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et logistique

Innovation

IA et supply chain : de la réflexion à l’action

Publié le 1 octobre 2026

2. Une gouvernance structurante et encadrante

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Charlotte Fèvre | Diane Melul, head of global supply planning de Sanofi.

Avant d’engager l’ensemble d’une organisation, qu’elle soit une PME ou un grand groupe, vers un vaste chantier de transformation, une gouvernance claire facilitera l’adhésion et la structuration des projets.

La gouvernance, à savoir la manière dont les décisions sont prises et les responsabilités planifiées au sein d’une organisation, s’illustre comme l’un des principaux facteurs de réussite des projets d’IA dans la supply chain. Car les entreprises obtenant les meilleurs résultats ne sont pas nécessairement celles disposant des algorithmes les plus performants, mais celles ayant mis en place un cadre permettant de développer, déployer et superviser l’IA de manière cohérente.

 

« Notre précédent CEO, Paul Hudson, a véritablement impulsé une dynamique liée à l’IA dès 2020-2021, soit relativement tôt », contextualise Diane Melul, head of global supply planning de Sanofi. « Son approche reposait sur trois axes principaux. Le premier consistait à faire de l’IA un sujet concernant tout le monde. L’objectif était que chaque collaborateur puisse en percevoir l’intérêt et en retirer un bénéfice concret dans son quotidien professionnel. Le deuxième axe portait sur l’exemplarité du management. L’impulsion est venue du comité exécutif, dont les membres furent les premiers à adopter ces nouveaux outils. Ils n’étaient pas nécessairement les plus jeunes de l’entreprise, mais ont assumé ce rôle de précurseurs en montrant, très concrètement, comment ils utilisaient l’IA au quotidien. Enfin, le troisième axe a consisté à développer progressivement les compétences. Nous avons d’abord travaillé avec une petite start-up spécialisée, qui nous a accompagnés dans les premières étapes, à une époque où nous n’étions pas encore structurés pour porter ces projets en interne. Cette collaboration a ensuite conduit à la création de ce que nous appelons aujourd’hui “l’Accélérateur”, notre structure interne dédiée au développement et au déploiement des cas d’usage liés à l’IA. » 

 

Encourager l’innovation sans oublier la cohérence

Depuis, l’ambition du géant français de l’industrie biopharmaceutique a consisté à accélérer le passage de la découverte scientifique à la mise à disposition des traitements pour les patients, en intégrant l’intelligence artificielle à chaque étape de la production pharmaceutique et de sa logistique associée, de même que dans la planification. « La gouvernance occupe une place centrale dans notre démarche, poursuit Diane Melul. Nous cherchons à créer un cadre qui encourage l’innovation tout en garantissant une certaine cohérence. Pour cela, nous organisons régulièrement des sessions de pitchs au cours desquelles les équipes présentent leurs idées et leurs cas d’usage. Ce format apporte une dimension stimulante et conviviale, tout en permettant de conserver un processus de sélection rigoureux. »

 

Mettre en place une gouvernance adaptée

Un son de cloche largement entendu et promu par Stéphane Eliasu, directeur France & BeLux du groupe Trans.eu, qui développe la bourse de fret homonyme ainsi que la plateforme de gestion du transport routier CargoOn, conçue pour centraliser les opérations des chargeurs. « Aujourd’hui, lorsqu’on parle d’intelligence artificielle en entreprise, il ne s’agit plus simplement de mettre un outil informatique à la disposition des collaborateurs en leur disant : “Vous avez la technologie, à vous de jouer.” Car l’IA est devenue un véritable levier de transformation qui concerne l’ensemble des métiers : elle touche les équipes produit, les opérations, le commerce, le marketing, la finance… En réalité, elle traverse toute l’organisation. Dès lors qu’elle dépasse le simple cadre technologique pour devenir un enjeu stratégique, il est ainsi indispensable de mettre en place une gouvernance adaptée. »

 

Focus

De l’importance de la confiance

Outre la gouvernance, un autre facteur déterminant peut complètement changer la façon dont les salariés d’une entreprise adhérent ou non à l’émergence de nouvelles technologies dopées à l’IA. Un sentiment mêlant assurance, sécurité et tranquillité d’esprit, comme le détaille Raphaël Hervé, directeur des services techniques et support chez Manhattan Associates, éditeur américain précurseur dans l’adoption de l’IA : « À mes yeux, aucune adoption durable des outils d’IA n’est possible sans un élément fondamental : la confiance. Si les utilisateurs n’ont pas confiance dans les résultats produits par l’IA, ils finiront inévitablement par abandonner l’outil, quelles que soient ses performances techniques. Dans notre cas, nous intervenons dans un environnement de logistique opérationnelle où l’exécution doit être extrêmement fiable. Une solution qui est correcte 99,9 % du temps peut pourtant être perçue comme peu fiable : la moindre erreur retient toute l’attention et suffit à remettre en cause la confiance des utilisateurs. Dès lors, ceux-ci reviennent naturellement vers des méthodes plus traditionnelles, parfois moins performantes, mais qu’ils maîtrisent et auxquelles ils accordent davantage de crédit. »

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