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INTERVIEW

Covid-19 : Focus sur le travail temporaire avec Side

25.03.2020 • 11h58
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par Charlotte COUSIN
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Side

Il ne faut pas chercher à staffer les missions à tout prix au détriment des règles d’hygiène et de sécurité. Notre mission n°1 reste de ne pas propager le virus.
Gaspard Schmitt, co-fondateur de Side, la plateforme française de mise en relation pour le travail temporaire, évoque les changements observés suite à la crise du Covid-19, les besoins exprimés par les différents secteurs et leurs modalités de mise en œuvre.

De quelle manière fonctionne Side ?
Side est une plateforme agréée agence de travail temporaire, utilisée comme application par les candidats et comme outil par les entreprises pour trouver des profils, gérer les contrats et les plannings ainsi que leurs factures. Nous opérons sur trois secteurs : la logistique et le transport, le commerce, les métiers de bureaux. Les profils s’enregistrent à 100 % via l’application mobile où nous réalisons une vérification de l’identité et des permis éventuels (Caces pour les caristes, permis de conduire pour les chauffeurs livreurs…). Une fois ces éléments validés, les candidats rentrent leur expérience sur l’application mobile et nous avons un entretien RH avec eux par téléphone d’une vingtaine de minutes.

 

Avec la crise sanitaire, avez-vous observé une modification des besoins exprimés sur la plateforme ?
Le transport et la logistique représentent en général un tiers de notre chiffre d’affaires mais s’élèvent plutôt à 50 % en ce moment. Le changement a commencé à s’opérer il y a deux semaines et s’est vraiment confirmé et matérialisé la semaine dernière avec les annonces de fermeture des boutiques. Un système de vase communiquant se met en place : les métiers liés au commerce ou la mode sont au point mort, avec la plupart de leurs chaînes logistiques arrêtées, tandis que les prestataires logistiques qui nous sollicitent sont liés aux activités indispensables, essentiellement l’alimentaire et la santé, et un peu d’e-commerce. En termes de candidatures, nous n’observons donc pas de pénurie de profils et n’éprouvons pas de problème pour suivre la demande, certains préparateurs de commandes dans des secteurs aujourd’hui à l’arrêt pouvant être aiguillés dans d’autres entreprises, comme la livraison de panier repas, en forte hausse. 20 % de nos missions sont par ailleurs passées en télétravail pour les tâches de bureau.

 

Comment garantissez-vous la mise en place des mesures sanitaires ?
C’est un point très important. Il ne faut pas chercher à staffer les missions à tout prix au détriment des règles d’hygiène et de sécurité. Notre mission n° 1 reste de ne pas propager le virus. Pour poster une demande sur notre plateforme, les entreprises sont obligées de suivre les règles de bases émises par le gouvernement. Nous les accompagnons dans cette mise en place si besoin et réalisons à chaque fois une vérification par téléphone avec les opérationnels de la mission pour s’assurer que ces mesures sont respectées. Nous demandons ensuite aux candidats de nous faire remonter si les consignes sont bien appliquées sur le terrain. La semaine dernière, nous avons décidé d’arrêter une mission car les employés eux-mêmes nous disaient qu’ils n’étaient pas assez sereins à leur poste par rapport aux conditions sanitaires. À ce sujet, nous observons désormais une grosse prise de conscience des entreprises qui mettent des dispositifs solides en place : par exemple la prise de température à l’entrée et à la sortie de l’entrepôt.

 

Pour protéger les candidats, le chômage partiel peut également être mis en place…
En effet, on parle beaucoup des missions qui s’exercent mais il y en a quand même un certain nombre qui est annulé et passe en chômage partiel. Et il est important, en tant qu’employeur, qu’on puisse protéger nos candidats car ce sont des personnes qui n’ont pas toujours des revenus très stables. Nous avons la chance en France que ce système s'applique pour les intérimaires, leur permettant de gagner 84 % de leur salaire net jusqu’à la fin de leur mission, ce que les indépendants ont du mal à obtenir aujourd’hui. L’entreprise peut ainsi les mettre en chômage partiel et espérer retravailler avec eux une fois le confinement terminé.

BUZZ LOG
“Il faut aller vers le ré-engineering permanent des organisations logistiques, avec une re-conception permanente des réseaux, des méthodes et des savoirs faire”
— Phillippe-Pierre Dornier, président de Newton.Vaureal Consulting
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