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Boost, aller vers une autre logistique
Concilier logistique et économie sociale et solidaire. Un parti pris qu’Anthony Lecossois, fondateur de Boost, a souhaité adopter il y a cinq ans afin d’accompagner les marques engagées et responsables dans leur logistique e-commerce. Présentation.
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BOOST | Anthony Lecossois, fondateur de Boost.
Nombreux sont les logisticiens à s’engager dans des actions concrètes en faveur de l’inclusion, de l’insertion et du développement durable. Certains, comme le fondateur de Boost, Anthony Lecossois, ont décidé de faire de ces valeurs les fondements de leur entreprise. Il y a cinq ans, il a créé Boost, un prestataire logistique e-commerce se présentant comme « éthique », porté par la volonté d’aligner qualité de service et impact social et environnemental, via des actions concrètes.
Cet engagement, le CEO de Boost le porte de longue date. Durant près de sept ans, il a œuvré au sein de l’ONG Mercy Corps. Soudan, Syrie, Congo, Bahamas… L’acheminement de l’aide humanitaire, liée à des crises sanitaires (Ebola), climatiques (l’ouragan Dorian) ou politiques a été son quotidien. Et c’est cette logistique de l’urgence au service des autres qui l’a inspirée pour la suite. En rentrant en France, juste avant le Covid, il envisage de développer « une autre façon de faire de la logistique ». Anthony Lecossois est convaincu qu’elle peut être engagée et qu’elle doit se transformer pour accompagner la multitude de jeunes marques éco-responsables se développant dans le monde du e-commerce. « Si ces e-commerçants veulent être cohérents jusqu’au bout, le besoin logistique doit être aligné sur leurs valeurs. J’ai voulu leur montrer que cela était possible, que les faibles marges, les émissions liées au transport et la pénibilité associée à nos métiers n’étaient pas une fatalité », entame-t-il.
Réduire les externalités négatives
Lancée sur fonds propres et aidée de subventions publiques, Boost s’est développée à partir de 2021 à Nîmes dans un entrepôt de 3 500 m². Aujourd’hui, l’entreprise compte 45 clients parmi lesquels le chocolatier Marou, les marques de vaisselle Molleni ou bien encore de vêtements Jacker. Pour les convaincre au-delà de l'expertise métier, Boost a axé sa stratégie sur deux enjeux majeurs. Le premier ? Agir sur les externalités négatives associées au secteur, et notamment l’emballage et le transport. « Nous sommes en zéro plastique. Tous les composants ont été remplacés par du carton recyclé, du papier froissé, alvéolé… Et nous avons évidemment réfléchi en parallèle à la réduction du vide en adaptant la taille du colis au plus proche du produit », explique Anthony Lecossois. Côté transport, si la tâche s’avère plus complexe, Boost tente de s’entourer, a minima, de transporteurs compensant leurs émissions. Au mieux, l’entreprise collabore avec Wepost, une société ayant développé le transport de colis par le train : « Nos colis sont récupérés en vélo-cargo, déposés en gare de Nîmes TGV pour voyager en train jusque Paris où ils sont de nouveau livrés en porte à porte, en vélo-cargo », détaille le fondateur de Boost.
Favoriser l’insertion et l’emploi à travers la logistique
Mais Boost n’entend pas uniquement agir sur ses externalités négatives, et oriente également son développement sur la création de valeur de ses activités. Pour ce faire, elle s’est concentrée sur sa politique RH. Labellisée entreprise d’insertion, Boost accueille des personnes éloignées de l’emploi afin qu’elles puissent découvrir les métiers de la logistique via un parcours professionnalisant : « Nous leur proposons de gagner un salaire fixe, de retrouver un rythme mais aussi d’être accompagné par un conseiller en insertion professionnelle capable de les aider à identifier et lever les freins au développement de leur projet professionnel. Ici, notre métier est un outil pour reprendre confiance en soi et en l’entreprise. Nous tentons de valoriser les personnes en leur faisant réaliser qu’elles sont parfaitement aptes à réaliser leurs missions. Dès qu’elles s’en sentent prêtes, elles basculent sur du droit commun, en logistique ou n’importe quel autre secteur visé », explique Anthony Lecossois.
En parallèle, l’entreprise a également mis en œuvre une méthode de recrutement, sans curriculum vitae ni lettre de motivation, en collaboration avec les prescripteurs. « Si une personne dispose d’un niveau C1 en français, qu’elle sait gérer un clavier, une souris et qu’elle est capable de porter jusqu’à 15 kilos, nous la recevons en entretien et effectuons ensemble une simulation sur poste », détaille-t-il. « Il existe de nombreuses solutions pour innover et créer la logistique de demain. Chez Boost, nous voulons être à l’avant-garde de toutes ces batailles et accompagner d’autres start-ups engagées et innovantes pour, petit à petit, changer les pratiques. J’ai toujours été persuadé qu’il était possible d’être performant et viable financièrement en plaçant les enjeux environnementaux et humains au centre de notre métier. Et nous l’avons prouvé puisque dès notre première année, nous avons été rentables », conclut le CEO de Boost.
Boost en quelques chiffres :
• 18 salariés et une dizaine supplémentaire d’ici fin 2026
• 2 millions d’euros de chiffre d’affaires
• Environ 45 clients
• Un entrepôt de 3 500 m² à Nîmes