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Des solutions de planification et prévision tournées vers la collaboration

30.09.2021 • 09h28
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par Emilien VILLEROY
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Avec l’avènement du cloud, c’est à une vision plus juste et collaborative de la planification que peuvent accéder les acteurs de la supply chain.
Ouvrir le dialogue avec l'outil

Parmi les axes d’innovation développés par QAD DynaSys, l’éditeur travaille sur une brique d’analyse conversationnelle qui se base sur l’IA. Son principe est simple : permettre d’interroger ses données textuellement, à la manière d’un chat en ligne. « Comme dans une conversation normale, l’utilisateur pourra poser des questions écrites à son application supply chain : quel scénario a la plus grande profitabilité ? Quel fournisseur est plus stratégique ? La solution analysera ce langage naturel, le traitera comme une requête dans sa base de données et y répondra comme si c’était un être humain », détaille Shaun Phillips, directeur produit chez QAD DynaSys. Un outil basé sur le machine learning, avec un apprentissage de la syntaxe des utilisateurs pour analyser les requêtes textuelles. L’éditeur souhaite proposer cette innovation prochainement sur le marché. « Maintenant que nos outils savent agréger et trouver de la valeur dans un grand nombre de données, l’objectif est de pouvoir passer l’information cruciale encore plus facilement », estime Shaun Phillips.

Engagée chez une majorité des entreprises, la transformation digitale vise le désilotage de la chaîne de valeur pour offrir plus de réactivité, de visibilité et de communication entre les services. Mais dans les faits, il reste encore difficile pour certaines organisations de se défaire d’un fonctionnement segmenté et séquentiel. On voit ainsi des cycles de planification où les dialogues entre les différents intervenants clés doivent suivre un ordre naturel et où les contributions de chaque service sont définies indépendamment puis partagées ultérieurement. Une organisation à l’image des anciens systèmes qui pilotaient la supply chain : « Avant, les outils fonctionnaient par couches : on débutait par le S&OP, puis suivait le demand planning ou le supply planning, tandis que les services commerciaux planifiaient eux de leur côté. Aujourd’hui, il faut que tout soit intégré dans le même outil, et que les entreprises soient capables d’échanger en temps réel avec les différents interlocuteurs internes mais aussi externes », juge Rui Saraiva, responsable des activités supply chain chez Infor Nexus.

 

Car ce modèle siloté a montré ses limites durant la crise sanitaire, tant l’urgence de la situation contraignait à une adaptation rapide que ces organisations peinaient alors à atteindre « Pendant la crise, tout a changé en même temps. Certains marchés se sont effondrés et il fallait simuler des impacts financiers tout en s’assurant des conséquences opérationnelles. Très vite, il y a eu pénuries de matières premières et de main-d’œuvre, nécessitant une vision globale. Pour certaines organisations, il a fallu renforcer l’intégration des équipes RH aux processus décisionnels par exemple, pour anticiper les plans de formation et de recrutement et savoir si les équipes seraient à même d’être présentes au niveau attendu pour soutenir les opérations. Idem pour la direction des achats, dont les contributions sont cruciales car une indisponibilité matière peut remettre en cause fondamentalement le plan de charge de l’entreprise, et sa capacité à soutenir ses ambitions sur le marché », raconte Stéphane Pardi, responsable avant-vente chez Vif. Un véritable changement de mentalité dans les organisations : « La plus grande déconnexion dans une entreprise existe souvent entre le management et les équipes opérationnelles sur le terrain. Il faut être sûr de partager et éduquer l’organisation pour mieux organiser ces échanges », juge Evan Quasney, global VP supply chain solutions chez Anaplan.

 

Mettre tout le monde autour de la table

Nécessité donc pour les entreprises d’être en mesure d’accélérer les processus d’échanges et d’enlever un certain nombre de lourdeurs en mettant tout le monde autour de la table – achats, marketing, supply chain – malgré des freins humains et technologiques encore prégnants. « Les entreprises ont parfois des difficultés à collaborer, et l’absence de partage des prévisions peut entraîner des regrets : “si j’avais su !” En déployant des outils pensés pour faciliter cette collaboration, il est possible d’améliorer la visibilité afin que l’information circule. Un outil comme le nôtre permet le partage des prises de commandes ou des prévisions de ruptures, et la mise en place d’un dialogue entre fournisseurs et distributeurs, via une plateforme où tout le monde peut se connecter », estime Alexandre Jennaoui, VP Europe du Sud de Blue Yonder.

 

Les avantages sont nombreux pour les entreprises qui basculent vers cette vision collaborative et simultanée de la planification : en effet, en permettant à chacun de transmettre rapidement ses informations et ses contraintes, c’est une vision holistique, plus complète et plus juste qui est permise. Et cela grâce à l’intégration des solutions dans le cloud, qui offre des possibilités d’échanges simplifiés, avec des jeux de données communs capables d’évoluer en temps réel. « Il faut proposer des outils de simulation globaux : dès que vous changez quelque chose dans les ventes – en euros ou en volumes, et sur n’importe quel axe commercial –, l’impact industriel est recalculé instantanément et est accessible à toutes les parties prenantes. Dans des périodes agitées, cela est crucial, car vous n’avez pas le temps de suivre des process routiniers », note Stéphane Pardi. Reste un enjeu, celui de l’accessibilité, afin que les données soient présentées à chaque interlocuteur de la façon qui lui parlera. Sur cet aspect, les solutions de planification et prévision peuvent se baser sur des interfaces adaptées, qui permettent à chaque utilisateur d’avoir un accès personnalisé. « Un directeur commercial ne peut pas prendre des décisions si on lui parle comme à un directeur industriel. Il faut donc pouvoir décliner les façons de présenter et de visualiser le même ensemble de données afin d’aider dans la prise de décisions », note Stéphane Pardi, responsable avant-vente chez Vif.

 

Étendre le cercle

Une ouverture qui doit également s’étendre en dehors de l’entreprise, en permettant plus d’échanges avec l’écosystème de fournisseurs et prestataires. Et là encore, les solutions basées dans le cloud permettent d’offrir un accès simple à l’information : tous les intervenants de chaîne accèdent ainsi à la même plateforme et aux informations dont ils ont besoin pour leur métier. « Si, pendant une réunion, vous avez une interrogation sur un élément de votre sourcing, vous pouvez envoyer une demande à votre fournisseur pour qu'il regarde un point d’intérêt afin qu’il partage son avis. Cette personne peut ensuite commenter et apporter des modifications à vos données », explique Shaun Phillips, directeur produit chez QAD DynaSys. Une instantanéité cruciale lors d’évènements inattendus, comme pendant la crise du canal de Suez en mars 2021 : « Grâce à l’aspect collaboratif de nos solutions, nos utilisateurs – tels que DB Schenker – étaient capables de donner des informations et des prescriptions à leurs clients sur le rééquilibrage des conteneurs et les impacts sur les supply chains mondiales », souligne Rui Saraiva.

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