Accueil / Dossiers / Entrepôts / La question de la geolocalisation des personnes

Entrepôts

La question de la geolocalisation des personnes

17.09.2020 • 09h34
|
par Charlotte COUSIN
D_1

DR

Quid de la géolocalisation de personnes en entrepôt logistique ? Si le sujet reste sensible, des applications font jour, destinées à répondre à des problématiques de productivité, de sécurité ou encore, plus récemment, de distanciation sociale.

En matière de géolocalisation, il s’agit de distinguer les trois catégories d’actifs présents à l’intérieur d’un site logistique, comme le souligne Peter Kueth, responsable marketing produit chez Here Technologies : l’inventaire (c’est-à-dire les stocks), les actifs immobilisés, qu’il s’agisse de biens réutilisables (palettes, bacs, caisses, conteneurs, etc.), ou d’actifs d’entrepôts mobiles à l’instar des chariots, sans oublier, évidemment, les opérateurs présents dans l’entrepôt. « La compréhension des flux de personnes au sein d’une infrastructure permet de créer des espaces plus efficaces en fonction des modèles d’utilisation quotidienne. En outre, en cas d’urgence ou d’autres événements, le personnel peut être rapidement localisé dans l’établissement pour être évacué, etc. », juge Peter Kueth.

 

Gagner en productivité

La géolocalisation des personnes : un vaste sujet, dès lors qu’entre également en ligne de compte l’aspect RGPD, venu renforcer et unifier la protection des données pour les individus au sein de l’Union européenne. Le « traçage » d’une personne demeure donc un sujet ô combien complexe aujourd’hui. S’il devait se généraliser, il interviendrait évidemment, comme pour la localisation d’actifs, afin de gagner en efficacité et productivité : « Par exemple, lorsque dans un entrepôt de 80 000 m², un camion arrive à quai, nécessitant trois personnes pour le décharger, une solution de géolocalisation pourrait permettre d’alerter les opérateurs les plus proches », illustre Jacques Deckert, directeur stratégie business et innovation du groupe Timcod. La société a par ailleurs eu l’occasion d’intervenir sur un autre cas d’usage dans les zones de picking de l’un de ses clients. Le but était, en géolocalisant les opérateurs, de faire apparaître des zones chaudes où des produits étaient énormément prélevés : « Cela a permis au logisticien de ré-étaler des produits qui étaient jusqu’alors trop concentrés sur une zone et amenant beaucoup d’employés à se trouver au même endroit au même moment, générant une perte de temps », illustre Thomas Pigasse, responsable commercial de Timcod’lab, agence du groupe Timcod en charge des offres innovantes.

 

Dans ce cadre, l’objectif n’est donc pas de déployer un système de façon permanente mais de pouvoir réaliser un audit à un instant T pour prendre ensuite des mesures d’optimisation du travail du préparateur. « C’est une demande qui commence à être récurrente, si l’on souhaite par exemple éviter les flux trop importants dans certaines zones ou bien rapprocher des produits énormément prélevés, poursuit Thomas Pigasse. La géolocalisation va permettre de visualiser et de confirmer graphiquement ce genre de données, en équipant, soit les chariots, soit les préparateurs, d’une montre destinée à les géolocaliser pour ensuite faire apparaître les zones chaudes et froides de circulation à travers des diagrammes spaghettis [outil de cartographie pour déterminer les mouvements physiques, ndlr] ».

 

Pour une sécurité renforcée

Si l’action de taguer l’humain dans les centres logistiques ou les usines demeure un sujet sensible, « cela peut être mise en place sur les sites ATEX (Atmosphères explosives), afin de s’assurer que personne ne rentre dans ces zones dangereuses », précise de son côté Loïc de Kerhor, directeur général d’Arenzi. Quelqu’un ne disposant pas de certification pour accéder à cette zone peut ainsi être géolocalisé via un terminal, une tablette, ou encore un bracelet, l’informant qu’il n’a pas le droit de s’y rendre. Car c’est également du côté de la sécurité des personnes dans l’entrepôt que peuvent intervenir les fonctions de géolocalisation, par exemple en renfort des applications de PTI (protection du travailleur isolé) pour signaler un comportement inhabituel dû à une posture prolongée de manière inédite : « Un système de géolocalisation de personnes peut être combiné avec des accéléromètres permettant de détecter des chutes, des pertes de verticalité et être paramétrés de telle manière qu’une immobilité trop longue génère un signal », précise Jacques Deckert.

 

La crise sanitaire et son impératif de distanciation sociale aura-t-elle, à ce sujet, ouvert une brèche dans la géolocalisation associée à la personne ? « Oui, dans le contexte Covid, nous avons eu des demandes pour pouvoir tracer et remonter des infos anonymes, de manière à prendre les bonnes actions. Nous menons ces réflexions actuellement », répond Patrick Cason, directeur général de Sigfox France. L’entreprise spécialisée dans les solutions de capture de données et d’identifi cation automatique Zebra a, de son côté, lancé début juin sur le marché Zebra Motion Work Proximity, une solution logicielle de détection de proximité, avec des alertes au niveau de l’utilisateur et un système de « contact tracing » (recensant anonymement l’ensemble des individus avec qui les personnes infectées ont été en contact rapproché) pour permettre aux employeurs de protéger la santé de leurs employés. Les données récupérées, liées à un ID d’utilisateur anonyme, sont ensuite remontées à l’employeur, qui, en réalisant un suivi précis et automatisé des contacts, peut ainsi identifi er rapidement les salariés exposés pour proposer des tests. Hébergée dans le cloud, la solution intégrée sur les terminaux Zebra ou Android s’appuie sur la technologie Bluetooth Low Energy ainsi que sur le Wifi de l’entrepôt. « À partir du moment où nous sommes capable de mettre en place ce genre de solutions de manière proactive, nous permettons à nos clients de montrer qu’ils déploient des actions en matière de protection des individus, leur offrant ainsi l’assurance de la continuité de leurs services », commente Virgile Bourdelin.

 

À lire également :

> Quand la géolocalisation entre dans l'entrepôt : Partie 1

> Quand la géolocalisation entre dans l'entrepôt : Partie 2

BUZZ LOG
“Ce que demandent les logisticiens à la géolocalisation, c’est de pouvoir réaliser un audit éphémère de leurs flux stratégiques”
— Loïc de Kerhor, directeur général d’Arenzi
SUIVEZ-NOUS
NEWSLETTER
Pour rester informé chaque semaine