.”
— Yorke Rhodes III, global business strategist blockchain de Microsoft
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