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INTERVIEW

Jérôme Wencker, président de Fenwick-Linde

01.06.2017 • 09h15
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par Laurène MATZEU DE VIALAR
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Dans nos métiers, la performance mécanique reste nécessaire mais n’est plus suffisante. Le vrai sujet, c’est l’information et la nécessité de savoir la produire, la récupérer et la rendre intelligente.
Depuis de nombreuses années, le spécialiste de la manutention a entamé une large démarche de digitalisation, désormais étendue sur l’ensemble de ses projets.

Que représente le phénomène de digitalisation dans vos métiers ?

Dans notre secteur, la digitalisation apporte la capacité à rendre autonome nos matériels, nos techniciens, nos clients et une grande partie de nos process internes. Elle est multidimensionnelle en termes de nature d’opérations logistiques, elle touche le picking, la production industrielle, le tracking, la gestion des inventaires, les gains de productivité, le service en termes d’entretien (prévention et prédiction) et ce quel que soit le secteur d’activité. Elle permet de rendre un processus totalement automatique et d’en exploiter tout le potentiel généré en termes d’analyse de données. Dans nos métiers, la performance mécanique reste nécessaire mais n’est plus suffisante. Le vrai sujet, c’est l’information et la nécessité de savoir la produire, la récupérer et la rendre intelligente. Enfin, la digitalisation passe aussi dans la façon de travailler de nos techniciens, de nos commerciaux et de nos équipes support. Il s’agit d’un process global. La digitalisation est le fil rouge de notre plan stratégique, démarré ce début d’année, jusque 2020.

 

Quelle importance ont les données recueillies via vos équipements ? Et de quelle façon travaillez-vous autour du big data ?

Pour avoir de la donnée, il faut bien évidemment des outils pour la créer, l’extraire et la récupérer. La donnée en tant que telle n’a aucun sens, seule son exploitation en a. Nous avons donc encore un travail important à effectuer sur la capacité à créer cette information dans nos matériels. Nous commençons aussi à travailler sur l’aspect prédictif notamment sur la maintenance de nos matériels. Donc oui, le big data est important car nos clients attendent de l’information : ils veulent optimiser eux-mêmes leur exploitation, voir comment leurs chariots fonctionnent, étudier la productivité de leurs caristes. Nous avons des solutions qui nous permettent de commencer à fournir ce type de prestations. Nous effectuons également un gros travail en après-vente en proposant à nos clients des systèmes sur des parcs déjà installés. Cela passe par notre offre « Connect » qui permet, comme son nom l’indique, de connecter nos chariots sur un certain nombre de paramètres a posteriori afin d’offrir à nos clients sur des chariots nouveaux et existants, un niveau de service commun en termes d’information récupérable.

 

Votre groupe a récemment dévoilé une gamme de chariots robotisés Fenwick robotics en partenariat avec Balyo…

Effectivement et la demande est extrêmement forte sur cette gamme où nous avons énormément de cotations en cours. Evidemment, les processus décisionnels sont beaucoup plus longs sur ce type d’offres car elles impliquent non seulement les acheteurs, mais aussi les responsables industriels et informatiques. Mais sa croissance est intéressante et va prendre de l’ampleur. Elle s’adresse principalement à trois types de clients : l’industrie automobile qui y voit un vrai moyen d’automatiser ses flux logistiques sur les chaînes de production ; la logistique traditionnelle type grande distribution et d’autres industries comme celle des boissons ou du papier.

  

Votre groupe compte-t-il s’engager vers une adoption plus large de la robotisation ?
Tous les clients n’ont pas d’intérêt à investir dans ce type de matériels qui a quand même un surcoût très important. Cela dépend de la taille de l’entreprise, de son activité, de la maturité du marché. Le marché français est plutôt en avance sur ces sujets, plus que l’Allemagne ou l’Angleterre, et nous avons des clients très demandeurs. Mais non, évidemment cela ne va pas remplacer l’ensemble de l’offre. Les chariots robotisés ne représentent qu’une partie du besoin de digitalisation des solutions. Nous avons désormais une offre sur les entrepôts automatisés suite au rachat de Dematic, et nous travaillons aussi sur l’association d’équipements complémentaires (géolocalisation, geotracking, de l’inventaire automatique, etc…) par le biais de partenariats. Cela nous permettra de les greffer à nos solutions et de produire une offre vaste et à la carte. Mais nous aurons du mal à proposer une solution unique industrielle à nos clients qui recherchent finalement quelque chose de spécifique à leur application. Les demandes des clients sont quasiment uniques à chaque fois. Il s’agit là d’un grand élément de différenciation. Nous avons même désormais des discussions avec eux pour réaliser des développements communs.

  

Va-t-on vers une évolution des standards autour des machines connectées ?

Nous apportons des matériels intelligents que des clients nous demandent d’interfacer avec leurs systèmes d’information, ils veulent être interactifs avec d’autres équipements mobiles, mais il n’existe aucun standard aujourd’hui. Chaque cas est différent, quasiment unique si l’on veut véritablement des solutions adaptées à leurs besoins. Cela prendra du temps pour arriver à du tout robotique ou digital.

 

Au final, qu’apporte la digitalisation à votre secteur et à Fenwick plus particulièrement ?

Elle apporte une valeur ajoutée importante supplémentaire et va nous permettre de sortir de la banalisation de nos solutions. Depuis quelques temps, nous sommes un peu trop assimilés à des produits de commodités. Nous allons donc pouvoir nous différencier et apporter à nos clients de la valeur ajoutée en leur permettant de poursuivre leurs gains de productivité. Cela doit nous permettre d’être plus rapides, efficaces et moins chers dans les offres que nous leur apportons. Le champ des perspectives, dans nos produits et nos systèmes, est encore assez illimité sur le sujet.

BUZZ LOG
“La livraison hors domicile est devenue pour la très grande majorité de nos clients le mode principal, ce qui n’était pas du tout le cas il y a cinq ans.”
— Jean-Sébastien Leridon, directeur général de Relais Colis
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