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Entrepôts

Dans le coffre-fort logistique de la Banque de France

18.04.2019 • 09h15
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par Emilien VILLEROY
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Takuji Shimmura

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Banque de France | Bras de palettisation
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Banque de France | Convoyage de billets
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C'est à La Courneuve (93) que la Banque de France a récemment inauguré son nouveau centre fiduciaire. Un site de 16 500 m² consacré au tri de billets dont l'installation logistique automatisée a été confiée à B2A Technology, la holding commune d'Alstef et BA Systèmes.

Jusqu'ici située à Paris, c'est en Seine-Saint-Denis que la Banque de France a décidé d'implanter ses nouveaux bâtiments, s'installant sur l'ancienne friche industrielle des usines Babcock, fermées depuis le début des années 2000. Un projet de 170 millions d'euros, conduit en l'espace de cinq ans sur un terrain de quatre hectares qui accueille désormais deux bâtiments : un immeuble restauré datant de 1923, dédié aux activités tertiaires de la Banque de France et surtout un bâtiment ultra-sécurisé et automatisé consacré à son activité fiduciaire, c'est-à-dire le tri, le stockage et la vérification des billets et des monnaies. Affichant une imposante taille de 27 mètres de hauteur avec des façades en céramique blanche, ce site de 16 500 m² est un véritable coffre-fort logistique affichant une certification HQE. C'est le second centre nouvelle génération de ce type pour la Banque de France, après un premier site ouvert en 2016 dans les Hauts-de-France. Quatre fois plus grande, la plateforme de La Courneuve alimentera en valeurs, à partir du printemps 2019, l'Île-de-France et la zone Nord du pays ainsi que les caisses régionales de la Banque de France dans la moitié nord de l'Hexagone, accueillant ainsi 25 % de la circulation monétaire nationale. Il s'agit du plus grand centre fiduciaire d'Europe.

 

Productivité et sécurité

Pourquoi automatiser un tel bâtiment ? Les raisons sont multiples : « Tout d'abord, il y a une question de productivité. De plus, notre activité ne permet pas d'avoir un turnover important et il était crucial de libérer nos opérateurs de tâches manuelles très répétitives. Il existait donc aussi un enjeu d'enrichissement des métiers. Nos collaborateurs sont ainsi désormais chargés du pilotage des équipements », souligne Thierry Para, directeur du programme. Et pour mener à bien cette automatisation en amont et en aval du tri des billets, la Banque de France a fait appel, à la suite d'un appel d'offres européen, à l'intégrateur Alstef qui, associé à son partenaire BA Systèmes sous l'étiquette B2A Technology, a été chargé de la mise en place complète du système logistique, allant du stockage automatisé aux AGV en passant par le convoyage et la palettisation robotisée. Une installation sur mesure qui a été récompensée du grand prix des Rois de la Supply Chain en janvier 2019.

 

Dans l'enceinte du bâtiment, la sécurité est évidemment de mise : des milliers de points de détection (caméras, lasers, sas de contrôle) sont autant de barrières protégeant les flux de valeurs de toute intrusion extérieure. Tout la complexité du projet consistait donc à faire rentrer ces solutions supply chain au sein d'un bâtiment contraint. Un « défi de génie civil » comme le résume Thierry Para, qui a nécessité 18 mois de préparation technique en amont d'une année de travaux du côté de B2A Technology. « La sécurité met évidemment des barrières à la fluidité des process. L'enjeu de ce type de projet est donc de trouver un équilibre », explique Thierry Para.

 

Un process entièrement automatisé

À peu de choses près, l'activité du centre fiduciaire pourrait ressembler aux process d'un simple bâtiment logistique. En entrée, on trouve les transporteurs de fonds, qui accèdent au bâtiment via une série minutieuse de contrôles avant de pénétrer dans un garage sécurisé, séparé de l'intérieur des salles du site, où ils déchargent alors leurs produits : des billets et pièces de monnaie utilisés, rangés dans des colis, qui proviennent directement des banques. Déposés sur des convoyeurs, ces colis sont contrôlés, identifiés et récupérés par des AGV de manutention mis en place par B2A Technology. Au nombre de huit, ces équipements robotisés se guident grâce à des bandes réfléchissantes posées sur les murs du bâtiment. Les colis sont ensuite menés à un espace de palletisation. Un bras robotisé va alors créer des palettes ou demi-palettes de valeurs qui vont être ensuite déplacées, à nouveau via AGV, vers une zone de stockage appelée la serre où jusqu'à 10 000 demipalettes peuvent être placées, le long de quatre allées opérées par des transstockeurs. Dans cet espace, les billets restent en stockage dans l'attente d'être triés.

 

Des contrôles sur toute la ligne

L'opération de vérification des valeurs s'effectue dans des ateliers sécurisés (au nombre de huit dans l'ensemble du centre, même si seuls quatre seront actifs au lancement de l'activité) : un AGV amène automatiquement une palette de valeurs à des opérateurs qui se chargent du contrôle de celles-ci via des machines de tri spécialisées. En plus de vérifications pour identifier les faux (qui restent une part très marginale des volumes triés), la machine contrôle l'état des billets et détruit automatiquement ceux de mauvaise qualité. En moyenne, près de 20 % des billets contrôlés qui sont ainsi broyés par la Banque de France (un chiffre qui peut atteindre les 85 % pour une petite coupure comme le billet de 5 €, lequel est souvent plus malmené par le public et donc victime de plus d'usure) puis dirigés pour recyclage auprès d'un prestataire. Les billets valides sont quant à eux triés, mis en colis puis stockés à nouveau dans la serre, mais cette fois-ci dans un stock colis. Opéré par des miniloads, celui-ci peut contenir jusqu'à 4 250 colis. Enfin, en sortie, ces derniers sont à nouveau acheminés par les AGV, qui passent alors par un portail de contrôle afin de vérifier si les éléments sont conformes et si le paiement a bien été effectué par la banque pour la réception de leurs liquidités. Les colis sont ensuite remis aux transporteurs de fonds, via un processus similaire de convoyage sécurisé qu'en entrée de ligne.

 

Si le bâtiment a été réceptionné en juillet 2018, les billets ne sont pas encore arrivés sur le site de la Courneuve et ce sont avec des liasses de papier que les opérateurs du site font aujourd'hui les derniers réglages du système, en attendant la migration prévue pour le printemps 2019. « Les premiers tests sont très encourageants », témoigne Thierry Para. Dès l'ouverture, c'est plus d'un milliard de billets qui seront traités sur le site.

 

 

Légende photo 2 : (De g.à d.) Fabien Regost, manager Argon Consulting, Pierre Gautier-Picard, responsable d'affaires Alstef, Pierre Marol, président B2A Technology et Thierry Para, directeur du programme Paris La Courneuve de Banque de France.

La solution automatisée de la Banque de France en chiffres :

■ 170 millions d'euros d'investissements ;

■ Un site logistique ultra-sécurisé de 16 500 m² et 27 mètres de hauteur ;

■ Un stock de 10 000 demi-palettes et 4 250 colis ;

■ 8 AGV sur site ;

■ 135 collaborateurs sur l'activité fiduciaire.

Banque de France - Centre Fiduciaire
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