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Mobilités

Transports : l'intelligence propose, l'Homme dispose

09.11.2015 • 19h38
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par Pierre Maxime BRANCHE
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AU SOMMAIRE
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Un marché du transport réceptif
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Le grand défi urbain
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Jean-Bastien Dussart, Shippeo
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Cédric Damidaux, Constellium
Ces dernières années, les innovations technologiques ont rendu les transports plus intelligents en matière de productivité ou de développement durable. Malgré tout, ces avancées ne sont qu’une aide face aux grands défis de l’environnement ou de la livraison urbaine qui se dressent devant les transporteurs, où seule l’intelligence humaine et collective saura trouver les bonnes solutions.

1. Nouvelles technologies : Un marché du transport réceptif

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Dans l’industrie et la chaîne d’approvisionnement en particulier, le transport a longtemps été le parent pauvre. Heureusement, les innovations technologiques et les prises de conscience de ces dernières années ont largement changé la donne.

Le transport est un maillon indispensable de la supply chain. Lorsque la pêche du lundi doit être en vente sur les étalages des poissonniers de toute la France le mardi matin, impossible de ne pas assurer l’opération de livraison. Une mission de la plus haute importance qui, pour répondre à la demande, doit être remplie à moindre coût, le consommateur n’étant pas disposé à payer son poisson plus cher en raison d’un transport mal optimisé. Si cette équation vaut notamment pour tous les produits périssables, elle est la même pour l’ensemble des flux de marchandises. Aujourd’hui, pour satisfaire le client final, notion de plus en plus prégnante dans le discours des acteurs de la chaîne d’approvisionnement, le transporteur se retrouve face à un triple défi : fournir une qualité de service maximale, dans des délais minimum et à un coût acceptable.

 

Désormais, les transports sont dits intelligents, sont connectés et deviennent plus efficients. Les logisticiens s’appuient sur des systèmes de localisation automatique par GPS (tracking) et de communication par GSM pour assurer le suivi continu de leurs véhicules sur des cartes digitales. Ces technologies permettent d’améliorer la gestion des flux, de renforcer la sécurité et la sûreté des marchandises et d’accroître la productivité des entreprises.  

 

L’importance du flux d’information  

Mais elles ne sont pas les seules. « L’intelligence technologique est toujours associée à l’intelligence humaine. C’est un mariage fondamental. La technologie doit être un support pour l’homme, mais c’est toujours celui-ci qui arbitre, notamment pour les situations particulières et imprévisibles. Grâce à ces nouveaux systèmes, l’homme est disponible, il n’a plus d’opérations répétitives à gérer et peut se concentrer sur les échanges d’informations », explique Charles Gentès, commercial grands comptes chez Transporeon. Car dans le monde de la supply chain, l’intelligence n’est autre que de l’information. « Parler de transports intelligents, c’est considérer que le flux d’information est aussi important que le flux physique. La technologie doit permettre un accès permanent à l’ensemble des unités qui doivent être transportées d’un endroit vers un autre, aux moyens disponibles, aux attentes et aux capacités des destinataires, et faire en sorte que toute cette information soit partagée par les différents acteurs en quasi temps réel. Nous sommes sur une notion de communauté », précise Jérôme Bour, P.-D.G. de DDS Logistics.

 

La data, l’autre nom de l’information, s’impose partout. Il faut la traiter, pour la valoriser, et la connecter afin de la dispatcher aux bons interlocuteurs. Oubliés, les longues minutes de vérifications, les coups de téléphone, les négociations, etc. Aujourd’hui, tout est informatisé, automatisé, à la seconde près, ou presque. « Je ne pense pas qu’il y ait un besoin pour du vrai temps réel de bout en bout de la chaîne, mais on peut parler de quasi temps supéréel. Disposer à tout moment de la position ou de l’information relative à une unité de transport crée une surcharge d’information. En revanche, que l’information soit diffusée en temps réel à chaque moment où l’on en a besoin, notamment lors des prises de décisions, est extrêmement important. La nécessité n’est pas la même entre une livraison en trois heures et un conteneur maritime en mer pour trois semaines. Toutes les informations n’ont pas le même besoin de rafraîchissement », analyse Jérôme Bour.

 

Un avantage concurrentiel

Même si la tendance n’est pas encore généralisée, le marché est très réceptif aux technologies intelligentes. Chargeurs, transporteurs, tous savent le potentiel important mais encore inexploité de ces systèmes. Leur utilisation aboutit à une meilleure optimisation des moyens et contribue à l’amélioration de la productivité de l’ensemble des opérations de transport. « Je crois qu’il faut parler de révolution. D’un côté, les chargeurs envoient automatiquement leurs informations, de l’autre, les transporteurs les reçoivent instantanément. Pas besoin de vérification, pas de risque d’erreur. Vu la pression économique qui pèse depuis plusieurs années sur le secteur, le temps gagné vaut de l’or. C’est l’apport inestimable du partage de la data. Des allocations de transports au suivi des expéditions, en passant par la gestion des créneaux horaires de chargement, les modules existants rendent les relations plus saines et transparentes. Le chargeur, le transporteur, le chauffeur, chaque partie engage sa responsabilité pour optimiser le temps. Ce sont des solutions déterminantes et une évolution obligatoire », lance Charles Gentès.

 

Effectivement, l’adoption de ces technologies numériques est un avantage concurrentiel, voire une nouvelle chance pour les plus petits groupes de compter sur le marché. « Grâce à ces nouvelles solutions, les petits transporteurs ont l’occasion de traiter de l’information de la même manière que les plus gros qui ont eux investi des millions par le passé dans des informatiques embarqués. Cela signifie que l’avantage qui avait été pris par certains en créant leurs propres infrastructures est annulé du fait qu’aujourd’hui tous les chauffeurs ont un smartphone connecté et que la technologie permet à ces petits transporteurs de se mettre sur un pied d’égalité », indique Jérôme Bour.

BUZZ LOG
“La supply chain recherche ce que la technologie va pouvoir lui permettre de faire d’ici cinq ou dix ans.”
— Jean-David Attal, directeur général de viastore
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