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Mobilités

Gestion du transport : les TMS prennent de la vitesse

01.12.2016 • 09h30
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par Matthew PERGET
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3. Communication : Le vaste chantier de la digitalisation

Remplir des lignes manuellement sur Excel reste l’apanage de nombreux responsables transport. Le manque d’investissement, de budget ou tout simplement de volonté, paralyse et affaiblit encore les entreprises de transport à l’heure du maître-mot « immédiateté ».

Pour faire passer une chaîne d’approvisionnement de l’état de fragile à agile, un grand bond s’impose. Dans l’étude Le TMS, l'avenir de la supply chain agile, DDS Logistics et l’E.S.T. dressent un bilan peu reluisant de l’état d’avancement de la digitalisation des processus de traitement de l’information et des outils de communication des chargeurs. Plus de 60 % des entreprises interrogées (industriels, distributeurs spécialisés et acteurs de la grande distribution, dont 80 % ayant un effectif total supérieur à 500 salariés) « n’ont pas digitalisé leurs processus de communication avec les transporteurs » et utilisent encore le courrier électronique, le téléphone et le fax comme principaux outils d’échange. De plus, « 43 % des entreprises utilisent encore un tableur pour gérer les appels d’offres transport ». Il est certes possible de mener à bien une tâche avec n’importe quel type d’outil dès lors qu’il est adapté à son activité et que la personne qui s’en sert se sent à l’aise avec. En revanche, dès lors que la tâche absorbe de plus en plus de temps et devient besogneuse, la recherche d’une solution pour l’automatiser peut s’avérer pertinente et rentable sur le long, voire le court terme. Cette économie de coûts, en temps-homme et en matériel, est l’un des principaux vecteurs de transformation digitale des entreprises.

 

Le TMS, avec ses capacités d’optimisation et d’automatisation des tâches, peut aider à accélérer la mutation de l’entreprise au sein d’un environnement de plus en plus connecté et astreignant. « Le TMS, c’est ce que j’appelle la garantie des promesses client, déclare Olivier Schulman, responsable de l’offre TMS chez A-SIS, marque de la division Savoye du groupe Legris Industries spécialisée dans l’édition et l’intégration de logiciels pour la supply chain. Les chargeurs se rendent compte que leur taux de service et la mesure de la promesse client sont devenus fondamentaux. Plus nous allons dans un monde de digitalisation, de rapidité d’exécution, plus le client est exigeant en termes de visibilité sur sa commande. Cette visibilité, c’est le transport qui la donne, pas l’entrepôt ni la production. » 

 

Une plus forte collaboration

Outre l’augmentation de performance et de confort de travail induite par la dématérialisation des moyens de communication, de gestion et d’exécution, la digitalisation des outils de gestion du transport encourage la collaboration entre acteurs. Elle aide à répondre ce besoin croissant de traçabilité et de suivi des livraisons temps réel et devient un moteur d’optimisation financière. « La volonté des chargeurs de demander aux prestataires de transport de leur remonter les suivis de livraison, de les prévenir en cas d’alerte ou de retard sur les trajets et éventuellement de leur apporter un taux de visibilité sur les besoins qu’ils vont avoir, contribura à optimiser l’organisation et donc les coûts, assure Jean-Christophe Henry, directeur général d’Infflux, entreprise spécialisée dans les solutions logicielles de gestion, de pilotage et d'optimisation de la chaîne logistique opérationnelle. Il y a un levier qui ne va plus pouvoir être utilisé, c’est celui consistant à faire baisser les coûts du transport de manière brute. La réduction des coûts logistiques consistant à négocier à chaque fois avec ses transporteurs arrive à ses limites. Il n’y aura à force plus assez de transporteurs et donc une augmentation des prix. La diminution des coûts passe ainsi par une meilleure organisation, donc une meilleure collaboration. » Si cette mutualisation des informations prend de l’ampleur, les volontés de coopération se heurtent cependant à des problématiques d’ordres techniques et organisationnels.

 

Le manque de normalisation entre les solutions et les modes de gestion des différents secteurs et entreprises nuisent aux volontés d’échanges informatifs et d’harmonisation des systèmes d’information et, par effet domino, à la qualité des données qui y transitent. Ainsi, face à la complexité de l’interfaçage entre des solutions logicielles diverses et des systèmes d’information aux composantes développées sur mesure, les projets collaboratifs peinent à se développer aussi rapidement que le souhaiteraient leurs instigateurs. « La vision idéaliste consisterait en un interfaçage complet, générant de la productivité du côté transporteur et des coûts réduits et optimisés du côté industriel, expose Thomas Moreau, co-responsable de l’activité supply chain de Karistem Corporate Consulting, cabinet de conseil en stratégie et transformation. Nous en sommes encore loin. Néanmoins, il existe pas mal d’initiatives avec des groupements d’acteurs pour coordonner leur logistique au niveau d’une plateforme, avec un impact sur le transport. Des outils intéressants visent à améliorer la collaboration entre industriels, transporteurs et 3PL, même si c’est déjà un sujet sur lequel les transporteurs travaillent. Certaines solutions vont permettre une meilleure collaboration, un meilleur interfaçage, une meilleure communication, mais la finalité d’une communication temps réel est lointaine. »

 

La route menant à une unification des protocoles d’échanges d’information et une interopérabilité complète des solutions d’optimisation du transport est longue et sinueuse, mais des chantiers de normalisation des échanges EDI sont en cours et vont dans le sens d’une plus forte collaboration. Des acteurs innovants, à l’instar de Shippeo et sa solution de gestion d’ordres de transport et de suivi, font même du partage d’information en temps réel leur source de croissance.

BUZZ LOG
“Nous sommes persuadés que dans quelques années, la logique de remettre des produits invendus dans l’économie sera devenue la norme.”
— Pierre-Yves Pasquier, co-fondateur de Comerso
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