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INTERVIEW

Trois questions à Gilles Calvez, PDG d'Interroll France

02.07.2020 • 09h30
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par Emilien VILLEROY
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Interroll

Les derniers mois permettent de prêcher en faveur d’une automatisation accrue. Les grands projets seront peut-être revus à la baisse, mais la supply chain va continuer à avancer.
Alors que le Covid-19 impacte l’ensemble des industries de la logistique, le président de la branche française du spécialiste des solutions de flux de marchandises revient sur les impacts de la crise, analysant état du marché et perspectives à venir.

Quel a été l’impact de la crise sur Interroll ?

Nous avons eu une réduction de notre activité de 15 % par rapport à la normale. Nos clients sont des constructeurs d’équipements et des intégrateurs, dont les projets ont été arrêtés pendant la crise et qui reprennent peu à peu. Nous avions cependant gardé une demande soutenue auprès des industriels qui utilisent nos produits et avec lesquels nous proposions de la maintenance : réparation, pièces détachées… Nous nous sommes organisés de façon agile sur les aspects vente, service et production afin de répondre à toute demande pouvant survenir, en réadaptant parfois notre organisation. Nous avons ainsi mené un projet avec Actemium pour un trieur haute cadence, mais nos équipes allemandes n’étaient pas en capacité de faire l’installation de cette machine de tri. Il a fallu trouver une solution en local avec de nouveaux partenariats pour que nos équipements soient réceptionnés. Côté approvisionnement, nous avons sécurisé nos flux vis-à-vis de nos fournisseurs de matière première, en multipliant les sources.

 

Comment réagit le marché face à la crise ?

La demande reste limitée. Nous travaillons toujours sur des projets à venir mais lorsque nous relançons certains clients sur le devenir de leurs investissements, les réponses restent prudentes. La disponibilité financière de certains n’est désormais plus forcément assurée. Si le client final n’est pas en capacité de payer l’acompte, le constructeur ne pourra pas commencer à travailler, et ce constructeur qui va nous commander des soussystèmes ou composants ne sera pas en mesure de nous financer non plus. Il faut donc que cette chaîne se relance et qu’il n’y ait pas un attentisme des donneurs d’ordre pour déclencher les projets.

 

Comment envisagez-vous les mois à venir ?

Sur le long terme, je pense que nous allons voir apparaître de nouvelles solutions développées pour répondre aux contraintes fortes d’une crise sanitaire comme celle-ci. Les derniers mois permettent également de prêcher en faveur d’une automatisation accrue des process. Les grands projets seront peut-être revus à la baisse, mais la supply chain va continuer à avancer. Plus concrètement pour Interroll, nous sommes aujourd’hui sur un scénario impliquant 10 % de pertes par rapport à l’an passé au niveau du groupe. Ce n’est pas une catastrophe – l’entreprise est solide – et nous restons plein d’espoir à l’idée d’un certain rattrapage qui viendrait compenser ce qui n’a pas été fait en début d’année, au moins partiellement. Nous poursuivons nos efforts en R&D et dévoilerons de nouveaux produits pour la fin d’année. Plus globalement, nous voyons de vrais développements à venir du côté de l’agroalimentaire (avec des installations automatisées pour des drives) et plus généralement du e-commerce, qui va devoir se renforcer sur le long terme.

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