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PORTRAIT

Joseph Felfeli, PDG d’Acteos : âme de créateur

05.07.2018 • 09h15
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par Laurène MATZEU DE VIALAR
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Acteos

« L'esprit qui invente est toujours mécontent de ses progrès, parce qu'il voit au-delà », affirmait Jean le Rond d'Alembert, philosophe, physicien et mathématicien français du XVIIIe siècle. Trois décennies plus tard, cette citation illustre encore à merveille un entrepreneur du monde de la supply chain, Joseph Felfeli, PDG d’Acteos qui, en plus de 40 ans de carrière, n’a jamais cessé d’innover.

« Joseph a une âme de chercheur. Il n’est jamais vraiment satisfait de la situation, de ce qu’il produit à l’instant T ou de ce qui existe sur le marché… Il va toujours aller chercher une idée plus loin. Les années passent mais il regarde toujours vers le futur », observe Daniel Maruzzo, ancien client aujourd’hui administrateur d’Acteos. Et les raisons sont multiples : par satisfaction personnelle d’abord mais aussi et surtout par conviction, avec la volonté d’être l’un des acteurs des mutations socio-économiques, technologiques et organisationnelles de notre société moderne. « Tous les concepts que j’ai créés et développés durant ma carrière reposent sur ce paradigme, cette interaction tripartite. L’immensité des mutations technologiques de ces 20 dernières années a induit une mutation socio-économique profonde. Tout cela bouleverse également les organisations. Les systèmes d’information sont aujourd’hui les systèmes nerveux de nos organisations et pour leur permettre de vivre, il faut donc les renouveler », analyse le principal intéressé. On l’aura compris, derrière la société d’édition logicielle Acteos se cache une grande ambition qui va bien au-delà de l’entrepreneuriat et de ses considérations purement financières et lucratives. Visionnaire, créateur, Joseph Felfeli est un esprit libre entièrement dévoué à l’innovation. De son Liban natal au développement européen de son entreprise en passant par ses années d’apprentissage en Allemagne, la créativité est toujours restée son moteur : « c’est ce qui le passionne et l’épanouit au quotidien », confirme son fils, directeur marketing de l’entreprise familiale.

14 juin 1959 : Le décès de son père. À 7 ans, Joseph Felfeli se retrouve aîné d’une famille de 5 enfants dont le plus jeune n’avait que 4 mois.
4 avril 1971 : Lors d’une manifestation contre les inégalités sociales au Liban, la police tire à balles réelles. Plusieurs de ses camarades tombent.
11 avril 1971 : Il quitte le Liban avec un ticket sans retour pour l’Allemagne.
15 mai 1975 : Il organise, en tant que président d’une ONG allemande, un congrès international à Chypre pour discuter de l’avenir du Moyen-Orient après l’invasion turque de Chypre.
17 octobre 1976 : Joseph Felfeli fait venir sa mère et ses frères et soeurs à Lille.

 

De la science à la logistique

Esprit matheux, curieux, avide de découverte… Très tôt, Joseph Felfeli se destine à des études scientifiques. Elevé au Liban, il quitte son pays natal à 17 ans après avoir passé son Bac et effectué des années préparatoires dans une antenne locale de l’Université de Lyon. Le Liban est alors en proie à une forte instabilité politique. Joseph part pour l’Allemagne et rejoint la prestigieuse école d’ingénieur d’Aix-La-Chapelle, équivalent de Polytechnique en France, où il se spécialise en électronique. Le monde de la recherche lui tend les bras. Il initie et dirige alors un laboratoire de recherches sur l’hydrogène en tant que vecteur d’énergie à l’heure du premier choc pétrolier. Un monde encore très loin de la supply chain… Mais ce fameux laboratoire étant financé à 80 % par l’industrie automobile, il y découvre aussi la logistique : « Je travaillais sur le concept CIM (Computer Integrated Manufacturing) pour faire muter l’industrie automobile de la production de masse vers la production de masse personnalisée et les problématiques logistiques engendrées par la mise à disposition de la bonne pièce au bon endroit, au bon moment dans les meilleurs rapports qualité/prix », se souvient Joseph Felfeli. C’est précisément cette expérience qui fera germer l’idée de faire muter la fonction logistique des entreprises de l’ère de l’informatisation en silos des différentes problématiques vers une ère de synchronisation des flux, d’optimisation et de pilotage de processus multiniveaux pour bâtir le concept de la logistique intégré dont l’unique objectif est la réduction des coûts de la disponibilité des produits. Le projet se concrétise fin 1986 et porte le nom de Datatronic. Étonnamment, alors que Joseph vit en Allemagne, fief de la logistique, l’entreprise naît en France, pays dans lequel souhaite habiter sa première épouse, une française, mais aussi sa famille, expatriée dans la région lilloise. « J’ai toujours été partagé entre les cultures germanique et française. Dans la première, on apprend à fonctionner et dans la seconde, à vivre. Aujourd’hui, j’habite en Belgique, c’est une sorte de trait d’union entre les deux. » Et c’est d’ailleurs non loin de la frontière belge, que Joseph Felfeli, avec l’aide de son ami le journaliste Pierre Garcette, ouvrira sa première société à Villeneuve d’Ascq, au 3 rue de la créativité, une adresse visiblement prédestinée…

 

L’innovation comme moteur

En quelques années, Datatronic croît, grâce à de très importants efforts de R&D, notamment sur les réseaux sans fil : « Mon père a dirigé l’entreprise avec une approche très scientifique et mis l’innovation au coeur de son sujet. C’est ce côté précurseur qui a fait son succès. Il a toujours eu une approche avant-gardiste tout en conservant une vision stable, cohérente et pérenne », évoque son fils. C’est d’ailleurs à cette époque, en 1989, que naît ce dernier. « De longues journées et de longues nuits », comme l’affirme son père, qui n’effraieront pas celui que son ami Daniel Maruzzo définit comme « un bourreau de travail qui ne ménage pas sa peine ». La preuve lorsque son entreprise, alors devenue Acteos et entrée en Bourse, connaît ses premières difficultés au début des années 2000. Un long procès de sept ans l’empêche de poursuivre ses recherches et de développer ses projets, mais « pugnace et courageux », Joseph Felfeli finira par gagner en 2007. « J’avais alors deux choix : accélérer l’investissement marketing et commercial ou entamer une longue marche vers un nouveau concept. Mon désir de créer a été plus fort que tout », raconte Joseph Felfeli. Une inlassable quête intellectuelle Bien lui en a pris. En dix ans, Acteos s’est renouvelée et poursuit sa politique d’innovation. Entre temps, Thomas, son fils, l’a finalement rejoint au marketing : « Mon père m’a toujours laissé le choix. Adolescent, j’avais tendance à surtout ne pas vouloir faire comme mes parents mais quelques années plus tard, j’ai finalement été attiré par l’entreprise familiale. Il réussit à embarquer l’ensemble des collaborateurs, moi y compris. C’est une figure inspirante qui apporte de la confiance et de la sérénité autour de lui. Acteos a traversé plusieurs phases dans son existence : des succès, des moments difficiles, le tout surmonté grâce à son expérience, sa force intellectuelle et son vécu », témoigne Thomas.

 

« Joseph est quelqu’un d’une grande humanité, affable, très à l’écoute. Dans son mode de communication, il a cette douceur, cette rondeur orientale héritée du Liban et dans les faits, la rigueur de la culture allemande », poursuit Daniel Maruzzo. Une personnalité multiculturelle forte qui se traduit d’ailleurs par une passion pour l’Histoire et l’engagement durant plusieurs années dans des ONG en Allemagne. Remarié et père d’un second petit garçon de 6 ans, Joseph Felfeli, 66 ans, a donc de quoi occuper l’après Acteos. Mais de ses propres dires et de ceux de ses proches, il ne restera jamais très loin de la R&D de son entreprise, car c’est finalement ce qui a animé cet esprit en perpétuel mouvement toute sa vie : « Je ne peux pas vivre sans cette notion de création de concept », conclut-il.

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