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PORTRAIT

Hardis Group, une histoire de projets

04.01.2018 • 09h00
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par Laurène MATZEU DE VIALAR
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Hardis

L’innovation est dans les gènes d’Hardis Group. De sa naissance à son développement, ce sont des idées, des projets et des rencontres qui ont jalonné l’histoire de son ascension. Retour sur les 33 premières années d’une société qui a su se transformer pour durer.

On en viendrait presque à l’oublier mais il fut une époque où Internet n’existait pas et où la micro-informatique en était à ses prémices. Nous étions dans les années 80 et de jeunes entrepreneurs férus de nouvelles technologies avaient déjà pourtant des idées plein la tête. C’était le cas de Christian Balmain lorsque, avec trois amis d’université, il fonde en 1984 sa propre entreprise. Il vient de quitter un emploi salarié dans une société grenobloise de services informatique pour lancer son projet qui n’a pas eu l’écho escompté auprès de ses supérieurs : une société de services autour des plateformes IBM. Le terrain de jeu sera d’abord régional, Hardis – pour Haute-Savoie, Ain, Rhône, Drôme, Isère, Savoie – est née. Spécialisée, dès son origine, dans le développement d’applications de gestion en environnements IBM, très vite, Hardis prend ses marques en Rhône-Alpes. Jusqu’en 1987, où elle entame un premier virage dans sa longue existence.

 

Au sein d’une autre SSII grenobloise, Denis Vedda propose aussi un projet innovant à son entreprise qui ne recevra pas l’accueil espéré par son instigateur. Il ouvre alors son carnet d’adresse et s’arrête à la lettre B, sur un nom en particulier, celui de Christian Balmain. Il se souvient avoir croisé le jeune entrepreneur dans le cadre de ses activités professionnelles et en garde un bon souvenir. Il l’appelle et lui présente son projet d’atelier de génie logiciel (AGL) pour industrialiser le développement d’applications. Le fondateur d’Hardis est séduit. « Il s’agissait de créer un outil AGL pour développer des applications de gestion en s’affranchissant de la partie codage et en permettant de représenter rapidement à l’utilisateur final ce qu’il allait avoir comme fonctionnalités à travers du maquettage. Et de générer le code informatique capable de créer ces fonctions à partir d’un langage simple de quatrième génération », raconte Jean-Yves Costa, directeur adjoint de l’activité solutions supply chain du groupe.

 

Anticiper les relais de croissance

C’est ainsi qu’Hardis commence à entrer dans le monde de l’édition logicielle. À l’époque, la structure compte moins de 10 personnes. On est alors bien loin du quasi-millier de collaborateurs actuel. Hardis commercialise son outil de conception d’applications qu’il baptise Adelia pour « atelier de développement de logiciels et d’intégration d’applications ». Le marché est alors porteur, nous sommes à la fin des années 80 et Adelia se vend bien, à tel point qu’il s’avère « structurant et majeur » pour Hardis. Quelques années plus tard, au début des années 90, le groupe compte une trentaine de collaborateurs. Loin de se reposer sur le succès d’Adelia, Christian Balmain et son équipe pensent déjà au coup d’après et à ce que pourraient être leurs nouveaux relais de croissance.

 

À cette époque, apparaissent un certain nombre de solutions dites progiciels, notamment dans la comptabilité, les systèmes de gestion de paie… « Lorsque je suis arrivé au sein d’Hardis en 1990, nous nous sommes lancés dans le développement d’un progiciel de gestion commerciale et industrielle, avec Adelia bien sûr, et nous avons créé l’application Adelia Entreprise », détaille Jean-Yves Costa. Mais ce n’est pas tout. De société purement informatique au départ, Hardis va bientôt élargir son champ des possibles. Si à l’époque dans l’entreprise personne ne parle encore de logistique, le destin d’Hardis va pourtant basculer vers ce secteur en devenir.

 

La logistique comme dessein

Le virage pris par la société est de nouveau le fruit d’une rencontre, avec un spécialiste des systèmes d’informations logistiques, François Biesbrouck, aujourd’hui Pdg de BK Systèmes. « Après avoir vécu des années dans le monde de la prestation et avoir éprouvé les systèmes WMS, très peu nombreux à l’époque, il en avait vu les limites. Il souhaitait créer un nouveau produit qui ferait sauter ces contraintes et cherchait une entreprise prête à investir dans la création d’un nouveau logiciel WMS. Hardis relève alors ce défi de concevoir et réaliser, depuis une page blanche, un progiciel de gestion d’entrepôt… en s’appuyant sur Adelia, à nouveau ! Nous étions convaincus que nous nous apprêtions à toucher un secteur de niche, sur lequel il y avait peu d’équipements mais beaucoup de choses à faire », se souvient le directeur adjoint. Le produit phare de la SSII allait bientôt être créé. Après deux ans d’études et d’investissements, naissait, en 1994, Reflex, le WMS d’Hardis. Quelques années plus tard, en 1997, François Biesbrouck quitte l’entreprise mais l’aventure Reflex va se poursuivre. « Face à l’arrivée massive des ERP au début des années 1995, nous avons décidé de nous concentrer sur la logistique et sur Reflex. C’est à cette époque que j’ai pris la direction de l’activité Reflex (1998). Dans les années 2000, le monde s’est ouvert autour du WMS et des possibilités qu’il offrait. En parallèle, l’e-commerce pointait le bout de son nez. Tout cela a progressivement changé la donne », analyse Jean-Yves Costa.

 

En parallèle, Hardis va continuer son développement en lançant une activité de conseil. Grâce à la reprise d’une petite société qui va devenir l’une de ses business unit, l’entreprise vient compléter ses offres. Deux ans plus tard, elle crée une activité d’hébergement et d’infogérance, en particulier pour ses clients utilisant Reflex, qui va elle aussi se développer très vite : « Nous étions déjà dans le Cloud mais à l’époque on ne l’évoquait pas en ces termes », s’amuse Jean-Yves Costa. Les années 2000 sont charnières pour Hardis, elles viennent confirmer une vision et ses investissements. « Au début des années 2000, personne n’en parle, mais petit à petit, on comprend que cette discipline est essentielle et va le devenir de plus en plus », précise-t-il.

 

Voir l’avenir

Si Hardis a réussi le pari de la supply chain, elle a aussi puisé sa force dans son double positionnement historique – à la fois entreprise de conseil, de services du numérique et éditeur de logiciels – et dans son management atypique. Car aujourd’hui, une centaine de ses collaborateurs sont aussi actionnaires, désireux de développer un projet commun et durable, récemment renouvelé par la volonté de sa direction. Depuis 2012, Hardis opère sa transition managériale vers une nouvelle génération illustrée par Nicolas Odet et Yvan Coutaz, respectivement directeur général et directeur général adjoint. « Leur génération, celle des quadras, a apporté des évolutions vers des termes qui ne nous parlaient pas forcément au début des années 2010. Digitalisation, omnicanalité, innovation, transversalité… Cela nous a bousculés, mais de façon positive. Ils ont transformé cette entreprise, y ont insufflé de la transversalité. Aujourd’hui, nous sommes capables d’accompagner nos clients sur l’ensemble de leurs besoins. Nous avons pris une autre envergure », assure fièrement Jean-Yves Costa. Une envergure également internationale pour ce groupe qui s’illustre aujourd’hui comme « une communauté partageant des sujets et qui crée ensemble le monde de demain. Notre univers est ouvert et collaboratif. C’est un modèle vertueux qui présage de belles années à venir », imagine Jean- Yves Costa.

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“La logistique est une activité moderne, audacieuse, en recherche constante d’innovations, et qui propose encore un formidable ascenseur social.”
— Jean-Philippe Labaronne, directeur délégué du conseil de métier supply chain - Union TLF
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