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Regard d'experts : TLF Overseas fait le point sur les impacts logistiques liés à la crise au Moyen-Orient
Une analyse rédigée par les équipes de TLF Overseas, organisation professionnelle affiliée à l'Union TLF et regroupant les entreprises organisatrices de transports aériens, maritimes et les représentants en douane.
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Lotharingia via stock.adobe.com | Vue sur le détroit d'Ormuz, dans le golfe Persique.
L'offensive militaire américano-israélienne contre l'Iran, lancée le 28 février 2026, entraîne des perturbations significatives sur les principales routes aériennes et maritimes mondiales. TLF Overseas analyse la situation et ses conséquences pour les opérateurs français du transport international.
Le 28 février 2026, les États-Unis et Israël ont lancé une campagne militaire contre l'Iran, au cours de laquelle le Guide suprême iranien Ali Khamenei a été tué. En réponse, l'Iran a annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz et engagé des frappes contre plusieurs pays de la région. Cette escalade affecte directement deux des corridors les plus stratégiques du commerce mondial : l'espace aérien du Golfe et le trafic maritime en mer Rouge et dans le détroit d'Ormuz.
Trafic aérien : des perturbations immédiates
Les fermetures d'espaces aériens en cascade — Syrie, Irak, Koweït, Iran, Israël, Émirats arabes unis — ont provoqué, en 24 heures, 19 000 retards de vols et plus de 2 100 annulations, représentant une contraction de 18 % de la capacité mondiale de fret aérien. Les grandes compagnies ont suspendu leurs rotations vers la région. Les hubs de Dubaï, Doha et Abu Dhabi, essentiels aux connexions entre l'Europe, l'Océan Indien et l'Asie, sont à l'arrêt. Les options de rerouting restent à ce stade très limitées.
« La paralysie simultanée des trois principaux hubs du Moyen-Orient crée une rupture dans les flux de fret aérien dont nous ne mesurons pas encore pleinement l'étendue. L’incertitude autour de la durée et de l’évolution du conflit rend difficile la planification des transit times (délais allongés), la gestion des capacités (pénuries ponctuelles d’espace) et l’anticipation des congestions portuaires et aéroportuaires », expose Philippe de Crécy, président de TLF Overseas.
Trafic maritime : une réorganisation d'urgence en cours
Le détroit d'Ormuz, par lequel transitent 20 % des flux mondiaux de pétrole et de GNL, fait l'objet d'une fermeture annoncée par l'Iran. Les principales compagnies maritimes — CMA CGM, Maersk, MSC, Hapag-Lloyd — ont suspendu leurs escales dans la région et redirigé leurs navires vers des zones d'abri sûres jusqu'à nouvel ordre. Des surcharges de 2 000 à 4 000 dollars par conteneur ont été annoncées pour couvrir les surcoûts opérationnels, d'assurance et de carburant. Des effets de congestion sont attendus dans les ports asiatiques à court terme.
« Une fermeture du détroit d'Ormuz aurait des répercussions structurelles immédiates sur l'ensemble des chaînes logistiques maritimes mondiales. Les principaux hubs de conteneurs du Golfe Persique — Jebel Ali, Port Khalifa, Port Hamad et Port Shuwaikh — constituent des nœuds de transbordement critiques pour les flux commerciaux entre le Moyen-Orient, l'Asie et l'Europe. Leur mise hors circuit provoquerait un réacheminement massif du fret régional, générant une congestion en cascade dans les ports en Asie ou en Europe », analyse Anne-Sophie Fribourg, vice-présidente de TLF Overseas.
TLF Overseas suit l'évolution de la situation au quotidien et continuera d'informer les opérateurs du secteur au fur et à mesure de l’avancement de la situation.