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PORTRAIT

François MONDOU, un ingénieur sans frontières

11.04.2016 • 10h15
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par Laurène MATZEU DE VIALAR
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François Mondou est un homme profondément vivant. Il aime la vie, la vraie. Et la parcourt avec franchise, honnêteté et un gout du challenge immodéré. De Paris à Téhéran, des États-Unis à l’Afrique, cet ingénieur passionné donne et reçoit tout ce que le monde peut lui apporter de bon.

Un voilier et un voyage, de Vancouver à Ushuaïa. François et son père sont parés, prêts à naviguer en tête-à-tête, face à la mer. La route sera longue mais le plaisir intense. De ses extraordinaires aventures humaines et maritimes, l’ingénieur gardera le souvenir ému, d’un père « globe-trotter, aventurier, mais pas casse-cou, qui n’avait peur de rien ». 40 ans plus tard et malgré le départ de son père – dont on dispersa les cendres dans l’océan Pacifique –, sa passion pour la mer et les voyages reste intacte. François Mondou, aussi enseignant, chef d’entreprise et touche-à-tout passionné et innovant, continue de parcourir le monde avec une envie débordante de le découvrir et le comprendre. Tout aussi solitaire que désireux de s’ouvrir aux autres, là est toute l’ambivalence de François Mondou.

 

Tout jeune, et malgré un destin tracé pour ce fils de grand industriel, il embrasse une carrière de séminariste. Une décision née de son admiration pour son cousin Bernard, missionnaire dominicain venant saluer la famille deux ou trois fois l’an : « Il débarquait dans une bure marron avec une corde blanche en guise de ceinture, j’étais fasciné par ce personnage qui venait d’Afrique et aux histoires extraordinaires ». Il y découvre un espace de réflexion incroyable et la richesse d’un enseignement dispensé sous les voûtes d’une architecture gothique, au coeur du silence et de la chaleur d’une bibliothèque feutrée, ornée de boiseries exceptionnelles. Pourtant, à l’ultime moment, il renonce à prononcer ses voeux, trop attiré par l’agitation d’un monde extérieur trépidant. Avec 500 francs anciens en poche et la bénédiction de son patriarche, il découvrira l’Angleterre, l’Italie, l’Allemagne, puis plus tard, l’Iran, l’Irak, la Turquie, la Syrie, le Liban, la Lybie et l’Arabie saoudite : « Lorsque l’on sort d’une bibliothèque de séminaire ou d’université, on ne peut pas ignorer le monde arabe, les mathématiques, les Lumières, le Croissant, tous ces éléments-là me fascinaient aussi. Je voulais connaître ce Proche et Moyen-Orient. »

1978 : À Stockholm, rencontre avec sa future épouse
1981 - 1985 : Naissance de ses enfants
1986 : Du labo de recherche à la création de sa société d'ingénierie en Allemagne
1995 : Après 25 ans de voyages au long cours, retour en Europe
2011 : Ouverture d'une filiale française

 

Force vive et active

« Un jour, on sonne à la porte. Je regarde par l’oeil-de-boeuf, je vois un homme au teint très mat et à la barbe brune fournie. Je ne le connais pas. Je suis seule à la maison et enceinte. J’ai peur, je refuse d’ouvrir la porte, avant de réaliser qu’il s’agit en fait de François », se souvient son épouse. François, alors fondé de pouvoir dans la région, travaille sur des terres mouvementées. Retenu en otage en Iran puis à Beyrouth, habile négociateur et véritable caméléon, il doit sa sagesse à une expérience en bataillon disciplinaire, régiment d’infanterie commando : « J’ai appris à me confronter à un milieu qui n’était pas le mien, beaucoup d’appelés sortaient de prison et nous, gradés, étions chargés de les faire rentrer dans le rang. Là, on apprend la négo. Il n’y a personne qu’on ne puisse remettre dans un collectif. À la fin, ces gars-là étaient devenus mes meilleurs copains ».

 

Encore jeune, le fils d’industriel a déjà vécu mille vies. Désormais père de deux enfants, il décide de se recentrer sur L’Afrique et l’Europe. Il réalise alors des usines clé en main et s’intéresse de très près à la haute technologie. Mais quelques années plus tôt, il a créé sur les bancs de l’école en Allemagne, la société SDZ : « De grands groupes allemands tels que Siemens, Volkswagen ou Mercedes nous ont fait confiance et requéraient nos services pour imaginer et planifier des extensions d’usines. » Alors, après avoir expérimenté le monde, l’ingénieur se fixe un objectif : redevenir acteur de sa société en contribuant, modestement, à une dynamique économique et industrielle à la française. « Il y avait un certain retard en France notamment sur la robotique associée à la logistique, en même temps que l’on assistait ces 30 dernières années au déclin de l’industrie française. J’ai voulu concourir à transférer toute l’expérience acquise ailleurs sur mon propre marché. » Bien lui en a pris. Aujourd’hui, les projets ne cessent d’affluer. L’ingénieur visionnaire, pédagogue investi, a su s’entourer d’une équipe « d’aigles, tous incroyables », dont son fils Jean-Baptiste dont il se dit « très fier », et poursuit sa carrière comme il mène sa vie, tambour battant : « C’est un homme très créatif, il a une idée par minute ! Il anticipe énormément les choses, parfois même trop », analyse sa femme.

 

Enseignant à l’Essec et aux Ponts et Chaussées, – « Je renvoie l’ascenseur aux personnes qui m’ont formées et m’ont données une chance de raisonner, d’ouvrir des perspectives avec eux » – François Mondou est un passionné engagé : « Il est extraordinaire sur la pédagogie, connait extrêmement bien son métier, et sait choisir ses mots et faire passer ses idées », témoigne Bruno Roudaut, client de SDZ, adhérent E. Leclerc à Saint- Brandan (22) et responsable logistique pour la Scarmor. « Ce n’est pas un vendeur de matériels », termine-t-il. Et pour cause, franc et honnête, François Mondou mise sur un esprit de partenariat pour collaborer en bonne intelligence avec ses clients. « Nous avons travaillé au feeling. François aime échanger et partager son expérience. Il fait attention aux personnes avec lesquelles il travaille », détaille ainsi Jean-François Hecke, responsable logistique chez Petzl. Son parler-vrai et son sens du partage font partie de ces forces. Résolument tourné vers l’avenir, François Mondou tient très fortement à la notion de transmission : « Les jeunes que je côtoie sont brillants, intelligents et posent les problèmes avec une telle aisance et une telle lumière qu’ils me galvanisent. Je ne me suis jamais senti vieux, mais ils m’insufflent autre chose. En les regardant, je pourrais presque m’arrêter et les admirer comme je peux le faire avec une toile de peinture ». Mais aussi, pourquoi pas, s’arrêter pour en profiter et hisser la voile avec sa femme jusqu’en Nouvelle-Zélande et accomplir encore un de ses très nombreux rêves.

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