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INTERVIEW

Carl Lauron, président-fondateur de BuyCo

15.06.2017 • 09h15
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par Laurène MATZEU DE VIALAR
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Il y a un incroyable retard en termes d’optimisation et de digitalisation des process sur nos métiers.
Fondée en mai 2015, la start-up marseillaise BuyCo a pour ambition de digitaliser le freight forwarding mondial, aidant les transitaires de moyenne et petite taille à peser davantage sur un marché considérable.

De quel constat est né BuyCo ?

Après sept ans au sein de la CMA-CGM en tant que responsable monde de l’activité transit freight forwarding puis comme patron de l’innovation, j’ai tout logiquement voulu travailler autour de l’innovation dans le freight forwarding, réalisant ce qu’il était possible de faire avec les nouvelles technologies, que ce soient les plateformes collaboratives ou la blockchain. Malgré un marché absolument colossal de plusieurs centaines de milliards par an, mes équipes travaillaient dans la complexité, la paperasse, de façon très manuelle. Il y a un incroyable retard en termes d’optimisation et de digitalisation des process sur nos métiers. Quand vous avez un transport de Chine vers la France avec une dizaine d’intervenants successifs, la coordination du transport est faite par téléphone, mail, Skype… avec des risques et des difficultés opérationnelles à tous les étages. Nous avons donc passé pas mal de temps à analyser cette complexité et monté une plateforme nous permettant de digitaliser la plus grande partie des processus opérationnels pour donner des avantages aux acteurs de la chaîne.

 

Comment fonctionne cette plateforme ?

Transitaires et expéditeurs se connectent directement auprès des compagnies maritimes afin que les processus documentaires et tracking soient effectués sur la plateforme. Cela implique un coût mensuel, auquel s’ajoute un coût de transaction de quelques dollars à chaque fois que l’on permet à un client de collaborer de façon plus efficace avec les différents acteurs de sa supply chain. C’est un peu comme si nous leur proposions un outil de gestion de leur chaîne logistique en mode SaaS, sans investissement avec une facturation uniquement à la consommation. Nos partenaires privilégiés sont des freight forwarders de petite et moyenne taille. Ils sont actuellement au nombre de 40 et nous sommes en train de travailler avec un réseau entier pour en ajouter 150. Nous aurons donc potentiellement environ 200 partenaires d’ici quelques mois.

 

Qu’apporte votre outil à ses utilisateurs ?

Cela permet aux transitaires d’offrir à leurs clients des services avec une valeur ajoutée beaucoup plus importante et de jouir d’un réseau international pour s’imposer face à des entreprises comme DHL, Khuene+Nagel... Cela les positionne dans une dynamique stratégique beaucoup plus positive et agressive. Côté client final, importateur ou exportateur, nous apportons une visibilité totale sur l’expédition à la fois au niveau des coûts mais surtout au niveau de la réalisation du transport. Ils atteignent ainsi un niveau de contrôle et de suivi extrêmement important. Parallèlement, les audits démontrent également un impact sur les coûts directs et la réduction des coûts de non-qualité. Ainsi, grâce à l’ensemble de ces process digitaux, nous réalisons des reportings pointus permettant de quantifier les problèmes, de suivre leur évolution, d’en identifier les causes et de les réduire. Nous effectuons de l’amélioration continue grâce à la donnée.

 

Quels effets pourraient avoir les nouvelles technologies comme l’IoT ou la blockchain sur votre plateforme ?

Sur l’IoT, nous discutons avec plusieurs sociétés afin d’être capable d’intégrer dans notre tracking n’importe quel type de fournisseurs IoT qui serait préconisé par un client. Nous voudrions proposer « la Rolls du tracking ». Parallèlement, grâce à la blockchain, nous avons identifié des processus majeurs qui pourraient être complètement remis en à plat. Nous y travaillons mais il est encore trop tôt pour en parler. Mais c’est certain, la blockchain mettra un grand coup de pied dans la fourmilière pour permettre la digitalisation d’un certain nombre de process aujourd’hui manuels et sources de fraudes. Elle permettra d’atteindre un niveau de sécurité que personne n’a encore connu dans ce métier, pour un transport plus simple, moins coûteux et plus sûr.

 

Quelles sont vos ambitions à court terme ?

Nous sommes présents sur 35 pays : du Japon au Maghreb, en passant par la Chine, l’Europe, les Etats-Unis, le Canada, le Brésil… Grâce aux développements que nous lançons actuellement, nous couvrirons entre 60 et 80 pays d’ici la fin de l’année. Nous aurons alors une véritable capacité à proposer une solution complexe internationale à de grands comptes. Notre objectif d’ici deux à trois ans est de travailler entre 200 et 300 transitaires dont la taille moyenne atteint 10 000 conteneurs. Nous représenterons donc deux millions de conteneurs, ce qui nous permettra d’entrer dans le top 10 mondial des acteurs de fret.

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“Il ne faut pas avoir peur d'être disruptif”
— Bruno Hug de Larauze, Pdg d'Idea
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