Chargeurs
[Reportage] À Dourges, PepsiCo et ID Logistics bien outillés pour absorber le pic saisonnier
PepsiCo France et ID Logistics occupent une partie d'un bâtiment XXL flambant neuf, implanté au cœur de la zone multimodale Delta 3. Inauguré le 12 février 2026, le nouveau site du Pas-de-Calais se prépare à une montée en cadence continue, en accord avec la forte saisonnalité des produits qu’il accueille. Découverte en coulisses d’une logistique rodée et bien équipée.
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PepsiCo France | Les robots mobiles autonomes d'Agilox portent chacun le nom d'une marque de snacking de PepsiCo.
40 millions de paquets de chips répartis dans 2 millions de colis. C’est ce que pourrait accueillir, à ses pleines capacités, le nouveau site logistique de PepsiCo France à Dourges, dans le Pas-de-Calais. Dans le cadre de son déménagement et d’un renouvellement de contrat pour six ans, la filiale française du géant de l’agroalimentaire a refait appel à son prestataire historique, ID Logistics. « Notre partenariat a été initié en France en 2009, avec un premier entrepôt ouvert non loin, à Libercourt », contextualise Laurent Kamiel, ex-directeur supply chain de PepsiCo France, promu depuis début 2026 directeur transformation supply chain de PepsiCo pour l’Europe de l’Ouest. « Nous avons progressivement augmenté notre nombre de cellules avec l’évolution de l’activité, jusqu’à arriver à saturation et devoir opérer des débords. C’est l’une des raisons qui nous a fait opter pour le nouveau site de Dourges. »
Même équipe, nouveaux espaces
Autre facteur important : le volet humain. Désormais implantée sur 56 000 m² loués en propre par PepsiCo France – lorsque son logisticien était bailleur de l’ancien entrepôt –, l’équipe d’ID Logistics a intégralement été reprise dans le cadre du changement de site. Quelque 95 employés du spécialiste de la logistique contractuelle naviguent désormais sur cinq cellules de stockage d’environ 10 000 m², auxquelles s’ajoutent des bureaux mitoyens et des espaces extérieurs.
« Nous avons pu influencer certains designs du nouveau site, en portant notamment une attention toute particulière aux chauffeurs, afin de leur offrir des lieux accueillants et bien équipés, avec douches et cafés », souligne Alice Gueripel, supply chain transformation manager de PepsiCo France, qui a supervisé pendant près de trois ans l’ensemble du projet de transition intersites, ayant aussi impliqué une revisite des flux amonts et avals. « Nous avons également pu effectuer des modifications bâtimentaires afin d’accueillir des innovations, liées par exemple au déchargement automatisé. » À noter que le chargeur occupe près de la moitié d’un bâtiment XXL, étendu sur 136 600 m² (dont 120 000 m² de stockage), au nord-est de l’immense zone logistique multimodale Delta 3.

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Des palettes bien aiguillées
Dimensionnées pour accompagner la croissance des marques de snacks de PepsiCo en France (Lay’s, Doritos, Cheetos, Quaker, Benenuts), les cellules disposent d’une capacité totale de stockage de 52 000 palettes. Majoritairement (à 70 %) en provenance de l’usine PepsiCo de Veurne, en Belgique, ces dernières sont prises en charge pour être réadaptées au format standardisé de la grande distribution, en accord avec les préconisations des Carsat, les caisses d’assurance retraite et de la santé au travail. Ainsi, lorsque les palettes usines de PepsiCo culminent à 2,6 ou 2,8 m, elles ne doivent pas dépasser les 1,8 m en livraison pour les GMS, afin de limiter les risques de troubles musculosquelettiques liés à la préhension manuelle des colis.
Pour ce faire, les équipes de réception d’ID Logistics disposent d’un système de manutention sur mesure de palettes signé Thimon, comprenant du convoyage, du dépilage automatisé et du banderolage en sortie. Cette installation est directement reliée à deux quais de déchargement automatique de Joloda Hydraroll, aptes à vider un camion en trois minutes, contre une demi-heure en moyenne en manuel. Installés en partenariat avec le transporteur Transalliance – qui se charge des navettes amonts entre l’usine belge et l’entrepôt nordiste, avec le concours de camions électriques pour la moitié des volumes –, ils intègrent une technologie de roulement permettant d’acheminer rapidement les palettes, de la remorque jusqu’au poste de dépilage.

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Après avoir été filmées, certaines palettes sont automatiquement déplacées vers les racks par des AMR d’Agilox. Une poignée de chariots robotisés effectuent ainsi, en autonomie et en continu, des boucles de transport interne. Objectifs : limiter le nombre d’allers et retours des caristes et optimiser la gestion de l’entrepôt, supervisée par le WMS Infolog d’ID Logistics.
Montée en charge
Autre innovation déployée par le spécialiste de la logistique contractuelle : le robot d’inventaire Astrid, développé par la société britannique Dexory. Capable de scanner 5 000 palettes par heure via une vingtaine de caméras embarquées, cette solution permet de réaliser un inventaire complet et fiable de l’entrepôt en deux à trois nuits. De quoi libérer les opérateurs pour des tâches à plus forte valeur ajoutée, au sein d’une plateforme en pleine montée en régime.
Étant donné la forte saisonnalité des produits de snacking de PepsiCo France, plus largement consommés par temps ensoleillé (particulièrement les chips, pour les pique-niques, les apéritifs et les barbecues notamment), la multinationale et son partenaire logistique se préparent à une hausse continue de l’activité, jusqu’à un sommet pendant l’été. « Ayant lancé de nouveaux produits cette année, telle une gamme “gourmet’’ de chips Lay’s, nous avons anticipé la croissance de nos flux, à travers de nouveaux outils et une plus grande capacité de stockage, amenant davantage de flexibilité opérationnelle. L’été, nous traitons en effet deux à 2,5 fois plus de volumes qu’en hiver », expose Laurent Kamiel. Durant la haute saison, ID Logistics devrait ainsi embaucher jusqu’à 150 personnes à Dourges.
Décarbonation ex et in situ
Engagé de longue date dans la décarbonation de ses transports, PepsiCo France a installé cinq bornes de recharge poids lourds sur son nouveau site des Hauts-de-France. Elles seront bientôt alimentées par la plus grande centrale photovoltaïque en toiture d’un seul tenant en Europe. En cours d’installation par Urbasolar, cette dernière comprendra 128 000 m² de panneaux solaires photovoltaïques. La centrale devrait produire annuellement jusqu’à environ 17 GWh, soit, selon les estimations de PepsiCo France, la consommation annuelle d’une commune de 8 000 habitants.
Déjà adepte de l’embranchement fer permis par Delta 3 lorsqu'ID Logistics occupait l'entrepôt de Libercourt, l’acteur de l’agroalimentaire profite également de son ancrage renforcé au sein de la zone multimodale. Environ 20 % de ses flux transitent ainsi par voie ferroviaire. Quant au fluvial, PepsiCo France pourrait y recourir à l’avenir. « L’emplacement de Dourges et les évolutions futures du Canal Seine-Nord Europe vont nous amener à investiguer ce moyen de transport, qui me tient particulièrement à cœur », conclut Laurent Kamiel, directeur transformation supply chain de PepsiCo pour l’Europe de l’Ouest.