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INTERVIEW

Stefano Volpi, co-fondateur de Connecting Food

16.03.2017 • 08h15
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par Laurène MATZEU DE VIALAR
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La Blockchain est un moyen d’atteindre un objectif, de délivrer un bénéfice pour l’utilisateur.
Le 30 septembre 2016, Stefano Volpi et son associé co-fondaient Connecting Food, une foodtech dont la promesse se base sur la certification en temps réel de la conformité alimentaire. Un objectif rendu possible par l’utilisation du big data et de la Blockchain…

Quelle a été la genèse du projet de création de votre entreprise Connecting Food ?
Mon associé et moi-même disposons d’une longue expérience dans l’agroalimentaire, à la fois à en aval et en amont. Nous sommes notamment passés par les groupes Danone et Avril. Cette expérience nous a permis d’identifier très clairement une problématique de taille dans le secteur : les productions alimentaires ne sont pas suffisamment bien vérifiées. Les marques et les distributeurs qui font produire à des tiers auditent leurs producteurs une ou deux fois par an en moyenne, or cela signifie que seulement environ 10 % des produits mis sur le marché sont vérifiés et certifiés. D’où l’émergence de problèmes en termes de qualité, impactant à la fois le consommateur et la brand equity (ou capital de marque) de la marque ou du retailer. L’objectif de Connecting Food est de répondre à cette problématique. En liant plus strictement les différents maillons d’une filière via l’utilisation de nouvelles technologies comme la blockchain et le big data, nous pouvons alors certifier la correspondance entre les maillons d’une filière et le cahier des charges défini par la marque. Ainsi, les marques qui auditent leurs fournisseurs une ou deux fois par an pourront, avec notre solution, comparer les informations tous les jours en temps réel avec le cahier des charges fixé par la marque et améliorer la qualité pour le consommateur tout en défendant leur brand equity.

 

Concrètement comment cela fonctionne-t-il ?
La Blockchain permet de valider, certifier et de rendre infalsifiable une transaction. Ici, une production est une transaction qui doit correspondre à un cahier des charges. Si chaque fois que vous produisez, vous effectuez cette comparaison et considérez qu’il s’agit d’une transaction, vous validez la correspondance et l’encapsulez dans un bloc de la Blockchain. Mais ce que nous développons chez Connecting Food est un peu différent de ce que peuvent offrir d’autres solutions. Walmart et IBM se basent sur une logique de traçabilité infalsifiable. Notre solution porte davantage sur un système de certification en temps réel. Nous vérifions que ce que la marque ou le retailer ont choisi, décidé et déclaré à leurs consommateurs, est exactement ce qu’il y a dans l’emballage ou dans le produit vendu.

 

De quelle façon votre proposition de valeur a-t-elle été accueillie par vos prospects ?
La solution que nous proposons répond à une vraie problématique, les marques et les distributeurs y sont donc sensibles. Ils sont séduits par la promesse que nous leur apportons. Quand vous avez un problème de qualité, les gens se souviennent du nom de la marque touchée et pas de celui des fournisseurs. Lorsque 50 à 70 % de vos produits partent chez le consommateur sans être validés, il existe forcément un risque. Notre solution répond donc à une vraie demande, un vrai marché, auquel nous apportons une véritable réponse. Nous avons d’ailleurs de plus en plus de prospects, mais également un client bêta, avec lequel nous travaillons en codéveloppement.

 

De quelle façon voyez-vous évoluer votre entreprise dans les années à venir ?
La Blockchain est un moyen d’atteindre un objectif, de délivrer un bénéfice pour l’utilisateur, mais n’est pas un but en soi. Elle permet d’apporter une solution nouvelle plus sûre, plus rassurante qui renforce les « use cases ». La technologie progresse très vite mais la clé réside dans ces derniers. Elle n’est qu’un moyen et il est certain que nous pourrons aller plus loin, vers des éléments plus pointus sur lesquels nous travaillons déjà. Mais pour l’instant, je ne vous en dis pas plus !

BUZZ LOG
“La maîtrise du risque au sein des supply chains passe par trois maîtres-mots : anticiper, s’entrainer et observer. Il faut penser l’impensable, s’y préparer et veiller, être sur le qui-vive du soldat sentinelle.”
— Philippe-Pierre Dornier, professeur à l'Essec, président de Newton.Vaureal Consulting et Datapp
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