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Innovation

Impression 3D : la fin annoncée des transports ?

29.10.2015 • 09h30
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par Pierre Maxime BRANCHE
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AU SOMMAIRE
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Des impacts concrets pour l'industrie
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L'impression 3D remet en cause la supply chain
À l’heure de la recherche d’une flexibilité maximale de la chaîne d’approvisionnement et de la baisse générale des émissions de CO2, l’impression 3D présente de nombreux atouts. Désormais réalité industrielle, la fabrication additive est une innovation susceptible de révolutionner les modes de production mais surtout de transport.

1. Fabrication additive : Des impacts concrets pour l'industrie

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Pas encore en mesure de pouvoir rivaliser avec les rendements de la production de masse, les progrès de l’impression 3D sont néanmoins annonciateurs de profonds changements dans le fonctionnement de nombreuses industries.

COMMENT ÇA FONCTIONNE ?

L’impression 3D est un procédé de fabrication d’objets par dépôt de couches successives extrêmement fines de matière, lesquelles sont solidifiées au fur et à mesure par une source d’énergie, telle qu’un laser. Elle s’oppose aux méthodes traditionnelles, dites « soustractives », par lesquelles la matière est usinée pour parvenir au résultat souhaité. La fabrication additive est pilotée par un logiciel qui se base lui-même sur un plan virtuel en trois dimensions.

En raison de l’accroissement considérable de ses applications réelles ou potentielles, l’impression 3D, ou fabrication additive, pousse les industries à l’aube d’une nouvelle révolution industrielle. Cette technologie a même été plébiscitée par le Président des États-Unis, Barack Obama, dans son discours sur l’état de l’Union en février 2013, en affirmant qu’elle avait « le pouvoir de révolutionner la façon dont nous fabriquons presque tout ». Une consécration. Avec l’Internet mobile et des objets, le Cloud computing ou encore le big data, c’est l’une des technologies numériques susceptible de transformer profondément, et dans des proportions encore insoupçonnées, les modes de production et les modèles économiques. D’autant qu’elle constitue désormais une réalité industrielle.

 

D’abord utilisée pour le prototypage rapide et la fabrication de petites pièces en plastique, les récents progrès ont largement permis de dépasser ces étapes. Son développement permanent se traduit par une amélioration combinée de la diversité des machines, des vitesses de fabrication et de la variété des matériaux utilisés. Aujourd’hui, de nombreux secteurs connaissent des applications concrètes. C’est notamment le cas de la santé avec la mise au point de prothèses et d’implants sur mesure ou de l’aéronautique pour la fabrication de pièces complexes pour les ailes ou les moteurs d’avions, comme le confirme le constructeur Airbus : « Nous réalisons des pièces imprimées en 3D pour les A350, nos avions d’essais avec, par exemple, des pièces de jonction. Nous comptons déployer cette technologie sur nos appareils de série. À l’avenir, c’est une technologie que nous pourrions utiliser davantage. Elle est adaptée pour les pièces métalliques de petites dimensions mais pas pour les pièces de structure. Le tissu industriel capable de fabriquer les futures pièces est en cours d’évaluation afin d’assurer une industrialisation robuste. La production en série de pièces métalliques devrait démarrer courant 2016. »

 

Une relocalisation des activités ?

Le monde industriel dans son ensemble comprend à présent le potentiel de l’impression 3D pour des processus de fabrication plus rentables, efficaces, respectueux de l’environnement et qui s’apprêtent à bouleverser les chaînes d’approvisionnement traditionnelles. Selon une récente étude de l’éditeur Xerfi, de plus en plus de secteurs ont recours à la fabrication additive qui a pesé 2,9 milliards d’euros en 2014. Toujours selon l’institut d’études économiques privé, « la croissance du marché mondial de l’impression 3D va se poursuivre à l’horizon 2020. Elle devrait s’établir aux alentours de 20 % par an sur la période, pour atteindre 8,5 milliards d’euros en 2020 ».

 

Portée par cet essor, la technologie va révolutionner l’industrie, ainsi que certains processus supply chain et logistique, particulièrement les coûts du transport. L’impression 3D permet de réduire ces coûts en favorisant l’implantation locale des usines, au plus proche des marchés stratégiques, réduisant la longueur des chaînes d’approvisionnement entre conception, production et consommation, sans parler de l’avantage non négligeable sur l’empreinte carbone.

 

Cela dit, l’idée n’est pas de rapatrier les productions de masse actuellement réalisées dans les pays émergents, mais de développer localement et à proximité des marchés de consommation les futures activités à contenu numérique. De ce développement industriel de la 3D pourrait alors émerger un nouveau secteur de logistique à la fois spécialisé dans le stockage et le transport de proximité des matériaux de base nécessaires aux imprimantes, via de nouveaux centres régionaux de fabrication. La technologie d’impression 3D permettra aux fabricants industriels de produire facilement à la commande, réduisant ainsi les coûts, les surproductions, et baissant le bilan environnemental de l’ensemble de ces activités économiques grâce à la limitation des transports de marchandises due à une fabrication plus proche des marchés.

 

 

Crédits photo : © Jonathan Juursema via Wikipédia, CC BY-SA 3.0

BUZZ LOG
“La supply chain recherche ce que la technologie va pouvoir lui permettre de faire d’ici cinq ou dix ans.”
— Jean-David Attal, directeur général de viastore
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