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Pièces détachées et de rechange : les enjeux d'une logistique stratégique

Publié le 26 septembre 2019

2. [Interview] Guillaume Destouches, associé chez Diagma

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Face à l’hostilité des consommateurs envers l’obsolescence programmée et leur sensibilité croissante pour le développement durable, les fabricants doivent faire évoluer leurs pratiques en matière de gestion des pièces de rechange. Un constat développé par Guillaume Destouches, expert en pilotage de flux chez Diagma.

Aujourd’hui, quelle est la stratégie adoptée par les fabricants en matière de gestion des pièces de rechange ?

Les fabricants suivent deux stratégies : développer des produits tendance à durée de vie courte ou des produits à qui ils assurent une durée de vie plus longue. Nous sommes convaincus que les entreprises européennes ont plus à gagner avec cette seconde stratégie. Seulement, cela pousse à réfléchir à de nouveaux modèles de supply chain : un premier qui met les pièces de rechange à disposition de réparateurs agréés et un second qui permet aux consommateurs de maintenir eux-mêmes leurs produits. La supply chain d’Orange travaille par exemple sur ce sujet. Si un téléphone acheté tombe en panne, l’opérateur vous envoie un colis contenant un appareil de remplacement et un pré-packaging pour retourner votre ancien mobile à un réparateur. Ainsi, on doit disposer d’une supply chain qui combine un flux d’expédition et un flux de réparation. Cette démarche démontre une prise de conscience et un refus de jeter. C’est cette capacité du consommateur à maintenir ou échanger lui-même le module endommagé de son appareil qui manque à ce jour.

 

Les fabricants sont-ils prêts à cela ?

Aujourd’hui, non. Leur modèle est plutôt de vendre le produit peu cher, pour réaliser une marge supplémentaire sur les pièces de rechange. Pourtant, c’est sans doute le meilleur moyen de fidéliser les consommateurs de demain. Le secteur automobile fait ainsi figure d’exemple avec, pour les réparateurs, un accès rapide à toutes les pièces de rechange. Il est dans l’intérêt du fabricant d’optimiser la maintenance pour réduire son coût de réparation. Le consommateur, avec sa sensibilité au développement durable et son hostilité à l’obsolescence programmée, va influencer le modèle des fabricants. Certains vont s’y préparer, d’autres y résister, mais, les industriels qui n’évolueront pas seront pénalisés. L’avenir du fabricant est bien de vivre du service.

 

Quelles seraient les conséquences supply chain de ces évolutions ?

Il faut créer un modèle alternatif dans lequel le fabricant définit une vision de la maintenance de son produit avec une supply chain gérant le renvoi du produit fini ou d’un module à un centre de compétences. Cette approche industrielle doit assurer un échange rapide, pour fournir un produit en état de marche au client, puis le remettre en service après réparation. Concrètement, les équipes supply devront être capables de récupérer l’équipement en panne, puis de l’envoyer au réparateur compétent, en traçant chaque étape. C’est une offre de service qui va plaire de plus en plus aux consommateurs et s’inscrire dans une stratégie de développement durable.

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