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Covid-19 : chez Kuehne+Nagel, la distribution du vaccin s’organise déjà

13.11.2020 • 09h30
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Kuehne+Nagel

Au sein de la branche pharma du prestataire international Kuehne+Nagel, la logistique autour du futur vaccin contre le Covid-19 se prépare. Michèle Benattar, responsable Europe du produit pharma & santé chez Kuehne+Nagel en dévoile les contours.

Dans la course mondiale pour développer des vaccins luttant contre l’épidémie de Covid-19, les laboratoires et les gouvernements mondiaux vont devoir s’appuyer sur un maillon crucial afin de permettre leur distribution au plus grand nombre : les acteurs de la logistique. Et pour un groupe mondial comme Kuehne+Nagel, qui propose une solution dédiée au monde de la pharmacie et de la santé, nommée KN PharmaChain, les préparations sont déjà en cours. Logique pour un vaccin dont la conception même est hors du commun : « En règle générale, le cycle moyen de développement des vaccins, depuis les premières études jusqu’à la mise en production, prend environ 12 ans. Mais l’urgence de la situation fait bouger l’industrie pharmaceutique et la force à travailler sur un cycle très court de 12 à 18 mois. Et si les premiers vaccins sont attendus dès la fin de l’année, nous tablons sur une distribution en Europe durant la première moitié de 2021 », explique Michèle Benattar, responsable Europe du produit pharma & santé chez Kuehne+Nagel.

 

Logisticiens, acteurs clés pour la distribution des vaccins

Dans le cadre de cet acheminement à travers le monde, les logisticiens jouent un rôle prépondérant, avec des processus dédiés tout au long de la chaîne d’approvisionnement. « Nous intervenons en amont pour transporter les matières premières, les matériaux annexes comme les seringues et les emballages en carton, mais aussi les essais cliniques lors du développement », détaille Michèle Benattar. « Au niveau de la distribution, notre rôle est multiple : enlèvement dans les centres de production, formalités de douanes à l’import-export, rédaction des documents de transport... Nous fournissons également des équipements et des solutions d’emballage. Enfin, quand les produits arrivent sur les ports et aéroports, la livraison est assurée vers les grossistes-répartiteurs, ou les centres de distribution ». Mais dans le cas du vaccin anti-Covid, les détails de la prise en charge restent encore incertains : « En matière de disponibilité et de capacité des équipements nécessaires pour le stockage et le transport, il y a encore des éléments inconnus. Nous savons que, contrairement à d’habitude où l’industrie pharmaceutique est maîtresse de son organisation et de sa supply chain, il y a aura des pays où les gouvernements prendront le relais, et où nous livrerons directement dans des magasins gouvernementaux qui se chargeront ensuite de la distribution », note Michèle Benattar.

 

Quelle logistique pour le vaccin anti-Covid ?

Cependant, durant ces derniers mois, certaines interrogations ont pu être levées autour du vaccin. Tout d’abord l’identité des fabricants, avec une vingtaine de laboratoires déclarés, ainsi que la localisation de la production, qui se fera en majeure partie aux États-Unis, en Europe, en Inde et en Chine. « On parle aujourd’hui de la distribution de 15 milliards de doses dans le monde, dont 7 milliards seront destinées aux marchés locaux et régionaux. Cela représente 65 000 tonnes de vaccins à expédier. Cependant, il faut noter que de tels volumes représentent seulement 12 % des besoins annuels pour le monde pharmaceutique, nous restons donc dans des échelles gérables », détaille Michèle Benattar. Côté transport du vaccin, les ressources mobilisées seront principalement routières pour le niveau local, et aériennes pour les flux internationaux – les ressources maritimes étant laissées de côté face à l’urgence attendue de la distribution, mais également de par les conditions très particulières de conservation du vaccin : « Certains vaccins devront être transportés entre -60 et -80 °C, d’autres à -20 °C et d’autres à +2/+8 °C, ce qui nécessite des conditionnements spécifiques. Notre solution pharma nous permettra de garder un suivi et une visibilité en temps réel sur les températures ».

 

Un regard optimiste

Reste une préoccupation pour un acteur comme Kuehne+Nagel : la planification de ces envois. « Nous attendons principalement les dates de mise à disposition ainsi que les volumes exacts de la part des laboratoires. Nous pensons qu’il y a aujourd’hui de quoi couvrir les besoins logistiques, mais il faudra que tous les acteurs de la chaîne puissent se coordonner et travailler ensemble pour être plus efficaces : cela peut passer par des autorisations spécifiques de pré-dédouanement par exemple, des échanges avec les gouvernements pour prioriser les envois, etc. », détaille Michèle Benattar. Malgré tout, le groupe mondial de logistique reste « optimiste », comptant s’appuyer sur son expérience de distribution (Kuehne+Nagel avait ainsi assuré le transport de 3 millions de doses de vaccins contre la méningite) et son réseau de plus de 230 agences multimodales dans le monde (dont six en France) certifiées KN PharmaChain. Avec des adaptations, si nécessaire, pour répondre à l’urgence de la situation : « Nous envisageons d’agrandir nos infrastructures, et travaillons d’ores et déjà avec l’ensemble de nos sous-traitants – transporteurs, fournisseurs d’emballages, compagnies aériennes –afin de mettre en place des solutions complémentaires pour une livraison rapide et sécurisée du vaccin. Nous prévoyons par exemple des vols charters exceptionnels pour certaines destinations clés », explique Michèle Benattar.

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