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INTERVIEW

Rencontre avec Isabel Rocher d'AutoStore et Isabelle Bion d'Element Logic

26.02.2020 • 10h35
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par Charlotte COUSIN
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Voxlog | Isabelle Bion et Isabel Rocher

Nous avons une disponibilité de plus de 99,8 % dans le monde, sur plus de 430 installations qui fonctionnent tous les jours depuis des dizaines d’années.
Après l’ouverture d’un bureau en France en février 2019, AutoStore y étoffe son réseau de distribution avec l’arrivée d’un nouvel intégrateur pour ses systèmes de stockage et de préparation de commandes automatisés : le Norvégien Element Logic, qui s’est implanté en octobre 2019 dans l’Hexagone. Isabel Rocher, directrice générale d’AutoStore France et Isabelle Bion, directrice générale d’Element Logic France reviennent sur le partenariat entre les deux sociétés.

Comment la collaboration entre AutoStore et Element Logic a-t-elle débuté ?
Isabelle Bion - Element Logic France : Element Logic est un groupe norvégien créé en 1985. En tant qu’intégrateur historique d’AutoStore, nous avons installé le premier système en 2003 en Norvège. Aujourd’hui, nous avons les droits de distribution du système AutoStore sur l’ensemble de l’Europe et sommes présents dans dix pays : la Norvège, la Suède, la Finlande, le Danemark, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, le Benelux ainsi que la France depuis le 1er octobre 2019. L’Hexagone constitue un marché très intéressant parce qu’en fort développement alors qu’il n’était jusqu’alors pas très tourné vers l’automatisation.


L’installation d’Autostore en France il y a un an s’est faite de manière stratégique pour y accompagner vos intégrateurs ?
Isabel Rocher - AutoStore France : Nous avions déjà commencé à y travailler avec des intégrateurs avant cela. Alstef fut le premier au niveau national, tandis que nous travaillons avec Swisslog et Dematic qui possèdent les droits de distribution mondiaux et aujourd’hui avec Element Logic au niveau européen. La France étant un pays cible, en pleine croissance, AutoStore a décidé de renforcer ce marché avec une structure propre. Ma mission principale, en tant que directrice générale de la société sur le territoire, est d’accompagner nos partenaires au niveau commercial, marketing, communication et réglementation : en somme, tout ce qui peut leur poser problème et les dévier de leur objectif de vendre l’AutoStore ! Chez nos intégrateurs, nous cherchons des experts de l’intralogistique puisque nous sommes des fournisseurs d’une partie d’une solution logistique globale. La certification de nos partenaires/distributeurs leur permet d’accéder à nos outils de design et de simulation de la solution, afin d’être complètement autonomes. Ils vont traiter toutes les données des clients, dimensionner l’AutoStore et simuler les flux pour garantir une solution optimale pour le client.


Isabelle Bion : Chez Element Logic, nous sommes également capables d’intégrer d’autres produits autour de l’AutoStore : systèmes de convoyage, machines d’emballage, fermeuses de caisses, trieurs ou bras de picking. Nous avons en outre notre propre WCS, nommé EWCS, qui vient faire l’interface entre le WMS du client et le système Autostore.


Quels sont vos projets pour 2020 en France ?
Isabel RocherNous avons triplé nos installations dans le pays en 2019 et nous avons de belles perspectives pour la première partie de 2020 avec des projets de plus en plus conséquents : en moyenne de 60 000 à 100 000 bacs. L’arrivée d’Element Logic devrait également agir comme un démultiplicateur naturel pour atteindre nos objectifs. Nous observons également que des clients qui ont l’habitude de travailler avec des technologies traditionnelles commencent à frapper à notre porte.


Isabelle Bion : Nous avons affaire à deux extrêmes : de très grosses installations et de petits systèmes en zone urbaine en micro-fulfillment. Nous avons ainsi récemment finalisé l’installation en Suisse d’un AutoStore de 12 000 bacs chez Peterhans Handwerkercenter [enseigne de vente de matériel de construction et de bricolage], au cœur du magasin.


Isabel Rocher : Ce type d’applications en micro-fulfillment devrait se démultiplier à l’avenir. L’AutoStore demeure le même, c’est l’application qui change et notre capacité à s’interfacer sous n’importe quelle forme : une réserve d’un magasin en ville, en zone urbaine, en entrepôt "prime" d’un transporteur qui a besoin de réaliser son dernier kilomètre…


Quels secteurs d’activités visez-vous avec l’AutoStore ?
Isabelle Bion : Element Logic a beaucoup de clients dans le domaine de l’habillement, des pièces de rechange, de l’automobile, de l’électronique et dans le tout petit électroménager.


Isabel Rocher : Ces dernières semaines, nous constatons une demande plus élevée de la part de logisticiens. Le système AutoStore est parfait pour répondre au stockage de tout type de produit : tout ce qui peut entrer dans un bac de 600x400 et qui est traité en préparation de commandes au détail est éligible, non seulement dans la distribution, mais aussi dans le domaine de la production. Nous avons par exemple installé des systèmes AutoStore qui servent de buffer pour alimenter les chaines de production.


Comment vous différenciez-vous par rapport à vos concurrents sur ce créneau du système automatisé de stockage ?
Isabel Rocher : Nous sommes les pionniers dans ce domaine. AutoStore existe depuis 25 ans et nous en sommes à la cinquième génération de robots. Nous avons une disponibilité de plus de 99,8 % dans le monde, sur plus de 430 installations qui fonctionnent tous les jours depuis des dizaines d’années. Notre compacité nous différencie. Par exemple, nous réalisons la consolidation des commandes à l’intérieur du cube : lorsqu’on indique à un client qu’il aura besoin de 1 000 m² au sol, ce ne sera pas 1 000 m² + 20 % ! Nos flux en préparation des commandes s’adaptent à tous les profils : des industriels avec des flux moyens aux détaillants e-commerce avec une rotation de stock très forte. Nous dimensionnons en outre la solution AutoStore au besoin instantané du client car le système modulaire permet d’augmenter l’espace de stockage ou d’intensifier le flux par des robots additionnels. Il n’y pas de surinvestissement pour palier à la croissance future.


Isabelle Bion : Et nous pouvons augmenter le nombre de robots et ajouter des ports en plus sans avoir à arrêter le système plus de quatre heures. Nous proposons d’autre part deux catégories de robots : la Red Line et la Black Line. Si la première nécessite deux cellules pour que le robot puisse circuler (la cellule avec le corps du robot et la cellule du plateau qui va aller chercher les bacs), la Black line est beaucoup plus compacte : le bac rentre à l’intérieur du corps du robot ne nécessitant qu’une cellule et demie pour se déplacer et permettant ainsi d’avoir plus de flux. Celle ligne est en outre dotée d’un système de recharge différent et plus simple.

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