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Génération Z : le réveil d’une vocation qui peut sauver la logistique française

Une tribune rédigée par Aimée Guitard-Laffite, sales manager France mid market chez Samsara.

Publié le 12 janvier 2026 - 16h12
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Tierney via stock.adobe.com

L’heure est venue de réviser nos préjugés sur la Génération Z. Contrairement à l’image souvent véhiculée d’une jeunesse réfractaire aux métiers manuels ou de terrain, nombre de jeunes Français se montrent aujourd’hui réceptifs à l’idée d’exercer une carrière liée à la conduite et aux opérations logistiques. Selon une enquête Harris Interactive, 71 % des 18 à 29 ans interrogés ont une bonne image du transport et de la logistique.


Les raisons avancées par ces jeunes témoignent d’une vision beaucoup plus nuancée qu’on ne l’imagine. En effet, toujours selon la même étude, le secteur du transport et de la logistique est perçu comme un secteur qui recrute, qui est ouvert à l'international et qui évolue. Pour un secteur confronté au vieillissement de sa main-d’œuvre et à un déficit historique d’attractivité, cette évolution mérite d’être prise en compte et laisse entrevoir de réelles marges de manœuvre pour renouveler les effectifs.


Mais les obstacles persistent. Les longues amplitudes horaires, la perception d’un travail monotone, l’impression d’un univers encore trop masculin, le sentiment que les salaires ne sont pas toujours à la hauteur ou l’association avec des conditions de travail difficiles constituent autant de freins qu’il serait illusoire d’ignorer. Les jeunes ne rejettent pas ces carrières mais souhaitent qu’on leur prouve qu’elles évoluent réellement.

 

Les attentes claires d’une génération en quête de sens

Ce qui distingue profondément la nouvelle génération, c’est la clarté de ses priorités. Elle veut exercer des métiers perçus comme utiles et respectés. Elle recherche des employeurs engagés dans la transition écologique. Elle accorde une importance centrale au bien-être mental, un critère désormais décisif dans leurs choix d’orientation. Elle exprime également une forte appétence pour des environnements de travail où les technologies les plus récentes, notamment l’IA, occupent une place structurante.


Ces attentes ne sont plus déconnectées de la réalité du terrain. Les métiers de la conduite et des opérations physiques se transforment rapidement. Ils reposent de plus en plus sur des outils numériques, des systèmes intelligents d’aide à la décision, des dispositifs de sécurité avancés et des organisations mieux structurées autour de la prévention, de l’accompagnement humain et de la progression professionnelle. Ces métiers s’engagent également dans une nouvelle ère ; entre motorisations décarbonées et exploitation des données via l'IA, l'efficacité énergétique devient un levier clé du secteur.

 

Une transformation culturelle et technologique en marche

Les professionnels du secteur insistent sur la nécessité de replacer l’humain au centre. La reconnaissance, l’écoute, la valorisation des bonnes pratiques, la constitution de réseaux de soutien ou de communautés métiers jouent un rôle déterminant dans la fidélisation. De même, la modernisation technologique contribue à sécuriser les trajets, à alléger la charge mentale des conducteurs et à leur offrir un environnement plus serein. L’industrie évolue dans le bon sens.


Néanmoins, un défi essentiel demeure : la perception extérieure. Les jeunes ne décident pas seuls de leur orientation scolaire et professionnelle. L’influence familiale occupe une place prépondérante dans ce processus. Pour attirer davantage de jeunes, le secteur doit donc élargir sa communication bien au-delà des candidats eux-mêmes. Les familles doivent percevoir la logistique comme un univers moderne et stable. Pour cela, il est essentiel que les établissements scolaires connaissent mieux les débouchés et les passerelles de progression. Le grand public, enfin, doit prendre conscience du rôle vital joué par celles et ceux qui assurent chaque jour la continuité économique du pays.


Un enjeu national dépassant le seul recrutement

Cet enjeu dépasse largement la question du recrutement. Aucun modèle économique ne fonctionne sans mobilités fiables et sans chaînes logistiques robustes. Sans les femmes et les hommes qui conduisent, livrent, assurent, contrôlent et relient, l’activité nationale s’arrêterait en quelques heures. La France ne peut se permettre que ces métiers peinent à se renouveler. Leur attractivité conditionne directement la résilience du pays.


Pour toutes ces raisons, les jeunes générations auraient tout intérêt à regarder de plus près ce que ces métiers ont réellement à offrir. Ils représentent aujourd’hui une profession technologique en pleine modernisation, où les outils intelligents, les données en temps réel et les systèmes d’assistance transforment la façon de travailler. Ils permettent d’avoir un impact direct et concret sur la société car ils assurent le fonctionnement quotidien des territoires et la circulation des biens essentiels. Ils ouvrent des trajectoires professionnelles solides grâce à des parcours mêlant apprentissage, formation continue et progression vers des postes de coordination, de gestion ou d’encadrement. Ils évoluent dans des cultures d’entreprise de plus en plus attentives au bien-être, où la considération humaine devient un levier fondamental de fidélisation. Ils offrent enfin une vraie stabilité avec une rémunération compétitive, une autonomie réelle et une alternative crédible à un parcours universitaire parfois coûteux et incertain.


La prochaine génération de conducteurs et d’opérateurs est prête à émerger. Reste à lui adresser un message clair, positif, en adéquation avec ses aspirations, et à lui montrer que ces métiers, loin des stéréotypes, incarnent l’un des piliers essentiels de l’économie française et une voie d’avenir qu’il serait dommage de négliger.

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