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INTERVIEW

« Notre projet est de réduire de 20 % nos émissions avec des carburants propres »

28.04.2022 • 09h01
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par Charlotte COUSIN
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257 tonnes de CO2 ont été économisées par le GIE sur le premier semestre 2021.
Thierry Bailleux, directeur opérationnel du GIE Chargeurs Pointe de Bretagne, décrit la constitution de ce groupement de professionnels né en 2012 avec la volonté de mutualiser le transport pour continuer à produire dans la région.

Comment est né le GIE Chargeurs Point de Bretagne ?

Thierry Bailleux : À l’origine, nous nous sommes aperçus que la grande distribution organisait ses enlèvements enseigne par enseigne sur le territoire, et que les petites entreprises se retrouvaient isolées au moment de faire partir leurs marchandises. Afin de préserver le territoire breton, Jean-Jacques Hénaff [dirigeant de la société Hénaff, productrice du pâté homonyme] a donc eu l’idée en 2012 de créer le GIE pour permettre à ces sociétés de garder leur autonomie. Il s’agissait tout d’abord de PME, puis d’autres sociétés plus importantes sont venues s’intégrer au groupement. Elles sont aujourd’hui 17, dont 14 chargeurs et trois spécialistes de la distribution pour la RHF (restauration hors foyer). Concrètement, nous organisons des ramasses auprès des industriels, qui sont acheminées vers le hub des Transports Breger à Saint-Berthevin dans la Mayenne, d’où sont regroupées et réexpédiées les marchandises destinées aux entrepôts des grandes et moyennes surfaces dans toute la France (Système U, Carrefour, Auchan…). Nous allons désormais essayer, si nous avons des demandes d’entreprises de la RHF, de collaborer avec des enseignes comme Métro. Nous travaillons également depuis juin 2021 à mettre en place cette même démarche sur le frais.

 

Quels sont les objectifs visés par le GIE ?

Notre premier objectif était de bénéficier de coûts de transport compétitifs lors des ramasses. Avec cette distribution mutualisée, nous souhaitions aussi amener des camions complets auprès des différentes enseignes, donc diminuer les coûts de distribution de chacun et, sur un plan environnemental, réduire le nombre de camions sur la route. Concernant notre premier objectif, nous avons démarré avec une moyenne de 15 palettes par point de livraison, pour atteindre 35 aujourd’hui. Sur le nombre de camions, il est difficile de chiffrer ce qui se passait avant la mutualisation, mais nous sommes entrés fin 2021 dans l’initiative de l’Ademe, Fret 21, pour la réduction des GES par le transport propre. 257 tonnes de CO2 ont été économisées par le GIE sur le premier semestre 2021. Notre projet est de réduire de 20 % nos émissions avec des carburants propres que nous imposons à nos transporteurs.

 

Votre démarche a-t-elle inspiré d’autres régions ?

Nous avons eu des demandes de la part de certaines, comme la région Rhône-Alpes ou encore l’Est de la France, qui se montraient intéressées par notre projet : notre modèle, notre portail, le cadencement… Nous n’avons pas l’ambition de devenir national ; en revanche nous voulons bien les aider, car il n’existe pas d’autres initiatives sous cette forme en France. Notre modèle ne nous appartient pas, plus il sera répandu mieux ce sera ! Nous avons également des contacts avec quelques entreprises isolées en Vendée ou encore en Loire-Atlantique, avec pour objectif, si la demande devient plus importante, de créer un GIE propre au Pays de la Loire.

 

 

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