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Innovation

Les avancées technologiques de l'entrepôt connecté

11.01.2018 • 15h09
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par Laurène MATZEU DE VIALAR
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5. Robots et humains, un nouveau duo en entrepôt

Si la mécanisation a trouvé sa place depuis bien longtemps dans la chaîne d’approvisionnement, la question robotique s’installe également de plus en plus dans l’organisation logistique des entreprises, en particulier grâce à l’émergence de robots dits collaboratifs, conçus pour travailler aux côtés des humains.

À la raideur parfois contraignante et coûteuse de la mécanisation telle qu’elle a été pensée depuis les années 90, la robotique de demain oppose des solutions autonomes, simples à mettre en place, et ayant pour unique credo une adaptabilité à toute épreuve. « Aujourd’hui, nos clients n’ont pas forcément une visibilité à long terme sur leur supply chain. Ils veulent donc être agiles pour accueillir des nouveaux produits ou canaux de distribution », explique Patrick Bellart, directeur innovation et automatisation chez FM Logistic. Le prestataire a ainsi déployé une quinzaine de bras robotisés dans ses entrepôts en un peu plus de trois ans, afin d’assister des activités de co-packing. Intégrés au sein d’équipes humaines, ces outils se chargent de tâches ciblées. « Ajouter ce genre de solutions permet de simplifier la vie des opérateurs. En automatisant un scan ou une action, nous réduisons une part de pénibilité. »

 

Si le développement des robots reste assuré par l’entreprise danoise Universal Robots, c’est désormais FM Logistic qui gère intégralement l’installation de ces bras automatisés, ainsi que la variabilité de leurs missions. « On parle souvent de plug & play pour ce genre de technologies, mais entre les deux, il manque une étape : le paramétrage. C’est ce savoir-faire là que nous avons internalisé aujourd’hui afin d’être totalement autonomes sur l’intégration de ces outils. Il est de notre responsabilité de permettre au client ayant investi dans ces technologies de repositionner son robot collaboratif d’une mission à l’autre », estime Patrick Bellart. Une adaptabilité également rendue possible grâce à l’impression 3D. En effet, celle-ci permet au logisticien de créer des gammes de préhenseurs (outils placés au bout du bras afin de saisir et de manipuler un objet) parfaitement adaptés à n’importe quelle typologie de produits à traiter, et pour un coût réduit. « Ils ont l’avantage d’offrir une saisie parfaite du produit, ce que ne permettent pas les pinces. » Une dizaine d’autres bras robotisés de ce type devraient être installés chez FM Logistic d’ici l’année prochaine.

 

Accessible et adaptable

Des technologies que l’on retrouve ailleurs, comme chez GT Logistics, qui est récemment entré au capital de l’entreprise bordelaise HumaRobotics. Cette dernière est désormais chargée de l’installation de robots collaboratifs conçus par la société américaine Rethink Robotics dans certains entrepôts GT Logistics (voir notre reportage sur le sujet). « Avec de tels outils, la robotique devient accessible à tous, même aux PME. Un seul bras peut enchainer plusieurs tâches différentes dans la même journée », explique Jérome Laplace, fondateur de HumaRobotics.

 

Même son de cloche du côté d’Idea. Le logisticien industriel a déployé cette année chez Airbus à Nantes (44) des robots chargés d’amener des pièces automatiquement aux collaborateurs. Une optique goods-to-man qui propose des avantages similaires : « Impossible aujourd’hui d’avoir des solutions qui nécessitent des aménagements lourds au sein de l’entrepôt. Nos robots sont autoguidés, mis en place en moins de deux semaines grâce à des marquages au sol et peuvent s’adapter à n’importe quelle restructuration du lieu. L’atout majeur de ce type de solutions, c’est de faire traiter par le robot des opérations à faible valeur ajoutée », résume Jean- Baptiste Bernicot, responsable projets chez Idea.

 

Quelles évolutions pour les robots de demain ?

Selon Patrick Bellart, il s’agira de répondre à la problématique de la reconnaissance de l’environnement par des robots qui n’ont « par nature, pas conscience de ce qui les entoure ». Un avis partagé par Jérome Laplace : « C’est le prochain défi des robots collaboratifs et il passera par l’intégration d’un nombre croissant de capteurs, afin que ces outils soient capables de s’adapter à n’importe quelle condition de travail pour toujours plus de flexibilité. » L’élargissement de la palette d’actions est également un point d’intérêt. « Nous suivons de près les recherches dans les domaines de la préparation de commandes, du côté des labos et des jeunes pousses », explique Patrick Bellart. « La technologie n’est pas encore mature, avec des solutions chères et peu pratiques pour le moment, mais c’est évidemment un sujet qu’il faudra intégrer à l’avenir. L’enjeu pour un logisticien comme nous, c’est de ne pas faire de la technologie à une simple fin de communication. Il nous faut des résultats concrets, et ceux-ci sont en train d’apparaitre. »

 

Émilien Villeroy

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— Jean-Bernard Bros, adjoint à la maire de Paris et chargé des sociétés d’économie mixte et sociétés publiques locales.
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