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INTERVIEW

Face à face : Guillaume Col, président de Kuehne+Nagel France

17.10.2019 • 14h26
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par Emilien VILLEROY
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Kuehne+Nagel France

L’innovation technologique est importante pour nos process, mais le client final sera à terme beaucoup plus sensible à la question d’un transport propre.
Spécialiste international du transport et de la logistique, Kuehne+Nagel mise particulièrement sur sa filiale française, représentant 10 % de son activité totale, et actuellement engagée dans un grand plan stratégique de développement à horizon 2022 autour de trois piliers : clients, collaborateurs et technologie. Rencontre avec Guillaume Col, président de Kuehne+Nagel France, pour faire le point sur les projets et évolutions à venir pour le prestataire dans l’Hexagone.

Quelles sont les différentes activités de Kuehne+Nagel en France ?

Nous avons quatre grands métiers : le transport aérien, maritime, routier et la logistique contractuelle. Les deux derniers représentent le plus gros de notre activité et de nos effectifs en France et ont su se développer sur les quinze dernières années par le biais d’acquisitions stratégiques, telles qu’Alloin en 2009. L’aérien et le maritime sont eux des segments très importants internationalement et nous avons de grandes ambitions pour le marché français afin qu’ils soient à la hauteur de notre activité globale. Aujourd’hui, la France représente 10 % de l’activité de Kuehne+Nagel et se positionne comme l’un des pays les plus importants pour le groupe.

 

Quels sont les axes de développement à venir sur le marché français ?

Nous souhaitons nous concentrer sur notre empreinte commerciale locale. Cela passe tout autant par des commerciaux de terrain, allant à la rencontre des PME, que par une attitude proactive face à la clientèle grands comptes et aux entreprises du CAC 40 élargi. Nous avons étoffé nos équipes dans ce sens l’année dernière, avec des recrutements de key account managers. Et les résultats sont là : nous débutons cette année des activités avec de grandes entreprises françaises opérant dans différents domaines.

 

De quelle manière allez-vous à la rencontre des PME ?

Au-delà de notre présence commerciale sur le terrain, nous mettons en œuvre des solutions technologiques spécifiquement dédiées aux petites structures. C’est le cas de MyKN qui permet à l’ensemble de nos clients d’aller consulter les disponibilités de nos offres aériennes et maritimes sur notre site internet, d’avoir une cotation et de réserver son transport directement en ligne, puis d’en réaliser le suivi en temps réel. Cette solution répond aux besoins des entreprises de petites tailles, avec peu de demandes, et qui peuvent avoir accès à notre gamme de services plus facilement. La mise en place d’un accès unique à tous ces services simplifie la communication avec nos clients et augmente le taux d’utilisation de nos produits.

 

Quels sont les nouveaux secteurs auxquels vous souhaitez vous adresser ?

Nous avons des taux de croissance très importants sur l’e-commerce, notamment dans les métiers de la logistique, avec des démarrages récents. Aujourd’hui, les clients ne demandent pas à suivre précisément les colis, mais qu’ils arrivent exactement au bon moment. C’est une tendance que l’on retrouve également dans l’industrie. Ce changement de paradigme nécessite de modifier nos outils et nos promesses de vente. Nous avons ainsi développé un WMS interne orienté e-commerce que nous déployons dans d’autres secteurs où la contrainte est la même. Nous investissons également dans la pharmaceutique pour proposer des solutions dédiées. Nous avons mis en place la certification KN Pharma Chain pour nos sites, qui permet de garantir à nos clients qu’un produit sera traité avec la même exigence de qualité quel que soit le pays.

 

Quelle est votre politique concernant vos collaborateurs ?

Nous recrutons 500 personnes par an en France, principalement du côté opérationnel (qui représente 70 % de nos effectifs en entrepôt et sur la route) mais aussi pour les fonctions support (finances, RH). Pour cela, nous développons notre marque employeur et travaillons sur l’accueil des jeunes, afin de leur démontrer que nos métiers sont attractifs et que même s’ils changent dans les années à venir, il y aura toujours besoin de main-d’oeuvre. Nous avons des programmes Graduate pour les jeunes diplômés qui peuvent être le point de départ pour des carrières inter nationales au sein de notre groupe. Je me suis également lancé dans un tour de France pour aller présenter notre stratégie sur différents sites afin de fédérer nos équipes.

 

L’innovation est également une partie intégrante de votre plan de développement ?

Tout à fait, nous misons sur les avancées technologiques pour améliorer le travail de nos collaborateurs en entrepôt : cobotique pour les tâches répétitives, aides à la portée, chariots automatisés. Nous sommes sur des solutions ad hoc, spécifiquement adaptées aux profils des clients, car on ne peut pas avoir d’approche entièrement standardisée en logistique. Le reporting et le pilotage sont également des sujets d’étude, avec des travaux importants sur la business intelligence afin d’optimiser les flux en temps réel.

 

Comment intégrez-vous ces nouvelles technologies ?

Face à la pléthore de start-up et de solutions sur le marché, notre travail est d’être à l’écoute pour identifier les entreprises à la pointe, parfois sur des sujets pas forcément liés aux nôtres, mais susceptibles de nous aider à faire évoluer nos activités. Nous disposons de centres d’innovation aux Pays-Bas et à Singapour pour tester les innovations et où nous nouons des partenariats métiers. Nous sommes également en alerte sur les marchés locaux pour identifier des acteurs pertinents et mettre en place des pilotes avec eux sur nos sites.

 

Où en êtes-vous de votre démarche environnementale ? Constitue-t-elle une dimension stratégique de votre développement ?

Absolument. Nous sommes convaincus qu’à moyen terme, cette question différenciera les transporteurs et les logisticiens. L’innovation technologique est importante pour nos process, mais le client final va être beaucoup plus sensible à la question d’un transport propre. Nous mettons actuellement en place un calculateur de CO2 permettant de mesurer l’empreinte carbone de notre logistique, quel que soit le mode de transport et pour tous nos métiers. Nous rénovons également l’ensemble de nos sites avec des éclairages Led et des installations photovoltaïques, tout en passant certaines flottes de véhicules en électrique ou au gaz. Toutes ces évolutions exigent des investissements sur le long terme, lancés depuis un certain temps déjà. Nous serons ainsi prêts le jour où cela deviendra une exigence de nos clients.

 

Quels sont vos derniers développements ?

Nous avons lancé un grand projet avec le distributeur non-alimentaire Action en février dans la région lyonnaise. Il s’agit d’un nouveau site qui va créer jusqu’à 500 emplois à horizon 2020. Nous enregistrons aussi des démarrages forts avec des marques du e-commerce et des acteurs de l’industrie.

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