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The Warehouse, terrain d’expérimentations logistiques pour Cdiscount

18.06.2018 • 16h25
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par Emilien VILLEROY
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Voxlog | Pierre Foubert de la start-up HRV

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[+vidéo] Le 15 juin 2018, le géant du e-commerce français Cdiscount inaugurait The Warehouse, son incubateur de start-up basé à Canéjan (33). Un espace d'expérimentation de 500 m², déjà investi par cinq jeunes pousses, avec lesquelles Cdiscount souhaite accompagner sa mutation vers une logistique digitale et 4.0

Alors que l’innovation logistique trouve progressivement sa place au sein des entrepôts, les collaborations fructueuses entre chargeurs et start-up autour des questions de digitalisation et d’automatisation se multiplient pour développer et tester des solutions d’avenir. C’est le cas de Cdiscount, le numéro un français du e-commerce, qui vient de lancer son incubateur de start-up The Warehouse. Basé à Canéjan (33), en plein de cœur du pôle d’activité de la région bordelaise de l'entreprise (représentant près de 130 000 m² de surfaces logistiques), cet incubateur propose 200 m² d’espaces de co-working accolés à 300 m² de surface logistique afin de tester les solutions développées en conditions réelles. « L’innovation en logistique est au cœur de notre stratégie. Cependant, celle-ci nécessite des infrastructures physiques et techniques pour pouvoir se développer. C’est la raison pour laquelle nous avons crée The Warehouse », déclare Emmanuel Grenier, PDG de Cdiscount.

 

Au sein de ce nouveau lieu, les start-up bénéficient du programme d’incubation Test & Go pendant une durée de 6 mois. Celui-ci est particulièrement participatif, comme l’explique Pierre-Yves Escarpit, directeur général adjoint en charge de la supply chain, des systèmes d’information et des achats de Cdiscount : « Chaque semaine, les start-up travaillent en atelier avec nos managers, nos chefs de projet mais aussi nos opérateurs sur base de volontariat. Nous voulons que les solutions de demain soient vues et développées aux côtés de nos collaborateurs ». Les jeunes pousses sont également suivies par des experts de l’entrepreneuriat qui les accompagnent dans leur développement. « Ce projet est une chance pour les jeunes pousses qui pourront y trouver un terrain pour développer leur business, mais également pour nous, car il est impossible de suivre seul les avancées rapides du monde de l’innovation », estime Emmanuel Grenier.

 

Première expérience

Si Cdiscount multiplie les projets d’innovation depuis plusieurs années (« Nous avons sourcé plus de 400 start-up et lancé une centaine de POC en 2017 » précise Emmanuel Grenier), The Warehouse trouve son origine dans une précédente collaboration très fructueuse entre le géant du e-commerce et une jeune pousse. « C’est grâce à la collaboration avec les équipes d’Exotec Solutions que nous est venu l’idée de travailler main dans la main avec les start-up pour réduire le time-to-market, afin de créer des solutions pouvant être appliquées rapidement à nos process », détaille Pierre-Yves Escarpit. En effet, Cdiscount collabore depuis 2016 avec Exotec Solutions, start-up française spécialiste de l’IA et de la robotique appliquées à la logistique, dans le déploiement de leur solution Skypod, basée sur des robots se déplaçant en trois dimensions. Ceux-ci permettent d’aller chercher des bacs de produits dans des racks allant jusqu’à 10 mètres de hauteur pour les apporter aux opérateurs. Une innovation robotique permettant de réduire par cinq la surface de stockage, décorée de nombreux prix et ayant permis à Exotec Solutions de lever 15 millions d’euros au mois de juin. Déjà installé au sein de sa plateforme de Cestas (33), Cdiscount compte bientôt déployer ce système sur l’ensemble de ses sites, tout particulièrement au sein d'une plateforme en Île-de-France sur une surface 30 fois supérieure à celle de Cestas.

 

Réduire la pénibilité de manière innovante

La sélection des start-up pour ce programme a été particulière exigeante de la part de Cdiscount. « Nous voulions offrir un accompagnement renforcé avec un engagement fort de nos équipes. C’est une importante charge de travail. Voilà pourquoi nous préférons incuber peu de start-up à la fois, entre 4 et 7 », explique Pierre-Yves Escarpit.  Au total, cinq start-up ont été sélectionnées et sont incubées actuellement au sein de The Warehouse. « Nous avons décidé de travailler autour de trois grands axes : réduire la pénibilité au travail, améliorer l’expérience client et rendre nos opérations plus efficaces », résume Pierre-Yves Escarpit. Des objectifs qui passent par une bonne dose de robotique et de digitalisation. NoMagic.AI, éditeur d’algorithmes et de solutions IA, travaille ainsi sur l’apprentissage de tâches de manipulation à des bras robotisés dans le cadre de la préparation de commandes mono-produit (quatrième photo du slideshow). « Dans un chariot de vrac, un robot va analyser et trouver le bon produit à saisir, le remonter et le scanner avant de le placer dans un carton », explique Tristan d'Orgeval, co-fondateur de l'entreprise. « L’objectif demain est d’aller vers une cadence deux fois plus rapide par rapport à ce que l’on a aujourd’hui. Nous voulons libérer les opérateurs des tâches les plus répétitives pour mieux se concentrer sur les cas d’exceptions ».

 

Côté dépénibilisation du travail, la start-up HRV Simulation développe une solution baptisée Nawo. Celle-ci permet de cartographier la pénibilité des mouvements sur les postes de travail afin de prévenir l’apparition de TMS (troubles musculo-squelettiques). « Nous utilisons la capture de mouvement durant le travail de l’opérateur », explique Pierre Foubert, ingénieur d’affaires pour HRV Simulation (première image du slideshow). « Celle-ci nous permet de relever, pour chaque segment du corps, des indicateurs d’ergonomie afin d'avoir une analyse claire de la pénibilité d’un poste de travail. L’objectif est de diagnostiquer les risques avant industrialisation grâce à notre solution, pour offrir le meilleur rapport entre productivité et santé des opérateurs ». Déjà déployée dans le domaine de l'industrie, cette solution peut être utilisée en réalité virtuelle pour concevoir les postes de travail de manière optimale.

 

Des robots et des Hommes

À mi-chemin entre les deux sujets précédents, Ez-Wheel propose un système de roues électriques autonomes, pouvant être équipées sur des chariots standards afin de permettre leur motorisation, dans le cadre du déplacement de charges lourdes en entrepôt (deuxième photo du slideshow). Ces roues connectées viennent se placer en dessous des chariots et peuvent avoir deux fonctionnalités. Tout d’abord, assister lors des applications manuelles en permettant le déplacement motorisé du chariot par la simple pression d’un boulot par l’opérateur. Cette première solution sera testée dès cet été avec le déploiement de quatre chariots au sein du site de Cestas de Cdiscount. Mais avec cet équipement, Ez-Wheel souhaite également adresser la question des déplacements au sein des entrepôts de grandes tailles, en mettant en place une solution de motorisation autonome, qui permettra aux chariots d’aller seuls d’une cellule à une autre afin de réduire les trajets faits par les opérateurs. Cet axe plus robotique sera lui expérimenté d’ici la fin de l’année. « On oppose trop souvent l’Homme et la machine. Le sujet, c’est de faire collaborer les deux pour réduire la pénibilité », résume Emmanuel Grenier.

 

Cette approche collaborative est également au cœur des solutions de la jeune pousse E-cobot, fondée il y a deux ans, et de son robot collaboratif Husky, qui aide à réduire la pénibilité lors de la palettisation tout en améliorant la performance dans le transport de charges (troisième photo du slideshow). « Husky propose déjà deux modes : un mode autonome et un mode suiveur qui assiste l’opérateur dans ses déplacements en portant pour lui des charges. Notre projet avec Cdiscount est d’ajouter un bras à cette solution pour aider l’opérateur lors de la mise en palette ». Les premiers tests complets auront lieu à la fin de l’année pour une intégration en situation réelle prévue dans la deuxième moitié de 2019.

Enfin, sur l’aspect expérience client, Cdiscount a choisi ShopRunBack, start-up spécialisée dans la gestion des retours depuis sa création en 2014, pour développer des solutions de logistique inversée destinées aux produits lourds. Objectif : offrir un parcours client simplifié avec de nombreux services (dont la possibilité de demander à ce que le produit soit démonté et pris en charge par un livreur directement à domicile), tout en captant plus d’informations dans le processus de retour pour mieux réorienter le produit dans la chaîne de valeur. Installées sur site depuis la première moitié de l'année, les start-up vont désormais multiplier les POC aux côtés des équipes de Cdiscount. Avec pour objectif, selon les mots d'Emmanuel Grenier, de « créer la supply chain 4.0 ».

 

The Warehouse et Cdiscount en chiffres :

■ Cinq start-up actuellement incubées au sein de The Warehouse ;

■ Un incubateur de 500 m² dont 300 m² d'espaces logistiques pour tester les solutions dans des conditions réelles ;

■ Un programme d'incubation de 6 mois ;

■ 3,4 milliards d'euros de chiffres d'affaires et 40 millions de produits expédiés en 2017.

The Warehouse by Cdiscount
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“Il faut que les consommateurs militent pour une logistique plus propre et plus responsable. Nous devons les sensibiliser à des pratiques vertueuses et au fait d’accepter un surcoût, modeste mais existant, pour les mettre en place.”
— Jean-Bernard Bros, adjoint à la maire de Paris et chargé des sociétés d’économie mixte et sociétés publiques locales.
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